
Comment accéder à des sites web « sur la chaîne » ?
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Comment accéder à des sites web « sur la chaîne » ?
Cet article tente de déployer une page web accessible sur la blockchain TON, en explorant les étapes telles que l'achat d'un nom de domaine, la préparation de l'interface frontend et la liaison du domaine, puis fait un bilan des problèmes rencontrés actuellement ainsi que du potentiel futur.
Rédaction : Yeezo, ZAN
Un événement récent a incité l'auteur à repenser le service traditionnel d'accès par nom de domaine. Ce que nous considérions comme un service de résolution de noms extrêmement stable peut en réalité connaître des défaillances. Cela pousse à s'interroger : une solution décentralisée pourrait-elle constituer une alternative intéressante ?
Après réflexion, déployer une page sur la blockchain présente plusieurs avantages potentiels :
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Décentralisation : toutes les modifications nécessitent un accord collectif ; aucune entité unique ne peut décider seule.
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Aucun certificat requis : la blockchain utilisant déjà la cryptographie, aucune configuration supplémentaire de certificat n'est nécessaire.
L’auteur avait déjà entendu parler du système de noms de domaine sur TON, mais pensait auparavant qu’il s’agissait surtout d’un concept amusant, sans grande utilité pratique, étant donné que les méthodes d’accès traditionnelles sont stables et largement adoptées. Toutefois, il se rend compte aujourd’hui qu’il pourrait y avoir des cas d’usage concrets, et décide donc d’étudier davantage cette technologie.
Créer un site web sur la blockchain
Cet article tente de déployer un site web sur TON et de permettre aux utilisateurs d’y accéder via un navigateur. Le processus comporte trois étapes : 1. Acheter un nom de domaine ; 2. Préparer la page front-end ; 3. Associer la page au nom de domaine.
Le concept de nom de domaine dans la blockchain est similaire à celui du monde Web2 : tous deux servent d’alias pour une adresse complexe et difficile à retenir. En blockchain, cela représente l’adresse utilisateur, tandis qu’en Web2, il s’agit de l’adresse IP du service.
Acheter un nom de domaine
Prenons TON comme exemple. L’adresse officielle pour acheter un nom de domaine est https://dns.ton.org/, avec un prix exprimé en TON. Comme en Web2, plus le nom est court, plus il est cher, allant de 1 à 100 TON.
Si le nom de domaine n’est pas encore détenu par quelqu’un, vous pouvez soumissionner à bas prix, ce qui lance un compte à rebours pendant lequel tout le monde peut enchérir. Une fois le temps écoulé, le domaine est attribué. Le nom de domaine est ensuite stocké sous forme de NFT dans le portefeuille de l’utilisateur. Ce NFT peut être revendu. La validité du nom est d’un an, après quoi il est récupéré automatiquement.
En résumé, on peut acquérir un nom de domaine soit par adjudication sur le site officiel, soit par transaction auprès d’un autre utilisateur.

Préparer la page front-end
À cette étape, il faut préparer une page front-end pour l’affichage. Pour simplifier, cet article utilise uniquement un fichier HTML combiné à nginx pour exposer la page. Bien sûr, un serveur cloud est également nécessaire pour héberger l’application front-end. Cette étape est identique au déploiement traditionnel d’une application front-end.
Lier la page à un domaine .ton
Une fois en possession d’un nom de domaine .ton, vous pouvez lier votre adresse ADNL via le site DNS officiel de TON. Vous pouvez également utiliser les outils de liaison fournis par TON, selon les instructions disponibles sur le site.
Après la liaison, vous devez démarrer un port d’écoute sur votre serveur afin de capter les requêtes HTTP et de les convertir en UDP. Pour cela, vous pouvez utiliser l’outil officiel rldp-http-proxy. Lancez la commande suivante :
rldp-http-proxy/rldp-http-proxy -p 8080 -c 3333 -C global.config.json
Ici, le port TCP 8080 écoute les requêtes HTTP entrantes sur la machine locale, tandis que le port UDP 3333 gère toutes les activités RLDP et ADNL entrantes et sortantes (c’est-à-dire la connexion via le réseau TON vers le site TON). Le fichier global.config.json contient la configuration globale de TON, téléchargeable depuis le site officiel.
Accéder à un domaine .ton
Taper directement un nom de domaine .ton dans la barre d’adresse du navigateur ne fonctionne pas, car le navigateur ignore où diriger cette requête. Des opérations supplémentaires sont donc nécessaires.
Processus de requête vers un domaine .ton
Lorsqu’un domaine .ton est demandé, une recherche est d’abord effectuée sur la chaîne pour trouver l’adresse ADNL correspondante. Cette adresse peut être vue comme l’équivalent de l’adresse IP en Web2, générée automatiquement lors du déploiement du site. Ce processus équivaut à une requête DNS classique.
Ensuite, grâce à l’adresse ADNL, la requête est redirigée vers votre machine, où vous pouvez spécifier la page à retourner. Globalement, le processus est très similaire au Web2, la principale différence résidant dans la méthode de recherche entre nom de domaine et adresse.
Accéder à la page via un proxy
La méthode recommandée consiste à utiliser l’outil proxy inverse fourni par le site officiel : Tonutils Reverse Proxy. Après téléchargement, installation et lancement, un proxy est activé sur le port 8080, permettant alors d’accéder au site via son nom de domaine .ton.

On constate ainsi qu’il est possible d’accéder à un site web via un nom de domaine .ton.
Synthèse de l’utilisation
Actuellement, plusieurs problèmes ont été rencontrés :
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Exigences techniques strictes : le système doit supporter glibc version 2.34 ou supérieure. Vérifiez donc la compatibilité de votre machine avant déploiement.
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Documentation peu claire : probablement parce que le besoin de faire fonctionner des sites web sur TON reste limité, la documentation est incomplète et nécessite de nombreuses recherches personnelles. De plus, la version chinoise est moins mise à jour que la version anglaise.
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Vitesse d’accès lente : les performances sont inférieures à celles des sites traditionnels. De nombreux facteurs interviennent ici, mais il existe clairement un grand potentiel d’amélioration.
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Absence de prise en charge par les portefeuilles : bien que TON propose un navigateur intégré simple permettant d’accéder aux sites sans installer de proxy, ces sites sont actuellement identifiés comme frauduleux (phishing) par tous les portefeuilles principaux o.0.
En résumé, l’expérience actuelle est moyenne, et de nombreuses améliorations restent possibles. Toutefois, l’auteur considère cette direction comme originale et innovante, et juge intéressant d’explorer cette voie.
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