
Compte à rebours jusqu'au « Jour de la libération » : quel sera l'impact de la mise en œuvre des droits de douane le 2 avril sur le marché ultérieur ?
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Compte à rebours jusqu'au « Jour de la libération » : quel sera l'impact de la mise en œuvre des droits de douane le 2 avril sur le marché ultérieur ?
L'évolution finale de la politique tarifaire influencera l'avenir du commerce mondial, de l'économie américaine et des marchés cryptographiques.
Rédaction : Luke, Mars Finance
Aujourd'hui, nous sommes le 26 mars 2025, soit moins d'une semaine avant le tant attendu « jour de mise en œuvre des droits de douane » du 2 avril. Ce jour, baptisé par l'administration Trump comme le « Jour de la Libération », incarne une ambition de redessiner profondément le paysage commercial américain. Pourtant, à mesure que les rumeurs médiatiques se précisent, le scénario de cette grande manœuvre politique semble s’éloigner d’une version aussi radicale qu’anticipée. Parallèlement, le marché des cryptomonnaies — particulièrement sensible aux moindres remous macroéconomiques — commence à bouger dans l’ombre de ces menaces douanières.
Un « virage modéré » pour la mise en œuvre des droits de douane ?
Les dernières informations suggèrent que la politique douanière du 2 avril pourrait ne pas pleinement concrétiser le vaste plan initialement esquissé par le secrétaire au Commerce, Lutnick. Ce dernier avait imaginé un système à « trois niveaux superposés » : fondé sur des droits de douane réciproques, complété par des hausses ciblées sectorielles et nationales. Toutefois, selon des rumeurs récentes, ces deux derniers volets pourraient être atténués. C’est un peu comme si, après une préparation minutieuse, on servait finalement un menu simplifié — avec moins d’assaisonnements, mais dont le plat principal reste intact.
Pourquoi un tel ajustement ? La réponse n’est pas difficile à deviner. L’équipe de Trump sait bien que les droits de douane sont une arme à double tranchant. Depuis son retour au pouvoir, sa politique commerciale a déjà provoqué de fortes secousses sur les marchés mondiaux : des milliers de milliards de dollars effacés à la capitalisation boursière américaine, des chaînes d’approvisionnement sous pression faisant grimper les prix, au point que même les œufs soient devenus un « luxe ». Si les droits étaient poussés à l’extrême maintenant, ce serait probablement l’économie américaine elle-même qui trinquerait en premier. Les économistes de Goldman Sachs mettent en garde : malgré une apparence calme en surface, cette « posture modérée » cache un risque de « mauvaise surprise ». Le taux anticipé pour les droits réciproques tournerait autour de 9 %, mais Goldman estime qu’il pourrait atteindre le double, soit 18 %. Une telle marge suffit à figer les traders, suspendus à l’annonce finale.
Dans ce contexte, le rapport sur les « pratiques commerciales injustes », dont la publication est prévue le 1er avril, deviendra un indicateur clé. Ce document révélera l’orientation des enquêtes américaines contre ses partenaires commerciaux, influençant directement rythme et intensité des futures mesures douanières. Si le rapport accuse certains pays de « tirer avantage indûment », Trump pourrait saisir l’occasion pour durcir sa position ; s’il adopte un ton plus conciliant, les marchés pourraient bénéficier d’un court répit. Quoi qu’il en soit, ce rapport constituera la bande-annonce du « Jour de la Libération ».
Le calcul de Trump – Équité, équité, encore et toujours l’équité ?
Pour comprendre la logique derrière la mise en œuvre des droits de douane, il faut écouter les déclarations des proches collaborateurs de Trump. Récemment, lors d’un épisode du podcast All-in, le secrétaire au Trésor Bessent et le secrétaire au Commerce Lutnick ont levé un coin du voile. Lutnick, plongeant dans l’histoire, rappelle que de 1880 à 1913, les États-Unis ont entièrement financé leur budget grâce aux droits de douane, sans impôt sur le revenu. Après la Seconde Guerre mondiale, afin de soutenir la reconstruction mondiale, les États-Unis ont volontairement abaissé leurs barrières douanières, tandis que d’autres pays conservaient les leurs, transformant ainsi l’Amérique en champion involontaire de l’ouverture commerciale — et donc en perdant. Par exemple, les voitures américaines exportées vers un certain pays subissent un droit de 20 %, alors que celles de ce pays pénètrent le marché américain à seulement 5 %. Cette asymétrie fait exploser Trump : « Équitable, équitable, et putain, encore équitable ! »
L’intention de Trump est limpide : d’une part, protéger les industries locales et ramener la production manufacturière aux États-Unis ; d’autre part, générer des recettes fiscales pour combler le trou de 2 000 milliards de dollars du déficit budgétaire. Lutnick propose un plan en « trois volets » : revenus additionnels via les droits de douane, investissements via un fonds souverain, et le projet de « carte dorée pour immigrants » — ce dernier aurait déjà vendu 1 000 cartes par jour, Trump allant jusqu’à espérer attirer un million d’acheteurs. Pour couvrir l’autre moitié du déficit, l’espoir repose sur le « département de l’efficacité gouvernementale », chargé de supprimer 1 000 milliards de dollars de gaspillages annuels. Ce département vise à éliminer 25 % des « dépenses inutiles » parmi les 6,5 billions de dollars de dépenses publiques annuelles — un objectif ambitieux, mais dont la mise en œuvre s’annonce périlleuse.
Le secrétaire au Trésor Bessent, quant à lui, aborde la question depuis une perspective macroéconomique, identifiant trois maux majeurs de l’économie américaine : dette élevée, inflation galopante et déclin industriel. Son remède ? Réduire les dépenses publiques, refonder le système commercial et relancer la classe moyenne. Contrairement à Lutnick, Bessent insiste sur une approche « progressive », évitant des mesures trop brutales qui pourraient plonger l’économie dans la récession. Stephen Miller, conseiller économique de la Maison Blanche, ajoute dans un entretien à Bloomberg que les États-Unis, en tant que plus grand marché de consommation mondial, détiennent une carte maîtresse leur permettant d’imposer leur volonté aux adversaires. Cette confiance repose sur la puissance économique, mais sa traduction en succès concret dépendra de la manière dont les autres pays riposteront.
La mise en œuvre des droits de douane pourrait suivre deux trajectoires :
Premièrement, les adversaires cèdent, abaissent leurs droits vis-à-vis des États-Unis, et les États-Unis triomphent, entraînant une hausse des marchés boursiers américains ;
Deuxièmement, réponse symétrique, Trump contraint d’en rajouter, situation perdant-perdant à court terme, pression baissière sur Wall Street. À court terme, la seconde option paraît plus probable, car dans les jeux géopolitiques, rares sont ceux prêts à céder en premier. Mais à long terme, grâce à leur poids en tant que consommateurs mondiaux, les États-Unis pourraient progressivement corriger le déséquilibre commercial.
La réaction tardive de la Fed et le fondement non atteint du marché américain
L’incertitude liée à la politique douanière affecte non seulement le commerce international, mais influence aussi les marchés financiers via l’inflation et la politique monétaire. En 2020, l’inflation fulgurante causée par la pandémie de Covid-19 avait pris la Réserve fédérale (Fed) au dépourvu. Initialement convaincue que l’inflation était « temporaire », la Fed a dû admettre son erreur fin 2021, lorsque le président Powell a annoncé devant le Congrès l’abandon du mot « temporaire », lançant aussitôt un cycle de hausses massives des taux d’intérêt. Selon les données de Bloomberg (voir graphique 1), l’indice d’incertitude des politiques économiques américaines a grimpé au-delà de 500 points au début de la pandémie, atteignant un sommet historique. Bien qu’il se soit ensuite stabilisé, des événements comme le conflit russo-ukrainien en 2022 ou la politique douanière de Trump en 2024 ont relancé l’incertitude, qui stagne aujourd’hui autour de 200 points — bien au-dessus de la moyenne observée entre 1995 et 2019.

La réaction de la Fed face aux droits de douane est tout aussi lente. Ces dernières années, les tensions sur les chaînes d’approvisionnement et la hausse des prix induites par les droits ont nettement alimenté les anticipations d’inflation, mais la Fed a préféré rassurer les marchés par des discours accommodants. Or, ce type de rassurance ne produit qu’un rebond boursier temporaire, jamais une inversion structurelle. Car l’incertitude principale — la direction et l’intensité de la politique douanière — demeure entière. Comme le montre le graphique 1, chaque pic d’incertitude économique (« 11 septembre », crise financière mondiale, crise de la dette souveraine) a coïncidé avec de forts ajustements baissiers du marché boursier. Le niveau actuel d’incertitude suggère que le fondement du marché américain n’a peut-être pas encore été atteint. Un assainissement complet pourrait nécessiter une clarification de la politique douanière, ou un choc macroéconomique plus violent.
Les performances récentes du S&P 500 renforcent cette inquiétude. Selon Bloomberg et MacroBond, le S&P 500 a perdu 7,8 % depuis son sommet de février, tombant même brièvement à -10 % la semaine dernière. Les données historiques indiquent que si, au cours des cinq prochains mois, le S&P 500 baisse en moyenne de 5 % supplémentaires, l’économie américaine entrera très probablement en récession (ligne jaune, graphique 2). En revanche, s’il réussit à se reprendre dans les quatre à cinq mois à venir, la récession pourrait être évitée (ligne noire, graphique 2). Néanmoins, ces chiffres étant des moyennes, une vraie récession pourrait entraîner une chute du S&P 500 d’au moins 20 %. Il convient de noter que le sentiment du marché amplifie parfois la volatilité : en 2022, le S&P 500 a chuté de plus de 20 % sans que la récession ne se matérialise, la peur d’une « récession anticipée » ayant dominé la seconde moitié de l’année.

Actuellement, le S&P 500 se trouve à un carrefour critique. Le graphique 2 indique que si la récession est évitée, une reprise rapide est attendue ; mais si les risques s’aggravent, les ventes pourraient se prolonger. L’incertitude douanière accentue ce dilemme : si la politique du 2 avril s’avère plus sévère que prévu, la panique pourrait précipiter une nouvelle chute des marchés boursiers.
Le marché des cryptomonnaies en alerte maximale
Face aux vents douaniers, le marché des cryptomonnaies est le premier touché. Bitcoin a récemment gravi jusqu’à 88 786 dollars, semblant retrouver des couleurs, mais les experts tirent déjà la sonnette d’alarme. Kreytov, expert trading chez CoinPanel, juge cette reprise comme un « piège haussier » : volume en baisse, petits investisseurs en attente, taux de financement devenu négatif, et même l’« argent intelligent » reste immobile. Le marché est fragile comme une fine couche de glace, prêt à céder au moindre souffle. Le taux d’emprunt en stablecoins sur Aave est tombé à 4 %, confirmant davantage la propagation d’une attitude défensive.
Plus inquiétant encore : la mentalité de « vente restreinte » des détenteurs à long terme du bitcoin. Ces « vétérans » espèrent des prix de sortie plus élevés, mais ils deviennent ainsi un « poids mort » latent sur le marché. Kreytov estime que seule une véritable vente massive de leur part, accompagnée d’un grand nettoyage du marché, permettra aux gros acteurs de revenir. Or, aucun signe de ce grand nettoyage ne s’est manifesté pour l’instant, rendant la pérennité du rebond hautement douteuse.
Les données historiques sonnent l’alarme. En 2018, lorsque Trump a lancé sa première guerre des tarifs, les marchés mondiaux ont été secoués. Selon le graphique 3, depuis l’annonce des droits en mars 2018, le S&P 500 a perdu 12 %, tandis que Bitcoin a chuté de 65 %, surpassant largement la baisse des actifs traditionnels. Le principe « mêmes sources, mêmes risques » s’illustre parfaitement ici : haute rentabilité, mais aussi pression baissière exacerbée. Comparativement, l’indice chinois a affiché une stabilité relative durant la même période, avec une baisse cumulée inférieure à 20 %, révélant des sensibilités différentes face aux chocs douaniers.

CoinDesk renforce cette inquiétude : Bitcoin forme un « double sommet » autour de 87 000 dollars. Ce signal baissier, si la « ligne de cou » à 86 000 dollars est rompue, pourrait entraîner une chute vers 75 000 dollars à court terme. Les altcoins seront encore plus mal lotis. Augustin Van, associé chez SignalPlus, anticipe un rebond léger jusqu’à la fin du mois, mais considère que l’annonce douanière du 2 avril sera un tournant. Une politique modérée pourrait propulser Bitcoin vers les 90 000 dollars grâce à une Fed accommodante ; en cas de durcissement inattendu, un resserrement de liquidités pourrait provoquer un krach collectif.
Scénarios possibles
Comment se jouera la mise en œuvre des droits de douane le 2 avril ? D’après les éléments disponibles, Trump opterait probablement pour un « départ modéré » : droits réciproques fixés entre 10 % et 12 %, mesures ciblées temporaires reportées. Cette stratégie permettrait de garder une pression diplomatique tout en évitant un atterrissage brutal de l’économie. Si le rapport du 1er avril justifie un durcissement, une deuxième vague pourrait frapper en milieu d’année. À court terme, les marchés pourraient osciller en raison d’un écart entre attentes et réalité ; à long terme, si la guerre commerciale redessine l’économie, les retombées positives pourraient aussi profiter au secteur des cryptomonnaies.
Pour les investisseurs en cryptomonnaies, le « jour de libération » n’est pas seulement un indicateur politique, mais aussi un amplificateur d’émotions. Une politique douce pourrait enflammer un rebond à court terme, tandis qu’un durcissement testerait la résilience du marché. Quel que soit l’issue, cette confrontation rappelle une vérité : l’interconnexion entre politique macroéconomique et marchés cryptos devient de plus en plus étroite. Dans la tempête, seuls ceux capables de lire les tendances pourront vraiment naviguer à contre-courant.
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