
Face au conflit géopolitique en mode « tour par tour », le marché cryptographique accueille-t-il la « halving » avec un fort recul ?
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Face au conflit géopolitique en mode « tour par tour », le marché cryptographique accueille-t-il la « halving » avec un fort recul ?
Moins de 24 heures avant la réduction de moitié, le marché semble sur le point de connaître une « division par deux des prix des actifs ».
Rédaction : Frank, Foresight News
« À tonnerre des canons, l’or pleut » ?
Ce matin vers 9h00, avec les informations soudaines faisant état d'une « forte explosion près Téhéran, la capitale de l'Iran », ou encore de « bruits d'explosions entendus en Iran, Syrie et Irak » qui ont dominé les gros titres, la situation au Moyen-Orient, marquée par un échange de représailles entre Israël et l'Iran, s'est à nouveau tendue. Le prix de l'or a aussitôt dépassé les 2400 dollars, enregistrant une hausse continue sur cinq semaines consécutives.
Pendant ce temps, le bitcoin, auparavant considéré comme « l’or numérique », a suivi une trajectoire inverse : il a successivement franchi à la baisse les seuils psychologiques de 63 000 USDT, 62 000 USDT, puis 61 000 USDT, perdant même temporairement le niveau des 60 000 USDT pour atteindre un récent creux à 59 587 USDT (données au comptant d’OKX, idem ci-après). L’Ethereum a également perdu successivement les niveaux de 3000 USDT et 2900 USDT, touchant un plancher à 2864 USDT.

Les données Coinglass indiquent que, durant les quatre dernières heures, les liquidations totales sur l’ensemble du réseau ont dépassé 100 millions de dollars, dont 94,57 millions pour les positions longues. Le marché des altcoins est en outre plongé dans la détresse, les baisses de moitié étant monnaie courante depuis environ quinze jours.
De manière assez dramatique, au moment où cet article est écrit, les données d’OKLink montrent que la quadruple réduction de récompense du bitcoin (halving) interviendra dans moins de 22 heures. Pourtant, le marché adopte une attitude de « halving anticipé », refroidissant brutalement les attentes, rendant ainsi les perspectives encore plus pessimistes.

La question cruciale désormais est de savoir si ce recul marque un renversement de tendance ou simplement un ajustement à moyen terme — une interrogation centrale pour toute prise de position face aux prochaines évolutions du marché.
Quelles sont les causes de ce plongeon ?
Pour résumer brièvement les facteurs ayant pu provoquer cette forte baisse, on peut distinguer deux dimensions principales : des causes externes telles que les tensions géopolitiques et le virage hawkish de la Réserve fédérale américaine (Fed), ainsi qu’un déclencheur interne majeur : la sortie nette de fonds des ETF.
Impact du conflit au Moyen-Orient sur les marchés financiers mondiaux
Premièrement, l’impact du conflit géopolitique au Moyen-Orient sur les marchés financiers mondiaux. Il convient ici de rappeler clairement un point : depuis l’entrée massive des institutions l’an dernier, notamment après l’approbation du spot ETH ETF début 2024, la prétendue qualité de « valeur refuge » du bitcoin est devenue une sorte de mythe. En réalité, le bitcoin se comporte davantage comme un actif risqué, étroitement lié à l’environnement macroéconomique mondial et aux cycles haussiers/baissiers (Voir aussi : « À tonnerre des canons, l’or pleut » ? Guide d’investissement cryptographique en période de troubles géopolitiques)
Le feuilleton du conflit entre l’Iran et Israël accentue, dans une certaine mesure, les risques géopolitiques au Moyen-Orient, menaçant potentiellement l’approvisionnement mondial en pétrole. Dès ce matin, suite à ces nouvelles tensions, le prix du pétrole brut WTI américain a grimpé de plus de 2,5 % en séance, dépassant temporairement 85 dollars le baril, tandis que le Brent atteignait près de 89 dollars le baril.

Si le conflit s’étendait, voire impliquait les installations nucléaires des deux parties, cela pourrait entraîner une hausse durable des prix du pétrole, aggravant davantage la lutte de la Fed contre l’inflation. Cela accroîtrait par conséquent la probabilité d’une nouvelle hausse des taux d’intérêt. Dans ce contexte, le bitcoin, en tant qu’actif risqué, subirait logiquement une pression baissière due aux anticipations accrues de resserrement monétaire.
Parallèlement, cela jette un voile sombre sur la Bourse américaine, déjà nerveuse ces derniers temps. Sous l’effet de ces nouvelles, les contrats à terme sur les trois principaux indices boursiers américains ont élargi leurs pertes : le Nasdaq 100 a chuté de plus de 2 %, le S&P 500 de 1,5 %, et le Dow Jones de 1,32 %.
Virage hawkish général de la Fed
En outre, depuis deux mois, l’anticipation initiale d’un assouplissement monétaire par la Fed mi-2024 vacille de plus en plus, car un nombre croissant de hauts responsables de la Fed commencent à évoquer des hausses de taux :
D’abord, John Williams, surnommé « le troisième pilier de la Fed », président de la Réserve fédérale de New York, a averti que si les données économiques l’exigeaient, la Fed n’hésiterait pas à relever ses taux. Quant à Raphael Bostic, président de la Fed d’Atlanta, il a déclaré être ouvert à une hausse des taux si l’inflation repartait à la hausse.
Plus crucial encore, lors de son allocution cette semaine, Jerome Powell a souligné que le manque de progrès supplémentaires sur l’inflation justifiait peut-être de maintenir des taux élevés plus longtemps. Nick Timiraos, journaliste du Wall Street Journal souvent surnommé « le nouveau porte-parole de la Fed », a commenté que la perspective de politique monétaire de la Fed avait clairement changé, mettant fin aux espoirs d’un assouplissement préventif.

Il faut rappeler que fin 2023 et début 2024, le marché anticipait 5 à 7 baisses de taux de la Fed en 2024, avec une première baisse dès mars… Cette évolution fait remonter vigoureusement le rendement des obligations américaines : celui des Treasuries à 10 ans a franchi la barre des 4,75 %, poussant certains banques d’affaires à avertir d’un retour possible à court terme vers les 5 %.
Par ailleurs, depuis avril, une série de données financières américaines – ventes au détail, demandes initiales d’allocations chômage, chiffres de l’emploi non agricole – ont été publiées, toutes affichant une solidité notable. Quelle que soit leur fiabilité, elles offrent du moins, du point de vue statistique, davantage de marge de manœuvre pour une hausse des taux.
Dans ce contexte, un ajustement de portefeuille par certains capitaux risqués apparaît tout à fait compréhensible.
Sorties nettes continues des ETF pendant 5 jours
Un autre signal mérite attention : selon les données SoSoValue, les ETF bitcoin au comptant ont enregistré une sortie nette totale de 23,15 millions de dollars le 18 avril, marquant ainsi cinq jours consécutifs de sorties nettes.
Au moment de la rédaction, la valeur nette totale des ETF bitcoin s’élève à 52,41 milliards de dollars, le ratio d’actifs nets des ETF (rapport entre la capitalisation des ETF et celle du bitcoin) atteint 2,82 %, et les entrées nettes cumulées depuis le lancement s’élèvent à 12,24 milliards de dollars.

Particulièrement notable : l’Ethereum a déjà reflué vers sa moyenne mobile sur 120 jours, tandis que l’indice BTC/ETH affiche trois bougies hebdomadaires baissières consécutives, dessinant une configuration technique particulièrement inquiétante.
Or, la moyenne mobile sur 120 jours est traditionnellement considérée comme l’une des principales lignes de démarcation entre marché haussier et marché baissier. Par conséquent, la capacité de l’Ethereum à tenir ce support clé et à rebondir fortement, ainsi que la performance ultérieure du bitcoin, apparaissent extrêmement critiques.
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