
En utilisant l'intention, pouvons-nous créer des produits entièrement décentralisés fondés sur la sagesse collective ?
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En utilisant l'intention, pouvons-nous créer des produits entièrement décentralisés fondés sur la sagesse collective ?
Si le monde biologique utilise les phéromones pour la transmission d'informations, l'intention constitue alors un excellent outil de communication dans la société humaine.
Rédaction : Tia, Techub News
« Tout a commencé par la sensation que les produits actuels ne sont pas assez décentralisés, car tout produit est nécessairement conçu par quelqu’un et reflète dès son élaboration les idées centralisées d’un individu ou d’une équipe. L’intention constitue un excellent vecteur. Lorsque beaucoup de gens partagent la même intention, ou lorsque des intentions similaires émergent collectivement, cela pourrait provoquer une certaine forme d’émergence : la naissance d’un besoin, d’une idée ou d’un produit potentiel. »
J’ai rencontré plusieurs DAO. Ils sont généralement lancés par une personne ou un groupe centralisé, fonctionnant autour d’une vision commune comme objectif principal. La décentralisation intervient rarement, souvent uniquement lors de la nomination de rôles, par exemple via des votes. De plus, la plupart des DAO ont peu ou pas de capacité à générer des revenus. Leurs fonds proviennent habituellement du fondateur, d’investisseurs ou de subventions provenant d’autres projets. Or, dans une organisation décentralisée, le rôle de « fondateur » est en soi contradictoire avec les principes du DAO : un DAO devrait être le fruit de la sagesse collective, et non l’initiative d’un seul individu. Par ailleurs, un élément clé de leur fonctionnement — la gestion financière — dépend d’un petit groupe restreint. Ce n’est pas un bon signe. D’une part, on ne peut pas demander indéfiniment aux investisseurs de financer un projet sans espoir de rentabilité, uniquement par conviction. D’autre part, l’influence des bailleurs de fonds sur l’orientation future du DAO est inévitable en raison de cette dépendance financière.
Mais l’émergence de la notion d’« intention » pourrait inverser cette tendance. Si le monde biologique utilise les phéromones pour transmettre de l’information, alors l’intention pourrait devenir un excellent outil de transmission d’informations dans la société humaine — bien supérieur au prix, qui est aujourd’hui notre principal moyen de communication sociale. Une intention peut donner naissance à une pensée, puis évoluer en vision. La machine à intentions d’Anoma permet aux utilisateurs d’exprimer leurs préférences et intentions, créant ainsi un terreau propice à la co-création entre personnes partageant des intentions communes. Peut-être pouvons-nous dès lors construire des produits ou réaliser des projets collaboratifs à partir d’un ensemble d’intentions collectives.
Concernant le financement, nous pourrions envisager d’utiliser des jetons basés sur des mèmes afin d’explorer l’opinion d’un public plus large sur une intention ou une préférence donnée, transformant ainsi le mème-coin en bien plus qu’un simple indicateur de prix. Il pourrait servir à mesurer la perception du marché vis-à-vis d’une intention spécifique, attirer des capitaux pour la phase suivante de création, et assurer une forme de marketing.
Reste ensuite la question de la gouvernance. Contrairement aux sujets très prisés comme la DeFi, l’abstraction de chaîne ou les assistants décentralisés (DA), la gouvernance décentralisée et les DAO n’ont jamais vraiment attiré l’attention. Beaucoup sous-estiment l’importance de la gouvernance. On entend souvent dire : « In blockchain we trust ». C’est vrai : grâce au code et aux contrats intelligents, nous éliminons effectivement le besoin de faire confiance. Mais derrière chaque ligne de code se cache en réalité une règle, voire une décision politique. Sans gouvernance décentralisée, le web3 retombera inévitablement dans le cycle du web2.
Les avantages et inconvénients du leadership sont évidents. Un processus d’évolution naturelle, sans leader, basé sur les intentions, favorise un progrès collectif lent mais stable. Lorsqu’une personne dont la pensée dépasse largement celle du groupe apparaît, il est vrai qu’elle peut accélérer considérablement les choses. Mais cela comporte aussi de nombreux risques, surtout lorsque la sagesse collective est largement inférieure à la sienne : cela rend le groupe vulnérable à la manipulation, notamment si une autre personne tout aussi brillante mais aux intentions malveillantes surgit. Suivre aveuglément n’est pas une bonne stratégie. La sagesse collective doit grandir progressivement par elle-même.
Ceci reflète ma propre inclination politique. Bien sûr, si l’on aborde la question depuis la perspective de l’entreprise, la donne change. Car là entre en jeu la compétition, qui constitue justement la caractéristique principale permettant de distinguer les biens privés des biens publics. Les biens publics sont par nature anti-concurrentiels. Sous cet angle, cela pourrait contribuer à bâtir une société moins concurrentielle. Mais ce point nécessite encore des recherches approfondies pour trouver de meilleures réponses. Ou alors, nous pourrions simplement laisser cette option ouverte, permettant au groupe de choisir librement.
Quelle forme prendre pour la gouvernance ? Comment définir le médium de gouvernance ? Faut-il utiliser des NFT ou des jetons ? Doit-on y associer une valeur économique ou préserver sa pureté ? Comment fixer les poids de vote ? Autant de questions exigeant des études systématiques approfondies.
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