
Qu'est-ce que les biens publics ? Synthèse du rapport de recherche sur l'écosystème des biens publics Web3 de GCC
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Qu'est-ce que les biens publics ? Synthèse du rapport de recherche sur l'écosystème des biens publics Web3 de GCC
Les biens publics doivent présenter une non-exclusivité, une non-rivalité, une externalité positive, et doivent être modérément décentralisés.
Rédaction : Baiding, Geek web3
Résumé : • Selon la théorie économique occidentale classique, les biens publics doivent présenter deux caractéristiques : la non-excluabilité et la non-rivalité. La non-excluabilité signifie qu’il est difficile d’empêcher d’autres personnes d’utiliser un bien ; la non-rivalité indique que l’utilisation d’un bien par une personne ne réduit pas la quantité ou la qualité disponible pour les autres (le bien n’est pas consommé).
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Outre la non-excluabilité et la non-rivalité, les biens publics devraient également posséder une externalité positive. Une externalité positive se produit lorsqu’un bien apporte des bénéfices à la société sans que ces derniers soient compensés par un paiement équivalent.
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Pour évaluer les biens publics, Vitalik a proposé la « courbe revenu-mal », outil permettant de mesurer dans quelle mesure la commercialisation ou la monétisation d’un bien public nuit à son externalité positive. Selon cette théorie, les biens publics ayant le plus besoin de dons sont les logiciels open source gratuits, tandis que les vendeurs de biens ordinaires ont le moins besoin de dons.
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L’objectif principal des dons aux biens publics est d’atteindre autant que possible l’optimum de Pareto, un état où l’intérêt collectif de la société ou d’un secteur est maximisé. Pour y parvenir, il est nécessaire d’apporter un soutien financier modéré aux fournisseurs de biens publics, ou de leur permettre une monétisation raisonnable, afin de maximiser la synergie entre offre et demande.
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Dans Web2, créer un produit consiste à établir des barrières via le produit lui-même, les données ou la technologie, augmentant ainsi son caractère exclusif et rival. En revanche, la logique des produits Web3 est exactement inverse : un produit gagne en avantage par la force de sa connexion avec les utilisateurs. Il doit donc être suffisamment non-exclusif et non-rival, c’est-à-dire que les biens publics open source peuvent engendrer de nouveaux modèles économiques pour les produits Web3, dont la philosophie repose sur l’ouverture plutôt que la fermeture.
Texte principal
Les biens publics (« public goods ») sont un concept classique de l’économie occidentale concernant le bien-être global de la société et du marché. D’un point de vue macroéconomique, la blockchain introduit de nouvelles relations de production, conférant aux « biens publics » un sens inédit par rapport à l’économie traditionnelle. Microscopiquement, de nombreuses infrastructures fondamentales de Web3, telles que les blockchains publiques et les contrats intelligents, incarnent naturellement les propriétés essentielles des biens publics en raison de leur philosophie décentralisée.
Compte tenu de ces deux aspects, clarifier le concept de bien public dans le contexte Web3 est essentiel. Les recherches sur les biens publics Web3 se multiplient. Toutefois, deux questions préalables doivent être résolues pour définir correctement ce concept :
Premièrement, avec le développement accéléré des forces productives, le système économique mondial a profondément changé depuis l’époque où les théories économiques occidentales ont été élaborées. Ainsi, la définition antérieure des biens publics n’est plus entièrement pertinente aujourd’hui et nécessite une mise à jour.
Deuxièmement, Web3 a réalisé une percée révolutionnaire en matière de décentralisation et de suppression de la confiance, générant de nombreux nouveaux acteurs et comportements économiques. Dans ce contexte, la manière d’évaluer les biens publics mérite également d’être redéfinie.
Dans cet article, nous adopterons une approche synthétique, enrichie par les connaissances académiques de l’auteur diplômé en économie, afin de présenter le rapport de 76 pages intitulé « Rapport sur l’écosystème des biens publics Web3 », coécrit par Ray et Tiao de LXDAO, Twone de Uncommons, Hazel et Yuxin de GCC. Nous en exposerons brièvement les idées centrales et son cadre théorique.
En somme, le rapport de GCC part de la définition des biens publics, explique comment identifier les biens publics Web3, analyse en profondeur l’écosystème actuel, puis propose des perspectives sur son avenir et ses défis. Ce document constitue l’une des ressources les plus précieuses disponibles à ce jour sur les biens publics Web3, véritable trésor rare pour le monde francophone, où l’écosystème relatif aux biens publics reste encore peu développé.

Introduction aux concepts fondamentaux des biens publics
1. Définition économique classique des biens publics
Comme mentionné en introduction, la définition des biens publics doit évoluer avec les progrès des forces productives et des rapports sociaux. Avant d’étudier l’écosystème Web3, il convient de revisiter la définition même du bien public.
Le manuel Principes d’économie de Mankiw représente l’économie occidentale classique. Il classe tous les biens selon leur caractère excluable ou rival en quatre catégories : biens privés, ressources de club, biens publics et ressources communes. Il faut donc d’abord définir les notions de « rivalité » et d’« excluabilité ».
Excluabilité : capacité à empêcher d’autres personnes d’utiliser un bien lorsqu’il est utilisé (similaire au verrouillage dans les systèmes d’exploitation ou bases de données).
Rivalité : fait qu’un bien, une fois utilisé par quelqu’un, voit sa quantité ou sa qualité disponible diminuer pour les autres utilisateurs (consommation du bien).
Par exemple, tout article vendu en magasin vous appartient pleinement après achat, excluant ainsi toute autre utilisation par autrui — c’est l’excluabilité. Dans un verger, le nombre total de fruits est limité : si vous en cueillez, il en reste moins pour les autres. Plus vous cueillez, moins ils peuvent cueillir — c’est la rivalité.
Selon la présence ou absence de ces deux caractéristiques, les biens sont classés en quatre catégories en économie classique :

On constate ici que la définition classique des biens publics correspond à des biens à la fois non-exclusifs et non-rivaux. Toutefois, avec le progrès des forces productives et la mondialisation, cette définition pose deux problèmes :
Premièrement, le critère d’évaluation peut changer selon le contexte. Par exemple, la défense nationale est non-exclusive pour les citoyens d’un pays, mais exclusive pour les étrangers.
Deuxièmement, la présence d’excluabilité ou de rivalité n’est pas binaire, mais forme un spectre continu entre biens privés et biens publics (voir figure 1).

Sur ce graphique, Alice possède 1000 ETH à vendre, Bob dirige une compagnie aérienne vendant des billets, Charlie construit un pont et perçoit des péages, David publie un podcast, Eve sort une chanson, Fred invente un meilleur algorithme cryptographique.
Ces six exemples ne peuvent être classés simplement selon une logique binaire d’excluabilité ou de rivalité. Ils s’inscrivent plutôt sur un continuum selon des degrés variables (Charlie étant particulier : la rivalité de son pont dépend du niveau d’encombrement). Clairement, la dichotomie classique est insuffisante pour les catégoriser efficacement ni identifier les véritables biens publics.
2. Évolution de la compréhension des biens publics
La définition classique présente des lacunes. De nombreux économistes ont tenté de l’améliorer, mais leurs propositions restent marquées par leur époque et peuvent entrer en contradiction. Ce n’est pas leur faute : toute « vérité absolue » devient relative avec le temps. Pour guider nos actions, nous devons trouver une définition adaptée à notre époque.
Dans le Rapport sur l’écosystème des biens publics Web3, compte tenu de l’importance du concept pour les bâtisseurs Web3, les auteurs proposent deux critères complémentaires : les rendements marginaux croissants et les externalités positives.
2.1 Rendements marginaux croissants
Ce critère est complexe. Le rapport, faute de place, n’y consacre pas beaucoup de détails, mais cite un article de Vitalik Buterin, Zoë Hitzig et E. Glen Weyl intitulé A Flexible Design for Funding Public Goods, qui définit ainsi les biens publics :
« By “public goods” we refer to any activity with increasing returns in the sense that the socially efficient price to charge for the activity (marginal cost) is significantly below the average cost of creating the good. »
(« Par “biens publics”, nous entendons toute activité présentant des rendements croissants, au sens où le prix socialement efficace à fixer (coût marginal) est nettement inférieur au coût moyen de création du bien. »)
Cet article est étroitement lié au financement des biens publics sur Ethereum. Contrairement aux cadres classiques basés sur l’excluabilité et la rivalité, il utilise la contradiction entre les rendements croissants et le coût marginal pour définir les biens publics, élargissant ainsi leur champ. Ce point étant complexe, nous n’approfondirons pas davantage ici. Pour plus de détails, consultez le rapport complet de GCC et LXDAO.
2.2 Externalité positive
L’« externalité » est un concept clé en économie : elle désigne l’impact d’une activité économique sur des tiers non impliqués, impact non reflété dans les prix ou échanges de valeur.
Par exemple, une usine de papier pollue l’eau, nuisant à la santé des riverains sans les dédommager ni payer de taxe : cela crée une « externalité négative ». À l’inverse, une personne vaccinée réduit non seulement son propre risque d’infection, mais aussi celui des non-vaccinés, sans recevoir de paiement en retour : c’est une « externalité positive ».
Les biens publics ne facturent rien et n’interdisent à personne leur usage, tout en apportant des bénéfices à la société (bénéfices économiques, non comptables). Avec les progrès technologiques comme la blockchain, on peut donc dire qu’une activité produisant une externalité positive est un bien public.
3. Optimum de Pareto
L’optimum de Pareto est un état idéal d’allocation des ressources, où, à productivité donnée, aucun ajustement ne peut améliorer le bien-être global. C’est un état social idéalisé où l’intérêt collectif est maximisé.
Étant donné le lien fort entre biens publics et bénéfice collectif, comprendre l’optimum de Pareto est crucial. Illustrons-le par un exemple.
Beaucoup pensent intuitivement que plus les prix sont bas, mieux c’est pour la société. En réalité, cette situation est loin de l’optimum de Pareto, car elle ignore les producteurs (offre). Seul un « prix juste » permet de l’atteindre. Prenons un exemple simple avec les courbes d’offre et de demande :

(Courbe d'offre et de demande en microéconomie)
Supposons une société avec un seul bien, dont le prix reflète le niveau général des prix. Sur la figure 1, les courbes d’offre et de demande s’équilibrent à P=5 : 5 unités offertes, 5 unités demandées.
Si P=2, les producteurs n’offriront que 2 unités (pour éviter les pertes), alors que la demande serait de 8. L’excès de production non utilisé entraîne un gaspillage, réduisant le bénéfice global.
À P=7, le raisonnement est similaire. Ainsi, P=5 est le « prix juste », seul point où l’optimum de Pareto est atteint. Toute autre variation détériore la situation collective.
Les biens publics étant gratuits, leur prix est toujours inférieur au « prix juste ». Leur gratuité n’est donc pas optimale pour la société. Des mesures doivent être prises pour rémunérer leurs fournisseurs, assurant ainsi leur viabilité et augmentant le bénéfice global.
Importance des biens publics pour Web3
Web3 redéfinit Internet et les actifs numériques. Les blockchains publiques, contrats intelligents, etc., possèdent naturellement les traits des biens publics. On peut dire que ces biens ne fournissent pas seulement une base technique à Web3, mais lui confèrent aussi une profonde dimension humaine et technologique.
1. Les biens publics assurent la déconfiance
La confiance a toujours été une ressource rare, surtout à l’ère numérique. Dans Web2, les transactions exigent une relation de confiance préalable, souvent coûteuse. En revanche, dans Web3, les biens publics comme les blockchains ou contrats intelligents reposent sur une technologie transparente et immuable : chaque transaction ou exécution est enregistrée et vérifiable par tous. Le besoin de confiance initiale disparaît — c’est la « déconfiance », un des grands apports de la blockchain. Cette transparence et incorruptibilité favorise le développement des biens publics dans Web3.
2. Les biens publics permettent l’accès libre (permissionless)
Dans Web2, l’accès aux ressources et services est souvent restreint. Dans Web3, les biens publics garantissent un accès égal pour tous. D’un côté, les contrats intelligents décentralisent le pouvoir d’approbation, renforçant la sécurité. De l’autre, l’accès libre permet à chacun de participer à l’écosystème, assurant ouverture et inclusion, stimulant ainsi son développement.
3. Complexité des biens publics
Au-delà de ces avantages, l’écosystème des biens publics Web3 présente une complexité inédite, liée à la fois aux technologies et aux principes de décentralisation, d’ouverture et de globalisation. Elle se manifeste notamment par :
(1) Interconversion des biens : Tokens, contrats intelligents, DAO, DApps peuvent s’interconnecter et s’appeler mutuellement, appartenant tous au domaine des biens publics. Cette interconvertibilité apporte flexibilité et opportunités, mais aussi des risques et défis complexes.
(2) Décentralisation imparfaite : bien que la décentralisation soit un principe fondateur de Web3, dans la pratique, de nombreux projets sont multi-centrés plutôt que pleinement décentralisés. Cette imperfection offre flexibilité, mais complique la coordination des ressources — un défi, mais aussi une source d’attrait.
(3) Diversité et interopérabilité : la multiplicité des blockchains, DApps et Tokens enrichit l’écosystème, mais pose des défis d’interopérabilité. Assurer une interaction fluide entre biens publics, éviter les silos et la fragmentation, est un enjeu majeur.
4. Monétisation des biens publics (courbe revenu-mal)
La courbe revenu-mal, proposée par Vitalik Buterin (2022), est un outil d’analyse des stratégies de monétisation et de commercialisation des biens publics.
Comme défini précédemment, les biens publics génèrent des externalités positives non rémunérées. Leur monétisation consiste donc à réduire cette externalité positive, en facturant une forme d’accès.
Cela bénéficie au propriétaire, mais diminue le bénéfice global de la société. Le degré auquel cet enrichissement personnel nuit à l’intérêt collectif est appelé « degré de mal ». Cette courbe offre un nouveau critère d’évaluation des biens publics, particulièrement adapté à Web3. La figure 3 montre la courbe revenu-mal pour les six cas précédents.

L’axe vertical « Evil » représente le degré de mal. Bien que ce degré mesure la tendance à l’enrichissement personnel, les bénéfices réels varient selon la nature des biens. Analysons :
Alice : plus le prix est élevé, moins il y a d’acheteurs. Le revenu maximal est atteint au degré de mal le plus faible, c’est-à-dire au prix du marché.
Bob : le point de mal minimal correspond au prix du marché. Vendre trop bas réduit ses revenus et empêche les acheteurs urgents d’obtenir un billet, s’éloignant de l’optimum de Pareto. Vendre cher éloigne aussi de cet optimum, avec une courbe de mal quasi superlinéaire en fin de course.
Charlie : si le pont est fluide, tout péage nuit à la société, et plus le mal augmente, plus Charlie gagne. Si le pont est congestionné, un péage modéré peut alléger le trafic, mais un tarif trop haut ou bas réduit le bénéfice global. Sa courbe ressemble donc à celle de Bob.
David et Eve : facturer réduit le bénéfice social et augmente le leur, proportionnellement. Mais David ne peut que diffuser des publicités, dont le coût n’est pas intégralement transféré aux auditeurs, tandis qu’Eve peut imposer un paiement direct, rendant sa musique plus coûteuse. Sa courbe est donc plus pentue.
Fred : pour monétiser, il doit vendre son brevet ou organiser une vente aux enchères, transformant un bien open source en monopole privé. Cela génère une forte externalité négative pour la société, d’où une courbe revenu-mal très abrupte.
Un bien produit des externalités positives et plus de bénéfice social quand son propriétaire renonce à sa monétisation, le mettant à disposition gratuitement. Ainsi, les biens dont le revenu croît avec le degré de mal peuvent être considérés comme des biens publics. Parmi les six exemples, les ponts fluides, les podcasts, les chansons et l’algorithme ZK sont donc des biens publics.
Dans Web3, la monétisation des biens publics est facilitée par les Tokens. D’un côté, elle soumet leur prix au marché plutôt qu’à leur valeur sociale intrinsèque, risquant de fausser leur essence. De l’autre, un degré de mal trop faible limite leur développement, tandis qu’un degré trop élevé nuit à l’écosystème — un dilemme nécessitant une intervention extérieure. Il est donc crucial de trouver des moyens de financer les biens publics sans nuire à leur caractère public ni à leur valeur (ex. : subventions modérées).
Plus largement, la tokenisation des biens publics soulève la question complexe de la redistribution des revenus dans Web3. Les détenteurs de tokens et membres de la communauté sont tous des contributeurs clés. Comment répartir les revenus ? Créer un nouveau modèle de gouvernance pour assurer une distribution équitable et transparente est un défi central de l’écosystème Web3.
Redéfinition des biens publics Web3
Reprenons : le rapport de GCC détaille d’abord la définition classique des biens publics, puis propose une vision actualisée, avant d’appliquer la courbe revenu-mal de Vitalik. Il en tire ensuite une réflexion originale sur la notion de bien public dans Web3, aidant à identifier les projets à financer. Trois angles d’analyse sont proposés :
1. Excluabilité et rivalité
Ces deux critères restent pertinents, mais une approche binaire donne trop peu de biens purement publics, rendant le financement difficile à cibler. Vitalik, via la courbe revenu-mal, classe ainsi les priorités de financement en quatre catégories :
(1) Biens totalement non-rivaux, dont la valeur ne peut être captée qu’en réduisant leur non-excluabilité (ex. : algorithmes ou codes open source) ;
(2) Biens totalement non-rivaux pouvant générer de la valeur sans perdre leur non-excluabilité (ex. : podcasts financés par publicité) ;
(3) Biens semi-rivaux qu’un financement peut aider à maintenir accessibles sans surtaxe (ex. : billets d’avion) ;
(4) Biens entièrement régulables par le marché, n’ayant pas besoin de financement, traités comme biens privés (ex. : jetons ETH).
2. Externalité positive
Dans Web3, de nombreux éléments — blockchains, contrats intelligents, oracles — génèrent des externalités positives. Leur usage payant bénéficie souvent à d’autres utilisateurs. Ces biens peuvent donc être considérés comme des biens publics au sens large.
3. Degré de décentralisation
La production et la gouvernance des biens publics doivent être décentralisées, sous peine de points uniques de défaillance ou de corruption, menaçant la sécurité du système et la valeur du bien pour la communauté.
En résumé, un bon bien public Web3 doit être non-exclusif, non-rival, générant une externalité positive, et idéalement doté d’un certain degré de décentralisation — critères essentiels pour tout projet ou actif Web3.
État actuel de l’écosystème Web3 des biens publics

(Schéma de l'écosystème des biens publics Web3 — Auteur : zhoumo d'Uncommons)
Face à la complexité des biens publics Web3, le rapport de GCC les classe en amont, centre et aval. L’amont inclut les infrastructures : blockchains, stockage, SDK et code associé. Le centre regroupe les middlewares et services. L’aval concerne les applications interactives avec les utilisateurs. Le rapport fournit une analyse très détaillée, que nous résumons ici dans un tableau (X indique les éléments non décrits dans le rapport).
1. Amont


2. Centre






3. Aval




Perspectives futures de l’écosystème des biens publics Web3
1. Les blockchains publiques comme fondations
Grâce à l’immuabilité et à la transparence des données, les blockchains réalisent la déconfiance. Les blockchains publiques, les tokens et les contrats intelligents posent les bases des DAO et de la gouvernance on-chain. De plus en plus d’acteurs reconnaissent l’importance du développement durable des biens publics, et de nombreuses fondations ou projets sont prêts à les financer. Cette tendance ne fera que s’accentuer.
2. Biens publics : nouveau modèle pour les produits Web3
Dans Web2, un produit se différencie par des barrières technologiques, de données ou de produit, visant un fort caractère exclusif et rival. En Web3, la logique est inversée : la force d’un produit vient de sa connexion forte avec les utilisateurs. Il doit donc être suffisamment non-exclusif et non-rival. Autrement dit, les biens publics open source engendreront de nouveaux modèles économiques Web3, centrés sur l’ouverture, non la fermeture.
3. Voies vers la durabilité des biens publics
Comme vu précédemment, les biens publics génèrent des externalités positives difficiles à monétiser, ce qui menace leur viabilité. Des sources externes de revenus ou de financement sont donc nécessaires. Voici quelques pistes possibles :
(1) Dons : méthode la plus répandue actuellement. Pour choisir les bénéficiaires, on peut utiliser la courbe revenu-mal : priorité aux biens dont la monétisation est difficile. Toutefois, les dons posent deux problèmes : absence de retour (risque de rupture de financement) et opacité dans l’usage des fonds (faible efficacité). Le mécanisme QF (Quadratic Funding) permet à la communauté de décider des allocations, mais ne règle pas la gestion post-financement. Les dons conviennent surtout aux projets débutants, en phase de démarrage.
(2) Revenus sécurisés par contrat (CSR) : CSR signifie Contract Secured Revenue (EIP6968[159]), qui divise les frais Gas en trois parts : frais brûlés (base réseau), récompenses aux validateurs, et récompenses aux développeurs de contrats. En rémunérant les développeurs, on les incite à contribuer aux biens publics, améliorant leur qualité et accessibilité. Le CSR s’applique aux biens publics sous forme de contrats intelligents.
(3) Utilisation des frais Gas des blockchains pour financer des biens publics : le CSR ne finance que les biens on-chain. Gitcoin expérimente une autre piste via le PGN (Public Goods Network), qui redistribue une partie des frais Gas aux biens publics hors chaîne. Adapté aux projets hors chaîne en phase de démarrage.
(4) Financement rétrospectif : proposé par Optimism, ce modèle finance un bien public après validation de sa valeur. Il évite les mauvais investissements et améliore l’efficacité, mais ne résout pas le problème initial de financement, ni celui de la mesure objective de la « valeur ». Convient aux biens déjà utiles à l’écosystème.
(5) Modèle DAO + Token : utilise les technologies fondatrices de Web3 — contrats intelligents et tokens. Un bien public mature peut lancer un IDO pour lever des fonds, permettre aux détenteurs de tokens de participer à une gouvernance transparente, orienter son développement et partager ses bénéfices. Ce modèle convient aux biens publics matures et offre la plus grande autonomie financière et durabilité interne.
4. Défis persistants
Plusieurs obstacles freinent la durabilité des biens publics :
(1) Faible sensibilisation et attention du public ;
(2) Processus de gouvernance peu clair ou opaque ;
(3) Manque d’impact de nombreux biens publics, rendant les dons insuffisants ;
(4) Faible efficacité dans l’utilisation des fonds ;
(5) Difficulté à quantifier l’impact des biens publics.
Outre ces points, de nombreux autres défis subsistent. Pourtant, l’impact positif des biens publics sur l’écosystème Web3 est immense. Leur durabilité est une voie prometteuse. La logique fondamentale de Web3 offre des mécanismes adaptés et des sources de financement abondantes. De nombreuses solutions innovantes émergent pour relever ces défis, et la combinaison de contrats intelligents et de tokens ouvre de nouvelles perspectives encourageantes.
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