
Interprétation de la nouvelle loi russe : autorisation des cryptomonnaies pour les transactions transfrontalières et les échanges à partir de septembre
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Interprétation de la nouvelle loi russe : autorisation des cryptomonnaies pour les transactions transfrontalières et les échanges à partir de septembre
Cet article analysera en détail l'évolution de la politique russe sur les cryptomonnaies dans son contexte historique et examinera les orientations futures possibles.
Rédaction : Aiying Aiying

Le 30 juillet 2024, la Douma d'État russe a adopté en deuxième et troisième lectures un projet de loi autorisant, à compter du 1er septembre 2024, l'utilisation de monnaies numériques dans les transactions transfrontalières et sur les marchés boursiers dans le cadre d'un régime juridique expérimental (ÉPR). Cette mesure inclut notamment l'Ethereum (ETH) et des stablecoins tels que l'USDT, et ne se limite pas aux monnaies numériques émises par les banques centrales (CBDC). Ce changement marque une évolution majeure dans l'attitude de la Russie vis-à-vis des cryptomonnaies, tout en offrant une plateforme expérimentale pour évaluer leur faisabilité pratique et leurs mécanismes de contrôle des risques. Aiying Aiying analyse ici, à la lumière du contexte historique, l'évolution de la politique russe en matière de cryptomonnaies et explore ses perspectives futures.
1. Origines et position initiale de la politique russe sur les cryptomonnaies
Avant 2017, le gouvernement russe et sa banque centrale adoptaient une attitude très prudente envers les cryptomonnaies. Ces dernières étaient perçues comme extrêmement risquées, principalement en raison des craintes qu'elles soient utilisées pour des activités illégales telles que le blanchiment d'argent ou le financement du terrorisme. La banque centrale avait mis en garde à plusieurs reprises le public contre l'investissement dans des actifs tels que le bitcoin, soulignant leur forte volatilité et les risques financiers élevés qu'ils impliquent.
2. Élaboration du cadre réglementaire initial
En 2019, la Russie a commencé à explorer des moyens efficaces de réguler les cryptomonnaies. À ce sujet, le ministère des Finances et la banque centrale affichaient des positions divergentes : le premier prônait une régulation souple, tandis que la seconde penchait pour un contrôle strict, voire une interdiction totale des cryptomonnaies privées (The Moscow Times). En 2020, la Russie a adopté la loi sur les « Actifs financiers numériques », qui reconnaît les cryptomonnaies comme des biens, mais interdit leur usage pour payer des biens ou des services. Cette loi marqua une étape importante dans la reconnaissance juridique des cryptomonnaies en Russie, bien que les mesures de régulation précises restaient à définir.
3. Affinements ultérieurs et conflits politiques en 2021
Après l'adoption de la loi sur les actifs financiers numériques, les plateformes d'échange de cryptomonnaies et les fournisseurs de portefeuilles numériques ont été tenus de s'enregistrer auprès des autorités financières russes et de respecter des normes strictes de lutte contre le blanchiment d'argent (LBC) et le financement du terrorisme (FT). Toutefois, des désaccords importants subsistaient entre la banque centrale et le ministère des Finances quant à la manière de renforcer cette régulation. La banque centrale proposait d'interdire totalement les cryptomonnaies privées, alors que le ministère préconisait une approche plus souple. En 2022, le président Poutine est intervenu, appelant les deux parties à trouver un compromis, insistant sur les avantages compétitifs dont dispose la Russie dans l'extraction de cryptomonnaies.
4. Développements récents et régime juridique expérimental
Le projet de loi publié hier garantit le fonctionnement du mécanisme ÉPR dans le domaine de l'innovation numérique financière. Par ailleurs, la banque centrale russe se voit attribuer le rôle d'autorité principale et de régulateur dans le domaine ÉPR. Le texte précise également que, dans certains cas, la banque centrale devra consulter le service fédéral de surveillance financière (Rosfinmonitoring), le FSB (service de sécurité fédéral) et le ministère des Finances pour approuver les projets ÉPR. Elle sera chargée de surveiller les activités des initiateurs du programme afin d'identifier tout risque susceptible de nuire à la défense nationale, à la sécurité ou de favoriser le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Dès la détection de tels risques, elle devra en informer le FSB et Rosfinmonitoring dans un délai maximal de 10 jours.
La réglementation actuelle interdit l'utilisation des monnaies numériques pour régler des biens (travaux, services). La nouvelle loi modifie cette disposition en autorisant l'usage des cryptomonnaies comme moyen de paiement dans les opérations commerciales extérieures, dans le cadre du programme ÉPR. Ce dernier devra clairement définir les droits et obligations des participants, ainsi que les responsabilités des organismes et agents de contrôle des changes.
Durant la deuxième lecture, la Douma d'État a approuvé plusieurs amendements, notamment l'autorisation d'opérations boursières en cryptomonnaies dans le cadre du programme ÉPR. Les projets ÉPR devront préciser les procédures d'entrée (et de sortie) des cryptomonnaies sur les marchés, fixer les exigences applicables aux organisateurs et définir les conditions permettant à un système de négociation d'effectuer de telles opérations.
Dans le cadre du programme ÉPR, la banque centrale russe obtient la possibilité de créer une plateforme électronique pour les opérations en monnaies numériques basée sur le Système national de paiement (SNP), d’en définir les règles de fonctionnement et d’établir les exigences applicables à son opérateur.
Ainsi, contrairement à la version initiale du texte, la banque centrale russe pourra mener dès le 1er septembre prochain trois expérimentations : utiliser des cryptomonnaies pour les règlements du commerce extérieur, effectuer des transactions boursières en cryptomonnaies, et mettre en place une plateforme électronique d’opérations en monnaies numériques fondée sur le Système national de paiement.
5. Situation actuelle du marché russe des cryptomonnaies
Selon les données recueillies à ce jour par Aiying Aiying :
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Nombre de détenteurs de cryptomonnaies :
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En 2024, on estime à 3,02 millions le nombre de détenteurs de cryptomonnaies en Russie, soit 3,6 % de la population totale. Cela indique que, malgré la popularité croissante des cryptomonnaies à l’échelle mondiale, leur pénétration reste relativement faible en Russie.
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Données des plateformes d’échange :
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Les données de Exmo, l’une des plus grandes plateformes d’échange de cryptomonnaies en Russie, montrent que le volume des transactions sur cette plateforme a atteint 3 milliards de dollars en 2023, soit une hausse de 25 % par rapport à 2022. Cela reflète une demande croissante pour les échanges de cryptomonnaies sur le marché russe.
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Données sur l’extraction minière :
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En 2023, la Russie est devenue le deuxième pays au monde en termes d’extraction de cryptomonnaies, avec une puissance de calcul représentant 13 % du total mondial du réseau Bitcoin, juste derrière les États-Unis. L’industrie minière russe bénéficie de ressources énergétiques abondantes et d’un climat froid, des facteurs qui contribuent à réduire les coûts d’extraction et à améliorer l’efficacité.
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Recettes fiscales :
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Le ministère des Finances russe estime que les revenus fiscaux provenant des transactions et de l’extraction de cryptomonnaies pourraient atteindre 2,5 milliards de roubles par an (environ 340 millions de dollars) à partir de 2023. Ces recettes constituent une nouvelle source de financement pour la Russie, particulièrement importante dans le contexte des sanctions internationales.
Dans le contexte actuel de sanctions internationales, la promotion d'une politique en faveur des cryptomonnaies revêt une importance stratégique pour la Russie. En effet, les multiples vagues de sanctions économiques imposées par les États-Unis et leurs alliés ont gravement affecté la position et le fonctionnement de la Russie dans le système financier international. Ces mesures, qui incluent notamment la restriction des transactions internationales des banques russes et le gel d'actifs, ont fortement limité la capacité de la Russie à opérer sur les marchés mondiaux. Aiying Aiying continuera de suivre de près l'évolution du marché des paiements transfrontaliers après les sanctions, ainsi que les solutions innovantes mises en œuvre par la Russie pour contourner ces restrictions. Restez connectés pour les prochaines mises à jour.
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