Publication d'une politique majeure sur l'ouverture financière transfrontalière en Chine : un nouveau tournant pour l'industrie des actifs cryptographiques ?
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Publication d'une politique majeure sur l'ouverture financière transfrontalière en Chine : un nouveau tournant pour l'industrie des actifs cryptographiques ?
Dans ce cadre politique, l'industrie des actifs cryptographiques pourra-t-elle trouver un point de convergence et élargir ses perspectives de développement grâce aux dividendes politiques ?
Rédaction : Maître Liu Honglin
Le 22 janvier, la Banque populaire de Chine et quatre autres départements ont conjointement publié l'« Avis sur la mise en œuvre pilote dans certains zones portuaires et franches à conditions favorables d'un rapprochement avec les normes internationales élevées dans le domaine financier afin de promouvoir une ouverture institutionnelle » (ci-après appelé « l'Avis »).
Ce document présente 20 mesures politiques, notamment le soutien à l'optimisation du programme pilote « Wealth Management Connect » dans la Grande Région de la baie Guangdong-Hong Kong-Macao, l'amélioration des dispositions relatives à la circulation transfrontalière des données financières, ainsi que l'autorisation pour les institutions financières étrangères de proposer de nouveaux services financiers. Cela marque officiellement le début d'une nouvelle vague d'ouverture financière.

Dans ce cadre politique, l'industrie des actifs cryptographiques peut-elle trouver un point d'ancrage et élargir ses perspectives grâce aux retombées politiques ? Cet article explore, à travers deux axes — la construction d'un nouveau projet stratégique et l'analyse des défis sectoriels — le potentiel et l'avenir de l'industrie de la blockchain et des actifs cryptographiques au sein de la Grande Région.
L'industrie des actifs cryptographiques : des voies potentielles sous orientation politique
L’Avis offre de nombreuses opportunités à l’industrie de la blockchain et des actifs cryptographiques, notamment en matière de produits d’investissement éligibles, de soutien à la circulation des données et d’innovation financière, permettant de repérer des points de convergence entre politique publique et développement sectoriel.
Le document mentionne : « Soutenir les résidents de la partie continentale de la Grande Région de la baie Guangdong-Hong Kong-Macao à acheter via des institutions financières de Hong Kong ou Macao des produits d’investissement éligibles vendus par ces mêmes institutions, tout en élargissant la portée des institutions participantes et des produits éligibles ». À ce stade, les produits éligibles concernent principalement des instruments financiers traditionnels tels que les fonds boursiers de Hong Kong ou les obligations offshore. Toutefois, avec l’exploration active menée par le gouvernement spécial de Hong Kong en matière de régulation des actifs virtuels — comme le lancement d’ETF sur actifs virtuels — il est envisageable que ces produits soient intégrés à terme au dispositif « Wealth Management Connect », suscitant ainsi de fortes attentes.
À condition que les produits d’actifs cryptographiques de Hong Kong puissent offrir aux investisseurs continentaux un canal d’investissement via « Wealth Management Connect », cela enrichirait non seulement les options de diversification patrimoniale des résidents continentaux, mais deviendrait aussi un levier important pour la promotion de l’internationalisation du yuan. Si la portée du « Wealth Management Connect » s’élargit davantage, les ETF sur actifs virtuels ou les obligations sur chaîne pourraient être parmi les premiers candidats à un déploiement pilote, ouvrant ainsi la porte aux applications financiarisées de la technologie blockchain.
Comment les institutions financières étrangères peuvent-elles aider les entreprises nationales à lever des fonds ?
L’Avis prévoit explicitement : « Faciliter et normaliser la circulation transfrontalière des données des institutions financières dans les zones pilotes, et explorer, dans le cadre du système national de gestion sécurisée des transferts transfrontaliers de données, un cadre homogène de conformité applicable à la circulation transfrontalière des données financières ». Cette mesure ouvre la voie à des applications concrètes de la blockchain dans les finances transfrontalières.
La transparence et la sécurité intrinsèques de la technologie blockchain répondent aux exigences réglementaires de traçabilité des flux financiers, tout en assurant une efficacité transactionnelle accrue grâce aux contrats intelligents. Cela s’applique aussi bien aux paiements transfrontaliers de petite taille entre particuliers et entreprises qu’au financement commercial et au règlement à plus grande échelle.
L’Avis précise également : « Autoriser les institutions financières étrangères à fournir les mêmes nouveaux services financiers que leurs homologues chinoises, avec un processus d’approbation devant être achevé en 120 jours maximum » ; « Sous réserve d’authenticité et de conformité, autoriser librement et sans retard l’entrée et la sortie de tous les transferts liés aux investissements d’investisseurs étrangers dans les zones pilotes. Ces transferts incluent notamment : les apports en capital ; bénéfices, dividendes, intérêts, gains en capital, redevances, frais de gestion, honoraires techniques et autres paiements ».
Cette politique facilite non seulement l’ouverture des services financiers traditionnels, mais crée également de nouvelles opportunités pour combiner technologie blockchain et finance traditionnelle. En particulier dans le domaine des RWA (Real World Assets – actifs réels mis sur chaîne), la collaboration entre institutions financières étrangères et entreprises blockchain pourrait devenir un levier clé pour élargir les canaux de financement des entreprises nationales.
Les RWA consistent à numériser et tokeniser des actifs du monde réel (immobilier, actions, obligations, etc.) via la technologie blockchain, permettant ainsi une circulation et un financement plus efficaces. Face aux difficultés courantes de financement coûteux et inaccessible en Chine continentale, les RWA offrent une voie innovante dépassant les limites du système financier traditionnel.
Les RWA offrent aux entreprises nationales une opportunité d’accès aux marchés internationaux. Le financement traditionnel implique généralement plusieurs intermédiaires, entraînant des procédures complexes et des coûts élevés. Grâce aux RWA et à la blockchain, les entreprises peuvent entrer directement en contact avec des investisseurs internationaux, supprimant ainsi les étapes d’approbation complexes et les intermédiaires, réduisant considérablement le délai d’obtention des fonds. Cette approche directe améliore l’efficacité du financement et diminue significativement les coûts globaux. La haute transparence des actifs tokenisés permet aux investisseurs d’évaluer en temps réel les risques à partir des données accessibles sur la chaîne. Cette transparence réduit fortement l’asymétrie d’information, abaissant ainsi la prime de risque exigée par les investisseurs, ce qui se traduit finalement par des taux d’intérêt plus bas pour les emprunteurs.
Grâce à la coopération avec des institutions financières étrangères, les entreprises nationales peuvent non seulement attirer des investisseurs internationaux intéressés par les marchés émergents, mais aussi pénétrer les marchés mondiaux via la circulation des actifs sur chaîne. Ce modèle de financement internationalisé ne leur offre pas seulement des sources de capitaux plus diversifiées, mais renforce également leur influence sur les marchés internationaux, élargissant ainsi leur potentiel de croissance.
L’introduction des RWA pourrait donc permettre, par la collaboration entre institutions financières étrangères et entreprises blockchain, de créer de nouvelles voies de financement pour les entreprises nationales. Ce modèle, outre le fait de compenser efficacement les lacunes des méthodes traditionnelles, injectera une nouvelle dynamique dans l’ouverture financière de la Grande Région, devenant ainsi un pont essentiel reliant les marchés financiers nationaux et internationaux.
De nombreux défis : l’art délicat d’équilibrer régulation et innovation
Bien que la politique ouvre des perspectives prometteuses pour l’industrie des actifs cryptographiques, la tension entre régulation et innovation reste un défi majeur incontournable. Ce dilemme concerne à la fois les contraintes imposées par le cadre juridique existant et la capacité du secteur à réaliser des percées technologiques et une mise en œuvre commerciale dans le respect de la réglementation.
01 Un jeu dynamique entre assouplissement politique et pression réglementaire
La Chine continentale maintient une régulation stricte des actifs cryptographiques. Depuis l’interdiction totale des ICO (offres initiales de jetons) en 2017, les plateformes d’échange de monnaies virtuelles sont strictement encadrées sur le territoire continental. Bien que l’Avis évoque l’extension du « Wealth Management Connect » et le soutien à l’achat de certains services financiers étrangers, les instruments d’investissement explicitement autorisés restent actuellement limités aux produits financiers traditionnels. L’inclusion potentielle des actifs cryptographiques dans ce cadre pilote relève encore d’un arbitrage réglementaire en cours.
Côté Hong Kong, l’introduction en 2023 du régime des prestataires de services sur actifs virtuels (VASP) a légalisé les plateformes d’actifs cryptographiques conformes à la réglementation. Cela positionne Hong Kong comme un centre majeur du développement international des actifs cryptographiques. Toutefois, la question de savoir si la Chine continentale s’appuiera sur les résultats des expérimentations à Hong Kong et Macao pour ouvrir indirectement son marché aux produits d’actifs cryptographiques demeure en suspens.
02 Difficultés d’intégration entre technologie et modèle économique
La technologie blockchain est reconnue pour sa transparence et son efficacité, mais sa mise en œuvre dans les systèmes financiers traditionnels rencontre plusieurs obstacles. Les paiements transfrontaliers constituent l’un des domaines d’application les plus populaires de la blockchain. Pourtant, les réseaux existants comme SWIFT ou CHIPS ont déjà construit des systèmes mondiaux de compensation complexes et hautement efficaces. Comment la blockchain parviendra-t-elle à s’intégrer harmonieusement à ces infrastructures établies reste un défi commercial non résolu.
Par ailleurs, la tokenisation des actifs, autre application clé de la blockchain, permet théoriquement de fractionner et transférer n’importe quel actif financier traditionnel — immobilier, actions, obligations — offrant ainsi des avantages manifestes. En pratique, cependant, plusieurs obstacles subsistent. Par exemple, la reconnaissance juridique des actifs tokenisés comme équivalents aux actifs traditionnels nécessite encore un soutien réglementaire accru. De même, la circulation transfrontalière des capitaux doit respecter un cadre de conformité complexe face aux exigences réglementaires internationales variées, ce qui constitue un défi majeur. En outre, le processus de mise en ligne des actifs exige une garantie absolue de véracité et d’intégrité des données. Dans un contexte multi-juridictionnel, la mise en place d’une coordination réglementaire transfrontalière efficace reste un sujet d’exploration continue.
03 Éducation du marché et confiance des investisseurs
L’industrie des actifs cryptographiques fait depuis longtemps l’objet de controverses en raison de sa forte volatilité et de son manque de transparence. Même si certaines politiques venaient à autoriser l’entrée de produits cryptographiques dans le cadre pilote du « Wealth Management Connect », le niveau de compréhension et d’acceptation de ces produits par les investisseurs ordinaires déterminera largement la maturité du marché.
Prenez l’exemple des ETF sur actifs virtuels, un instrument d’investissement relativement traditionnel désormais disponible sur plusieurs marchés mondiaux. Pourtant, même dans des marchés régulés matures, les questions de liquidité et de volatilité des ETF continuent d’inquiéter les investisseurs. De plus, la complexité technique élevée des actifs cryptographiques rend difficile pour de nombreux investisseurs non avertis l’évaluation correcte des risques associés. Dans ce contexte, la manière dont les institutions financières parviendront à renforcer la confiance des investisseurs via une divulgation transparente et une éducation adaptée constituera un enjeu crucial pour l’avenir du secteur.
Synthèse et perspectives : l’industrie des actifs cryptographiques dans la vague d’ouverture
L’ouverture financière de la Grande Région offre de vastes opportunités à l’industrie des actifs cryptographiques, tout en lui imposant de nouveaux défis. Trouver un chemin d’innovation durable malgré une régulation stricte constitue aujourd’hui le principal défi sectoriel. D’après le cadre politique actuel, l’industrie des actifs cryptographiques pourrait intégrer le système financier de la Grande Région à condition de poursuivre son développement vers plus de conformité et de transparence.
À l’avenir, le secteur devra accélérer la mise en œuvre concrète des technologies et explorer activement des partenariats avec les institutions financières traditionnelles. En parallèle, les acteurs doivent accorder une attention accrue à l’éducation des investisseurs et à la communication d’informations claires, afin de lever les barrières cognitives liées aux actifs cryptographiques. Grâce à ces efforts coordonnés, l’industrie des actifs cryptographiques pourrait tracer une voie de croissance solide dans la Grande Région, explorant ainsi de nouvelles pistes pour l’ouverture financière de la Chine.
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