
Relèvera-t-elle les taux et réduira-t-elle son bilan ? La Banque du Japon deviendra-t-elle plus « faucon » ?
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Relèvera-t-elle les taux et réduira-t-elle son bilan ? La Banque du Japon deviendra-t-elle plus « faucon » ?
Une hausse des taux « supérieure aux attentes », mais un resserrement du bilan « inférieur aux attentes ».
Auteur : Zhao Ying, Wall Street Insights
La Banque du Japon a adopté une posture « fauconne », annonçant simultanément une hausse des taux et un resserrement de son bilan, affichant ainsi sa détermination à normaliser sa politique.
Mercredi 31 juillet, la Banque du Japon a annoncé sa dernière décision sur les taux d'intérêt : une augmentation de 15 points de base, portant le taux directeur à une fourchette de 0,15 %-0,25 %. La décision a été approuvée par 7 voix contre 2, alors que les marchés s'attendaient à ce que les taux restent inchangés.
En parallèle, la Banque du Japon a publié son plan de réduction de bilan, prévoyant de diminuer ses achats d'obligations d'État de 4 000 milliards de yens chaque trimestre. Elle ne fixera plus de fourchette pour les achats obligataires, mais fournira désormais un montant précis. Tous les membres ont voté en faveur de cette réduction, bien qu'elle soit inférieure aux attentes initiales d'une baisse mensuelle de 1 000 milliards de yens.
Les nouvelles directives sur les opérations monétaires entreront en vigueur à partir du 1er août 2024. Selon l'analyse :
La Banque du Japon souligne que les risques d'inflation pour cette année et la suivante penchent à la hausse, ce qui pourrait expliquer cette initiative. Si cette trajectoire se confirme, la banque centrale pourrait procéder à d'autres hausses de taux.
Après l'annonce, le yen a fortement oscillé face au dollar américain, tombant sous le seuil de 153, après avoir brièvement franchi le niveau de 152. L'indice Nikkei 225 a continué de reculer après la décision, tandis que les futures sur les obligations d'État japonaises à 10 ans ont réduit leurs pertes intra-séance.

Hausse des taux « supérieure aux attentes », resserrement de bilan « inférieur aux attentes »
Cette hausse des taux est intervenue « au-delà des attentes », alors que le marché n'accordait qu'environ 40 % de probabilités à une hausse en juillet. En revanche, le resserrement de bilan est jugé insuffisant : les anticipations allaient vers une réduction des achats à 5 000 milliards de yens dès le mois prochain, le gouverneur Kazuo Ueda ayant auparavant insisté sur une réduction « très significative ».
Plus précisément :
Le volume actuel d'achats mensuels est d'environ 6 000 milliards de yens ; en juillet, il était d'environ 5 700 milliards de yens ; à partir d'août-septembre, il sera d'environ 5 300 milliards de yens ; puis d'environ 4 900 milliards de yens entre octobre et décembre…
D'ici le premier trimestre 2026, les achats mensuels devraient atteindre environ 3 000 milliards de yens, et le portefeuille d'obligations d'État japonaises devrait diminuer d'environ 7 à 8 % d'ici le milieu de l'année 2024.

La Banque du Japon a précisé que le taux d'intérêt applicable aux soldes des comptes courants des institutions financières détenus auprès de la banque centrale serait de 0,25 %. Elle réduira ses achats d'obligations d'État de manière prévisible, annonçant chaque trimestre le montant des achats, ajustant si nécessaire le calendrier d'achat, effectuant une évaluation intermédiaire en juin 2025, et examinant le programme lors des réunions de politique monétaire si nécessaire.
À noter qu'avant l'annonce officielle, des médias japonais avaient « filtré » l'information : NHK, le journal Nikkei et Kyodo News avaient tous signalé une probable hausse des taux, et le calendrier des achats pour août-septembre a été publié comme prévu, avec des montants en baisse.
Risques d'inflation à la hausse : nouvelles hausses de taux possibles
La Banque du Japon a indiqué :
Face à une évolution substantielle de la conjoncture économique, elle ajustera sa politique accommodante, car le taux d'intérêt réel est nettement trop bas.
Si les perspectives d'inflation se confirment, elle poursuivra les hausses de taux. L'augmentation des salaires est nettement supérieure à celle de l'année précédente, et les risques sur les prix pour les exercices 2024 et 2025 penchent à la hausse.
Concernant les prévisions d'inflation, la Banque du Japon a légèrement revu à la baisse l'IPC de base pour les exercices 2024-2025, tout en maintenant stable l'IPC de base hors énergie :
Pour l'exercice 2024, l'IPC de base est ramené à 2,5 % (contre 2,8 % précédemment) ; pour 2025, il passe à 2,1 % (contre 1,9 %) ; pour 2026, il reste à 1,9 % (inchangé).
Pour l'exercice 2024, l'IPC de base hors énergie est maintenu à 1,9 % ; pour 2025, il est également prévu à 1,9 % ; pour 2026, il est projeté à 2,1 % (inchangé).

Par ailleurs, la Banque du Japon a ajouté :
Le taux de change du yen est désormais plus susceptible d'influencer les prix, les prix à l'importation repartant à la hausse, et il convient de rester vigilant face au risque d'un dépassement de l'inflation.
Malgré les pressions inflationnistes, la consommation privée reste résiliente, et les entreprises semblent progressivement adopter une stratégie de hausse des salaires et des prix.
L'environnement monétaire accommodant continuera de soutenir l'économie, et le taux d'intérêt réel devrait rester nettement négatif.
La Banque du Japon deviendra-t-elle encore plus « fauconne » ?
Les analystes estiment que cette décision n'est pas « colombienne ». La Banque du Japon s'est engagée par écrit à procéder à de nouvelles hausses de taux si les perspectives économiques et inflationnistes restent favorables. C'est la première fois, et c'est la posture fauve que nous voyons sous la direction de Kazuo Ueda. Concernant les achats d'obligations, Nick Twidale, analyste chez ATFX Global Markets, estime que la réduction du programme d'achat est bien inférieure aux attentes, pesant lourdement sur le yen.
Toutefois, les analystes Toru Fujioka et Sumio Ito pensent que le yen fragile arrive à un tournant :
La Banque du Japon a relevé son taux directeur et indiqué qu'elle réduirait le rythme mensuel d'achat d'obligations à environ 3 000 milliards de yens d'ici le premier trimestre 2026. Le gouverneur Kazuo Ueda, en prenant ces mesures, affirme clairement sa volonté de poursuivre le processus de normalisation. Cette action de mercredi pourrait alimenter les spéculations sur une nouvelle hausse des taux cette année. À quelques heures de la réunion de la Réserve fédérale américaine, cette orientation fauve pourrait marquer un tournant pour le yen affaibli, car les opérateurs anticipent un resserrement du différentiel de taux entre les États-Unis et le Japon. Tout signe de la Fed suggérant une possible baisse des taux en septembre renforcera cette hypothèse.
Izuru Kato, économiste en chef chez OTAN Research, a déclaré :
La décision de hausser les taux vise très probablement à corriger une politique monétaire excessivement accommodante, reflétant un taux d'intérêt réel profondément négatif. Bien que la Banque du Japon affirme que sa politique ne cible pas le change, la faiblesse du yen, qui pèse lourdement sur les PME dans les zones rurales japonaises, constitue sans aucun doute un facteur important derrière cette décision. L'ampleur de la hausse est minime, presque symbolique. Il ne faut pas craindre une accélération du rythme des hausses, car les augmentations de mars et juillet correspondent simplement à celles d'une banque centrale standard. Cela ne signifie pas que la Banque du Japon devient soudainement fauve. À l'avenir, elle restera prudente, évitant de resserrer trop rapidement sa politique.
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