
Comprendre en profondeur la source d'inspiration derrière Orb Land, liké par Vitalik : la taxe de Harberger, la propriété partagée et la lutte contre les monopoles
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Comprendre en profondeur la source d'inspiration derrière Orb Land, liké par Vitalik : la taxe de Harberger, la propriété partagée et la lutte contre les monopoles
Les utilisateurs experts peuvent créer un NFT sur Orb Land, et toute personne détenant ce NFT peut poser des questions à son émetteur.
Auteur : @Web3Mario
Introduction : Le 21 mai 2024, Vitalik a aimé un projet appelé orb.land sur Warpcast. Après une analyse approfondie, je me suis fortement intéressé à la logique de conception derrière ce projet. J'ai donc consacré un certain temps à lire le livre *Radical Markets*, dont je souhaite partager quelques réflexions. Pour ceux qui souhaitent en savoir davantage sur le projet lui-même, j'ai trouvé un article particulièrement complet, que je recommande vivement.
En résumé, ce livre propose un système de propriété collective aux tendances politiques plutôt progressistes, combiné au modèle de la taxe Harberger, afin de résoudre les inégalités sociales causées par le monopole excessif des ressources. Cette approche est hautement inspirante pour traiter certains problèmes actuels dans l'industrie Web3, comme les jetons VC fortement valorisés récemment très populaires.
De quoi parle exactement « Radical Markets » ?
Permettez-moi tout d’abord de présenter brièvement ce livre, intitulé intégralement *Radical Markets : Comment briser la lutte pour le pouvoir entre capitalisme et démocratie et repenser notre économie*. Publié en 2020 par Glen Weyl et Eric Posner, Glen Weyl est chercheur principal au Microsoft Research et professeur invité à l’université de Yale, spécialisé dans la conception des marchés et l’innovation en politique publique. Eric Posner est professeur à la faculté de droit de l’université de Chicago, juriste renommé dont les travaux portent notamment sur le droit des contrats, le droit international et la théorie du droit.
En substance, ce livre vise à résoudre plusieurs problèmes structurels du capitalisme moderne et des systèmes démocratiques. Plus précisément, il aborde les questions clés suivantes :
l Inégalités de richesse et de revenus : Dans les sociétés contemporaines, les inégalités de richesse et de revenus s’aggravent continuellement. Le système capitaliste traditionnel conduit souvent à l’accumulation massive de richesses entre les mains d’une minorité, tandis que la majorité subit des pressions économiques croissantes. Selon les auteurs, ces inégalités ne sont pas seulement injustes, mais engendrent également instabilité sociale et économique.
l Allocation inefficace des ressources et des actifs : De nombreuses ressources et actifs ne sont pas pleinement utilisés sous le régime actuel des marchés. Par exemple, sur les marchés fonciers et immobiliers, de nombreux biens restent inutilisés en raison de la spéculation et du stockage, n’exploitant pas pleinement leur potentiel économique. Cela gaspille des ressources précieuses et aggrave les pénuries de logements et de terres.
l Défauts du système démocratique : Les démocraties actuelles souffrent de multiples faiblesses, telles que les imperfections des systèmes électoraux, la polarisation politique et l’influence excessive des groupes d’intérêt. Ces problèmes empêchent le système démocratique de représenter véritablement les citoyens, rendant l’élaboration des politiques inefficace et injuste.
l Problème de la migration mondiale : Les politiques migratoires actuelles sont strictement encadrées par les États, limitant ainsi la libre circulation de la main-d’œuvre. Cela nuit non seulement aux opportunités économiques individuelles, mais freine aussi le développement global de l’économie. Les auteurs considèrent que la libre circulation des migrants pourrait améliorer significativement l’efficacité de l’allocation mondiale des ressources, stimulant la croissance économique et le progrès social.
l Questions relatives aux données et à la vie privée : À l’ère du Big Data, les données personnelles sont devenues une ressource économique majeure. Or, aujourd’hui, le contrôle de ces données est concentré entre les mains de quelques grandes entreprises, limitant le droit des individus à utiliser leurs propres données et à en tirer profit. Les auteurs préconisent d’accorder davantage de droits aux individus sur leurs données afin d’assurer une utilisation plus équitable et une redistribution juste des bénéfices.
l Monopoles et concurrence insuffisante : De nombreux secteurs connaissent de graves problèmes de monopole, où de grandes entreprises dominent le marché par des fusions et acquisitions, entravant la concurrence équitable et l’innovation. Les auteurs estiment qu’il faut des politiques antitrust plus rigoureuses pour briser ces monopoles et favoriser un marché plus juste et dynamique.
Face à ces problèmes, le livre propose cinq solutions principales :
l Propriété partagée : Weyl et Posner proposent un système appelé « Propriété collective avec taxation auto-évaluée » (Common Ownership Self-Assessed Tax, COST). Ce système exige que chaque propriétaire déclare publiquement la valeur de ses actifs, qui deviennent alors soumis à une enchère permanente. Cela limite les comportements monopolistiques et favorise une allocation efficace des ressources. La taxation basée sur l’auto-évaluation correspond à ce qu’on appelle la « taxe Harberger ».
l Réforme du vote : Ils introduisent la « votation quadratique » (Quadratic Voting), selon laquelle chaque citoyen dispose d’un certain nombre de crédits de vote pouvant être distribués selon l’importance personnelle accordée à chaque sujet. Cela permet de refléter plus fidèlement les préférences collectives et évite que les opinions minoritaires soient ignorées.
l Politique migratoire : Les auteurs suggèrent de mettre en place une « enchère du marché du travail », où le nombre et les conditions d’immigration seraient déterminés par un système concurrentiel. Cette méthode vise à exploiter plus efficacement le potentiel économique des migrants et à optimiser la répartition mondiale de la main-d’œuvre.
l Droits sur les données : Le livre traite également de la propriété des données personnelles, plaidant pour que chacun possède et contrôle ses propres données, garantissant que leur utilisation bénéficie réellement à leurs créateurs plutôt qu’aux seules grandes entreprises technologiques.
l Politique antitrust : Ils insistent sur la nécessité de lois antitrust plus strictes pour prévenir les monopoles, en encourageant la dispersion du pouvoir économique des grandes entreprises afin de promouvoir la concurrence et l’innovation.
On peut dire que le modèle économique d’Orb Land, conçu pour un service de consultation personnalisée en Web3, s’inspire directement du premier mécanisme présenté ici, à savoir le système de propriété collective avec taxation auto-évaluée, que nous appellerons désormais simplement « système de propriété partagée ». Mais en quoi consiste exactement ce système de propriété partagée, et quels en sont les effets ?
Le système de propriété partagée impose de la liquidité aux actifs, évitant ainsi les injustices dues au monopole
La propriété partagée est un système de répartition des ressources sociales dont la conception repose sur trois principes fondamentaux :
l Auto-évaluation et tarification publique : Chaque propriétaire d’un actif doit déclarer publiquement la valeur qu’il attribue à cet actif — qu’il s’agisse d’un bien immobilier, d’un terrain ou d’un actif commercial. Ce prix auto-évalué est rendu public et visible par tous.
l Mécanisme d’enchères permanentes : À tout moment, n’importe qui peut acheter l’actif au prix déclaré par son propriétaire. Le propriétaire doit donc fixer un prix prudent : trop bas, il risque de perdre son actif ; trop élevé, il devra payer une taxe proportionnelle à cette évaluation. Ce prélèvement, variant typiquement entre 1 % et 7 % de la valeur déclarée, porte le nom de « taxe Harberger », inspirée des travaux de l’économiste Arnold Harberger dans les années 1960.
l Utilisation des recettes fiscales : Les taxes perçues alimentent les finances publiques, servant à financer des services ou infrastructures communes, ou à redistribuer des revenus au sein de la communauté pour soutenir le développement économique. Ce mécanisme peut remplacer ou compléter l’impôt foncier traditionnel, simplifiant ainsi le système fiscal tout en augmentant les recettes publiques.
Ce dispositif présente plusieurs avantages. Premièrement, il réduit efficacement les monopoles et le gaspillage de ressources : puisque tous les actifs sont constamment mis aux enchères, la possession monopolistique est découragée, et l’allocation des ressources devient plus efficiente. En outre, les individus ont davantage incitation à utiliser activement leurs actifs, car le coût de détention d’un actif inutilisé augmente. Deuxièmement, il favorise la mobilité économique : grâce à la tarification publique et aux enchères continues, la liquidité du marché s’améliore, permettant des transferts rapides d’actifs et réduisant la rigidité du marché. Entreprises et particuliers peuvent ainsi accéder plus facilement aux ressources, stimulant innovation et activités économiques. Enfin, il renforce l’équité et le bien-être social : les recettes fiscales peuvent être investies dans des projets publics ou redistribuées, améliorant ainsi la qualité de vie globale et atténuant les inégalités extrêmes de richesse et de ressources.
Impact potentiel du système de propriété partagée sur le monde Web3
Examinons maintenant comment Orb Land applique ce concept à un système de consultation personnalisée en Web3. En bref, certains experts peuvent créer un NFT sur Orb Land, donnant à son détenteur le droit de poser des questions à l’émetteur. Ce NFT fonctionne selon le principe de propriété partagée : après l’achat, l’utilisateur doit fixer un prix public de revente, accessible à tout moment à d’autres acheteurs. Par ailleurs, le détenteur paie une taxe Harberger élevée pendant la détention, empêchant ainsi toute fixation arbitraire d’un prix prohibitif pour bloquer la revente. Toutes les taxes Harberger et les royalties générées lors des transactions reviennent à l’émetteur du NFT. Enfin, le détenteur du NFT peut noter les réponses fournies par l’émetteur.
L’objectif de ce mécanisme est de générer un flux de revenus régulier pour les experts émetteurs de NFT, les incitant ainsi à fournir continuellement des réponses de valeur. Toutefois, je pense que ce modèle n’exploite pas pleinement les avantages fondamentaux de la propriété partagée. En effet, dans ce cas, le NFT représente le droit de consulter un expert, un droit qui n’est pas une ressource rare et ne peut guère être monopolisé pour en tirer un profit excessif. Imaginons que vous déteniez le NFT de Vitalik : cela signifierait-il que vous pouvez monopoliser son attention, en faire votre consultant exclusif, empêchant toute autre personne de bénéficier de ses conseils ? C’est absurde ! Ainsi, l’intérêt de ce modèle paraît limité ici. Il cherche essentiellement à favoriser la circulation rapide du NFT via la taxation et à augmenter les revenus de l’émetteur. Cependant, ce mécanisme apparaît peu favorable au détenteur. De plus, si l’objectif est simplement la découverte de prix, on constatera que celle-ci serait bien plus efficace via un marché libre, où l’offre et la demande déterminent naturellement la valeur.
Alors, quel impact potentiel le système de propriété partagée pourrait-il avoir sur le Web3 ? En résumé, ce mécanisme est pertinent là où les problèmes de monopole sont les plus criants. Prenons un exemple concret : les jetons VC fortement valorisés, récemment très controversés. Ces jetons permettent souvent d’exploiter les petits investisseurs, car la conception de la tokenomie de nombreux projets We3 conduit progressivement, avec le déblocage des jetons VC, à un marché oligopolistique. Comme les VC disposent d’avantages financiers nets par rapport aux petits détenteurs, ils acquièrent un pouvoir de fixation des prix. Grâce à des valorisations élevées, ils gonflent artificiellement les prix sur le marché secondaire et réalisent des profits monopolistiques. La faible liquidité vient du fait que les petits investisseurs ne peuvent absorber les volumes importants de jetons vendus par les VC en peu de temps. Pour préserver leurs marges, les VC optent donc généralement pour des ventes progressives. Dans ce contexte, repenser la tokenomie selon le principe de propriété partagée serait extrêmement intéressant ! Quant aux modalités concrètes, elles restent à explorer ensemble — j’invite donc à la discussion.
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