
Créer une entreprise Web3 : où établir sa société pour payer moins d'impôts ? Comparaison entre Hong Kong, Singapour et la Chine continentale
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Créer une entreprise Web3 : où établir sa société pour payer moins d'impôts ? Comparaison entre Hong Kong, Singapour et la Chine continentale
Outre l'environnement politique, les entrepreneurs doivent également prendre en compte la planification fiscale lorsqu'ils choisissent un lieu pour créer leur entreprise, en optant pour la région la plus favorable au développement à long terme de leur entreprise.
Par Zheng Yuan
Alors que la technologie mondiale du Web3.0 connaît un essor fulgurant, de plus en plus d'entrepreneurs chinois choisissent de s'expatrier pour créer leurs entreprises, notamment à Hong Kong et à Singapour, deux régions bénéficiant de politiques favorables et d’un environnement stable. Hong Kong et Singapour adoptent une attitude proactive et une réglementation transparente dans le domaine du Web3.0, offrant ainsi aux entrepreneurs des conditions extrêmement avantageuses et un soutien considérable. À Hong Kong, des entreprises emblématiques du Web3.0 telles qu’Animoca Brands et HashKey ont déjà obtenu des réalisations significatives à l’échelle mondiale grâce à une innovation continue et à une expansion constante. De son côté, Singapour attire des géants du secteur comme Binance et Crypto.com, devenant une terre fertile pour les startups blockchain et cryptomonnaies grâce à son cadre juridique solide et à ses avantages fiscaux attractifs.
Lorsqu'ils choisissent leur lieu de création d'entreprise, les entrepreneurs doivent non seulement tenir compte de l’environnement politique, mais aussi effectuer une planification fiscale stratégique afin de sélectionner la région la plus favorable au développement durable de leur entreprise.
Comparaison des politiques entre trois régions
Les politiques fiscales de Chine continentale, de Hong Kong et de Singapour présentent des différences notables, comme détaillé ci-dessous.
1 Chine continentale et Hong Kong
En matière de système fiscal, les principales différences entre la Chine continentale et la région de Hong Kong pour les entreprises sont les suivantes :
En ce qui concerne les principaux impôts, la Chine continentale comporte six grandes catégories :
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Impôt sur les sociétés (5 %, 15 %, 25 %)
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Impôt sur le revenu des personnes physiques (3 % - 45 %)
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TVA (3 %, 9 %, 13 %, etc.)
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Dividendes aux actionnaires, gains en capital, etc. (20 %)
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Revenus à l’étranger (imposition mondiale)
À Hong Kong, les principaux impôts sont l’impôt sur les bénéfices des sociétés (8,25 % - 16,5 %) et l’impôt sur le revenu des salaires (2 % - 17 %). En revanche, les dividendes aux actionnaires, les revenus à l’étranger et la plus-value boursière sont exonérés d’impôt.
2 Chine continentale et Singapour
Le système fiscal diffère sensiblement entre la Chine continentale et Singapour, comme illustré ci-dessous :

Examinons maintenant trois cas concrets pour illustrer les responsabilités fiscales et les coûts associés à la création d'une entreprise en Chine continentale, à Hong Kong et à Singapour.
Cas 1 : Créer une entreprise en Chine continentale
M. Wang est un jeune entrepreneur du Web3. Il a fondé à Pékin une société spécialisée dans les technologies blockchain, axée sur le développement d'applications décentralisées (dApps).
1 Fiscalité au niveau de l'entreprise
Supposons que le chiffre d'affaires annuel de la société de M. Wang atteigne 10 millions de yuans lors de sa première année, avec un bénéfice avant impôt de 5 millions de yuans. Selon la législation fiscale chinoise, son entreprise doit payer un impôt sur les sociétés de 25 %, soit 1,25 million de yuans. De plus, l'entreprise doit également acquitter la TVA. Si le taux applicable est de 13 % et que la société dispose de 5 millions de yuans de crédit de taxe sur les achats, la TVA due sera de (10 - 5) × 13 % = 650 000 yuans.
2 Fiscalité au niveau individuel
En tant que seul actionnaire, M. Wang perçoit un dividende de 3,75 millions de yuans (bénéfice après paiement de l’impôt sur les sociétés de 1,25 million). Il doit alors payer un impôt sur le revenu de 750 000 yuans sur ces dividendes. S’il perçoit un salaire annuel brut de 1 million de yuans, son impôt sur le revenu s’élèvera à environ 430 000 yuans selon le barème progressif chinois (calcul simplifié).
Au final, le revenu net de M. Wang s’élève à : 1 million (salaire) + 3,75 millions (dividendes) – 430 000 (impôt sur le revenu) – 750 000 (impôt sur les dividendes) = 3,57 millions de yuans.
Cas 2 : Créer une entreprise à Hong Kong
Mme Li est une entrepreneure expérimentée du Web3. Elle a créé à Hong Kong une fintech fournissant des solutions blockchain aux entreprises multinationales.
1 Fiscalité au niveau de l'entreprise
Supposons que le chiffre d'affaires annuel de sa société atteigne 10 millions de HKD, avec un bénéfice avant impôt de 5 millions de HKD. Selon la politique fiscale hongkongaise, les premiers 2 millions de HKD de bénéfice sont imposés à 8,25 %, et le reste à 16,5 %. L’impôt dû s’élève donc à 660 000 HKD (2 millions × 8,25 % + 3 millions × 16,5 %).
2 Fiscalité au niveau individuel
Mme Li, résidente fiscale de Hong Kong, perçoit un salaire annuel de 1 million de HKD. Son impôt sur le revenu s’élève à environ 150 000 HKD (calcul simplifié). Elle reçoit également un dividende de 4,34 millions de HKD (après paiement de 660 000 HKD d’impôt sur les bénéfices). À Hong Kong, les dividendes ne sont pas imposés.
Son revenu net total s’élève donc à : 1 million (salaire) + 4,34 millions (dividendes) – 150 000 (impôt sur le revenu) = 5,19 millions de HKD.
Cas 3 : Créer une entreprise à Singapour
M. Chen, résident fiscal de Singapour, est un entrepreneur chevronné du Web3. Il a fondé à Singapour une plateforme d’échange de cryptomonnaies, offrant des services sécurisés et efficaces de trading d’actifs numériques.
1 Fiscalité au niveau de l'entreprise
Supposons que le chiffre d'affaires annuel de sa société atteigne 10 millions de SGD, avec un bénéfice avant impôt de 5 millions de SGD. Selon la politique fiscale singapourienne, les premiers 20 000 SGD de bénéfice bénéficient d’une exemption partielle, réduisant l’impôt à 12 750 SGD (10 000 × 4,25 % + 10 000 × 8,5 %), et le reste est imposé à 17 %. L’impôt total s’élève donc à environ 828 750 SGD (12 750 + 4,8 millions × 17 %).
De plus, son entreprise doit payer une taxe sur la consommation (GST) de 9 %. Si une partie du chiffre d’affaires est soumise à cette taxe, le montant dû serait d’environ 900 000 SGD (10 millions × 9 %).
2 Fiscalité au niveau individuel
En tant que principal actionnaire, M. Chen perçoit un salaire annuel de 1 million de SGD. Son impôt sur le revenu s’élève à environ 240 000 SGD (calcul simplifié). Il reçoit un dividende de 4,17125 millions de SGD (après paiement de 828 750 SGD d’impôt sur les sociétés). À Singapour, les dividendes ne sont pas imposés.
Son revenu net total s’élève donc à : 1 million (salaire) + 4,17125 millions (dividendes) – 240 000 (impôt sur le revenu) = 4,93125 millions de SGD.
Synthèse comparative des données

La comparaison des données ci-dessus met clairement en évidence l’impact significatif des politiques fiscales selon les régions sur les entrepreneurs. Hong Kong présente la charge fiscale la plus faible, avec seulement trois impôts directs et des seuils d’exonération, permettant aux entrepreneurs de conserver le revenu le plus élevé. Singapour arrive en deuxième position : bien que la pression fiscale soit modérée, la présence de la GST réduit légèrement le revenu net par rapport à Hong Kong. La Chine continentale impose une charge plus lourde, aboutissant au revenu net le plus bas. Ces données peuvent aider les entrepreneurs à faire un choix éclairé concernant leur lieu de création d'entreprise.
Il convient de noter que pour bénéficier des taux d'imposition propres à chaque pays ou région, les entrepreneurs doivent remplir les conditions de résidence fiscale locale. Si un résident fiscal chinois crée une entreprise à l'étranger, il devra généralement déclarer ses revenus perçus hors de Chine auprès de l'administration fiscale située là où il exerce son emploi en Chine. La déclaration doit être effectuée entre le 1er mars et le 30 juin de l'année suivant l'obtention des revenus.
Conclusion
Pour les entrepreneurs du Web3, choisir le bon lieu de création d'entreprise implique non seulement de comprendre les aspects fiscaux et les coûts associés, mais aussi de comparer les politiques réglementaires et les cadres juridiques de différents pays afin d'assurer le développement pérenne de l'entreprise. L'attitude ouverte de Hong Kong et de Singapour dans le domaine du Web3, combinée à leurs politiques fiscales avantageuses, offre un excellent tremplin aux entrepreneurs. Toutefois, avant de prendre une décision, il est fortement recommandé de consulter des conseillers juridiques et financiers spécialisés afin de bien appréhender les obligations légales et les risques fiscaux locaux, et ainsi opérer le choix le plus avantageux.
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