
Le fondateur de Gitcoin parle des près de 30 mécanismes visant à coordonner l'intelligence collective
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Le fondateur de Gitcoin parle des près de 30 mécanismes visant à coordonner l'intelligence collective
Lorsque vous pouvez bénéficier d'une meilleure intelligence collective, vous parvenez à une meilleure allocation des ressources collectives.
Conférence : Le fondateur de Gitcoin parle des près de 30 mécanismes permettant de coordonner l'intelligence collective
Traduction : Yu Xing
Dans l'épisode 65 du podcast GreenPill, Griff Green de Giveth et Kevin Owocki, fondateur de Gitcoin, discutent d'une trentaine de mécanismes différents destinés à coordonner l’intelligence collective afin d’optimiser l’allocation des ressources collectives. Ce texte reprend les points clés de leur conversation.

Le diagramme des mécanismes de coordination a été initialement publié par Kevin Owocki sur Twitter, inspiré d'Octavian
Lorsque vous parvenez à obtenir une meilleure intelligence collective, vous pouvez réaliser une meilleure allocation des ressources collectives. C’est particulièrement puissant lorsque vous cherchez à financer des biens communs et à construire un système financier régénératif. – Kevin Owocki
Commençons par quelques exemples classiques de mécanismes :
Dîme (Tithing) —
La dîme – pratiquée depuis longtemps dans les contextes religieux, elle consiste historiquement à donner une partie de ses revenus à l’église ou à des organisations à but non lucratif. Simple à comprendre et à mettre en œuvre, son principal défaut est l’absence de retour d’information : les donateurs ignorent ce que deviennent leurs fonds. Sans mécanisme d’exécution ni contre-pouvoir, son efficacité dépend fortement d’une forte motivation culturelle continue.
Impôts (Taxes) —
Les impôts – une forme « obligatoire » de dîme, où une part de vos revenus doit être versée au gouvernement. Le problème réside dans le risque de corruption lié au pouvoir centralisé, qui décide de l’affectation des fonds de manière hiérarchique. La seule voie de retour est le vote, un processus lent, mais qu’il faut reconnaître comme la meilleure méthode actuelle pour financer les biens publics.
Vote (Voting) —
Le vote – existe sous plusieurs formes, généralement basé sur la règle de la majorité, comme dans les démocraties représentatives. Une autre variante est le vote par consensus, nécessitant un accord quasi-unanime pour avancer.
Les impôts sont un mécanisme de collecte de fonds, tandis que le vote est un mécanisme d’allocation. De nombreux systèmes puissants existent pour lever des fonds publics, mais les mécanismes d’allocation semblent moins efficaces. Le vote peut être corrompu par l’argent. Et si on essayait plutôt le « marché » comme mécanisme d’allocation ?
Et si un marché permettait d’échanger des « rivières propres » ? Cela créerait une concurrence entre entreprises sur ce nouveau marché. Collectivement, nous pourrions utiliser les lois de l’offre et de la demande pour choisir les biens publics souhaités et récompenser ceux qui créent de la valeur.
Marchés (Markets) —
Les marchés – souvent considérés comme le meilleur moyen d’allocation des ressources, mais peu adaptés aux biens collectifs. Les marchés visent à maximiser les profits et ne servent que ceux qui peuvent payer, ce qui fonctionne seulement pour les biens très exclusifs. L’échec du marché face aux biens publics est évident. Pourtant, les marchés sont un mécanisme décentralisé d’intelligence collective : tout bien demandé par les consommateurs et payé sera produit, stimulant ainsi l’innovation.
« Ce qu’il y a de plus génial avec les marchés, c’est qu’ils sont gagnant-gagnant. Personne ne perd. Si vous créez de la valeur, vous gagnez, ce qui est incroyable. Le vrai problème, c’est que les biens communs n’ont pas de marché pour s’autoréguler. » – Griff Green
Mécanismes basés sur le web (Web-based Mechanisms)
Alors que nous passons de l’ère industrielle à l’ère de l’information, nous avons désormais la possibilité de concevoir des mécanismes de gouvernance plus efficaces, capables d’atteindre l’échelle financière des marchés tout en conservant la légitimité et l’intérêt général apportés par les impôts et la coordination. Cela permettrait une véritable démocratisation économique : chaque fois qu’un besoin clair pour un bien public émerge, l’intelligence collective pourrait y affecter des fonds.
Voici les 27 mécanismes discutés par Griff et Owocki – tous présentant certaines limites.
Financement quadratique (Quadratic Funding) —
Créé par Glen Weyl (Microsoft) et Vitalik Buterin (fondateur d’Ethereum), ce mécanisme utilise un fonds centralisé pour allouer des fonds selon le niveau de soutien populaire, et non selon le montant investi. Contrairement au modèle 1:1, qui reflète uniquement les préférences des riches, le financement quadratique se base sur le nombre de contributeurs plutôt que sur le montant des dons, réduisant ainsi l’influence des gros donateurs et favorisant une approche plus démocratique.
Exemple : vous lancez une campagne et récoltez 100 dollars auprès de 100 donateurs. Moi, je récolte aussi 100 dollars, mais d’un seul donateur. Bien que les deux campagnes aient reçu le même montant, vous obtenez 99 % du fonds de correspondance. Ce mécanisme favorise les projets soutenus par « les petits et nombreux ». Même un don d’un dollar compte comme expression de volonté collective, orientant l’allocation des fonds publics.
Problème : vulnérable aux attaques Sybil et nécessite un fonds public à mobiliser.
Vote par conviction (Conviction Voting) —
Ce mécanisme, similaire au financement quadratique, atténue également l’oligarchie. Il repose sur le blocage de jetons pour soutenir une proposition, pouvant être retiré ou réaffecté à tout moment. Le poids du vote augmente avec la durée du blocage. Une fois le seuil atteint, la proposition est adoptée.
Avoir plus de jetons donne plus de poids, mais même avec peu, on peut faire avancer une grande proposition – il faut juste plus de temps. Dans un ensemble de propositions concurrentes, on peut répartir ses jetons selon ses préférences. Inspiré par Michael Zargham et mis en œuvre par 1Hive, ce système excelle quand il y a beaucoup de propositions et un budget défini, permettant une allocation précise des fonds souhaités par la communauté.
Inconvénient : nécessite une concurrence active entre propositions, sinon toute proposition passe facilement. Avantage : les opinions minoritaires peuvent vraiment aboutir.
Financement rétroactif des biens publics (Retroactive Public Goods Funding) —
Inspiré par Karl Floersch et mis en œuvre sur Optimism. Un comité d’experts reçoit les revenus du réseau Optimism et redistribue les fonds aux acteurs ayant apporté de la valeur à l’écosystème.
Avantage : davantage de talents peuvent développer des biens publics en anticipant un futur financement, tandis que les financeurs n’ont plus à mesurer ex ante l’impact.
Biens de réseau (Network Goods) —
Les biens privés sont rivaux : par exemple, un iPhone, qu’on ne possède que si on peut l’acheter. Les biens publics sont non rivaux : comme l’air, accessible à tous indépendamment de leurs moyens. Les biens de réseau augmentent de valeur à mesure qu’ils sont consommés par plus de monde, comme les logiciels open source. Plus une œuvre NFT attire d’attention, plus sa valeur augmente. En associant des œuvres NFT à des biens publics, on peut augmenter la valeur des NFT via la diffusion du bien public, réalisant ainsi un objectif de financement.
Altruisme efficace (Effective Altruism) —
L’altruisme efficace suit le principe de rentabilité : il vise à financer les groupes les plus efficaces, là où chaque dollar produit le plus d’impact.
Kevin : L’altruisme efficace repose sur l’idée que nous ne donnons pas vraiment pour avoir un impact, mais pour nous sentir mieux. En tant que philosophie, chacun l’applique différemment. Si nous classons les causes publiques selon une perspective utilitariste, comment savoir laquelle générera le plus grand bénéfice ?
Imaginons que je donne 5 dollars pour acheter 5 moustiquaires, sauvant potentiellement 100 personnes du paludisme pendant 5 à 10 ans. Avec le même montant, un autre projet ne sauverait que 2 personnes. En priorisant ainsi les financements, nous pouvons diriger notre argent vers les initiatives les plus efficaces – une idée fascinante.
Limite : ce modèle peine à identifier les projets dont l’efficacité n’est pas encore prouvée, notamment ceux portant sur le futur. Il fonctionne mieux à grande échelle, produisant des effets cumulatifs.
Griff : Le problème de l’altruisme efficace ? Quantifier l’impact est difficile. L’impact est essentiellement qualitatif, mais nous tentons de le mesurer. Certaines valeurs sont inquantifiables : combien vaut un coucher de soleil ? Tout cela relève de vecteurs monétaires. Un dilemme éthique direct est celui du tramway : comment quantifier la valeur d’une vie humaine ?
Hypercerts —
Owocki collabore actuellement avec Protocol Labs sur ce mécanisme. Le principe : si j’absorbe 10 tonnes de carbone dans l’atmosphère, j’obtiens un certificat. Ce certificat peut avoir de la valeur sur un marché, car quelqu’un d’autre pourrait alors émettre 10 tonnes supplémentaires.
Les Hypercerts peuvent étendre cette preuve de contribution à tout type d’impact positif : j’ai sauvé 10 personnes, ramassé 10 tonnes de déchets, aidé 10 mamies à traverser… Chaque action positive peut générer un Hypercert. On peut alors créer un marché d’évaluateurs d’impact, attirant ceux qui veulent collectionner des Hypercerts pour afficher leurs vertus. Web3 rend possible une « preuve de vertu » concrète.
Nous lançons un marché tripartite : tout DAO créant un impact positif peut émettre des Hypercerts, des évaluateurs peuvent les certifier, et des personnes concernées peuvent les acheter.
La valeur globale ? Les DAO d’impact peuvent passer d’une préoccupation sur la mesure de leur influence à une focalisation sur la création d’impact. Cela change radicalement leurs incitations, leur permettant de bâtir des modèles économiques attractifs, attirant ainsi plus de capitaux et de talents.
En outre, cela résout un problème soulevé par l’altruisme efficace : en créant un marché décentralisé régulé par l’intelligence collective, où l’on peut émettre, évaluer et acheter des Hypercerts, on dispose d’une source décentralisée de données sur l’impact, capable de détecter les effets futurs en cours d’émergence.
Pourquoi ces mécanismes n’ont-ils pas fonctionné auparavant ? Les marchés d’impact existaient déjà avant les NFT, rien de nouveau. Mais pourquoi n’en parlait-on pas ?
Un grand livre mondial, transparent, programmable et immuable est la clé. Par exemple, pour le carbone, l’impact circule dans un système global, mais auparavant, il manquait une base de consensus. J’ai appris une chose avec le carbone : exercer une pression d’achat est extrêmement difficile. Le carbone n’est qu’un sous-ensemble de l’application massive des Hypercerts. Actuellement, 99 % des quotas viennent de régulations gouvernementales. Dans un marché décentralisé, comment créer cette pression ? Vitalik devrait-il tweeter ? Ou imposer un nombre minimum d’Hypercerts pour recevoir un financement ? Pour une adoption massive, la force sociale et culturelle semble la plus probable : rendre la collection d’Hypercerts tendance. C’est envisageable. En attendant, nous pouvons construire un marché, un jeu de dons.
Courbe de liaison améliorée (Augmented Bonding Curve - ABC) —
Une courbe de liaison est un contrat intelligent servant à lancer un marché : il frappe des jetons contre des actifs réservés. Quand on ajoute des actifs, il frappe des jetons ; inversement, il brûle des jetons pour libérer la garantie. Le prix du jeton monte à chaque frappe, baisse à chaque brûlure. Cela améliore la liquidité initiale, aidant à fixer le prix au démarrage.
Dans une courbe améliorée (ABC), une part des fonds versés pour frapper des jetons alimente un pool géré par les détenteurs de jetons, le reste servant à frapper les jetons.
Si quelqu’un détruit des jetons, une partie des fonds libérés va à la communauté. C’est un flux financier continu basé sur le marché : chaque transaction contribue à découvrir le prix de l’actif.
L’ABC inclut aussi un « Hatch » initial : avant le lancement, il collecte des fonds, dont une part frappe des jetons au même prix pour tous les participants, l’autre allant à la communauté.
Contrats d’assurance dominants (Dominant Assurance Contracts) —
Un contrat d’assurance est un engagement conditionnel : « Je veux financer ce projet, mais seulement si d’autres font de même. » Si l’objectif n’est pas atteint en x semaines, tous les fonds sont remboursés. Kickstarter fonctionne sur ce modèle.
Le contrat d’assurance dominant va plus loin : c’est un pari. Si l’objectif est atteint, le principal financeur récupère son argent plus un profit. Sinon, son argent est distribué aux autres contributeurs. C’est un jeu mêlant intérêt personnel, don et jugement. Ce modèle offre assez d’incitations pour que l’égoïsme et l’altruisme participent ensemble, favorisant ainsi le financement collectif des biens publics. Inspiré par Alex Tabarrok.
Minage de dons (Donation Mining) —
Giveth.io est une organisation communautaire visant à financer des ONG et causes sociales. GIVbacks est un mécanisme de récompense pour donateurs : toutes les deux semaines, des jetons GIV (jetons de gouvernance) sont distribués aux donateurs de projets à impact vérifié. Ainsi, les donateurs renforcent leur influence au sein de l’organisation tout en espérant valoriser le jeton GIV via l’effet réseau. Outre GIVbacks, on peut participer à GIVpower : en bloquant des jetons GIV, on augmente la visibilité d’un projet et obtient des récompenses de minage.
Comparaison par paires (Pairwise, anciennement Budget Box) —
Cet outil provient de l’écosystème Colony (2018). La comparaison par paires présente deux options à l’écran, et vous choisissez celle que vous préférez. À la fin, vous obtenez une liste ordonnée selon vos préférences. Ces classements individuels peuvent être agrégés pour former une liste commune, utilisée pour allouer un budget.
Filtrage collaboratif : vous êtes associé à d’autres utilisateurs aux préférences similaires. Avec suffisamment de profils, on peut prédire vos goûts sans vous soumettre à des choix complexes.
De plus, le vote devrait fondamentalement être une agrégation de signaux. Imaginez posséder un serveur personnel, avec un bot d’IA entraîné sur tout votre contenu en ligne (voire vos messages privés) pour voter en votre nom. Vous n’auriez plus qu’à vérifier occasionnellement son efficacité. Ce serait formidable.
Futurarchie (Futarchy) —
Créée par Robin Hanson, la futurarchie est un mécanisme par pari : vous pariez sur l’impact futur d’une proposition. Si elle produit bien l’effet annoncé, vous êtes récompensé ; sinon, vous perdez votre mise. Cela intègre dans le vote une anticipation des effets économiques ou sociaux d’une politique. En introduisant les électeurs dans un marché prédictif, on filtre les politiques susceptibles d’améliorer le bien-être national. Cela exploite la puissance du marché, mais comporte un danger : dès qu’un indicateur devient une cible, il cesse d’être un bon indicateur.
Stigmèrgie (Stigmergy) —
Mécanisme de coordination indirecte, ou plutôt caractéristique commune à tous les mécanismes de coordination. La stigmèrgie repose sur des traces d’actions passées qui influencent les comportements futurs. Un agent laisse une trace dans l’environnement, stimulant d’autres agents à agir. C’est ainsi que les fourmis coordonnent leurs actions : elles laissent des traces chimiques qui guident les autres vers l’objectif.
Si vous construisez un réseau de confiance identifiant des personnes fiables, dont la crédibilité augmente avec leurs bonnes actions, alors chaque don sur Gitcoin devient une phéromone, incitant d’autres à donner. Ce mécanisme a une propriété auto-renforçante.
Éloges (Praise) —
Système de récompense/réputation pair-à-pair, ascendant. Les membres de la communauté s’adressent des éloges, alimentant un fonds de récompense. Les éloges sont automatiquement enregistrés. Toutes les deux semaines, un groupe de « quantificateurs » évalue la valeur de chaque éloge. En fonction de cela, les personnes louées reçoivent des jetons, liés à chaque éloge. La motivation vient de la gratitude, de l’enthousiasme, de la positivité… Ces données riches peuvent motiver les contributions et informer la communauté sur les acteurs clés. En se votant mutuellement, on indique qui a de la valeur, qui en crée – un modèle de réseau de confiance. Maintenant, on peut y adosser des jetons. C’est encore plus fort.
Dans Regen web3, nous connectons le capital financier à d’autres formes de capital (social, culturel), tout en mettant les services financiers au service de ces autres capitaux. Inspiré par Gregory Randleau et sa théorie des 8 formes de capital.
Démurrage —
Le démurrage ressemble à l’inverse de l’inflation (augmentation de la masse monétaire réduisant la valeur unitaire), mais le but est similaire : la monnaie se déprécie dans le temps. Si vous détenez 1 unité monétaire, elle devient progressivement 0,99, puis 0,98… Les 0,01 perdus alimentent un fonds collectif. Ce mécanisme encourage la circulation de la monnaie, s’inspirant des actifs périssables comme le riz ou la farine, qui se détériorent. Autrefois, les églises émettaient des timbres indiquant la détérioration du riz, symbolisant la perte de valeur. Le terme vient du transport maritime (« délai », en ancien français), désignant le dommage causé par le retard de déchargement. C’est un « dommage-intérêt ». Certains exemples de monnaies à démurrage ont eu un relatif succès, mais comparé à l’inflation, le résultat est similaire – bien que l’expérience utilisateur soit meilleure. Le démurrage ressemble à une taxe forcée.
Inverseur de proposition (Proposal Inverter) —
Né de recherches sur la coordination entre DAOs. Traditionnellement, une proposition s’adresse à un seul DAO. L’inverseur agit comme un intermédiaire : une proposition peut maintenant solliciter plusieurs financeurs ou DAOs simultanément. Si une proposition résout des problèmes pour plusieurs DAOs, ils peuvent co-financer, les fonds étant collectés et distribués selon des jalons prédéfinis.
Prop House —
Créé par Nouns DAO, ce mécanisme consiste à lever des fonds au sein de la communauté. Pendant ces levées, les contributeurs proposent des idées. À chaque tour, un certain montant de fonds est disponible, distribué à un certain nombre de propositions gagnantes, choisies par vote des détenteurs de jetons communautaires.
Vote quadratique (Quadratic Voting) —
Dérivé du financement quadratique, ce mécanisme mesure non seulement les préférences, mais aussi leur intensité. Alternative au « un homme, une voix ». Vous recevez un certain nombre de points de vote, que vous pouvez répartir librement. Le poids attribué à une proposition est la racine carrée du nombre de points de vote que vous y consacrez. Ainsi, on voit non seulement les préférences des votants, mais aussi leur intensité. Cela évite que les voix les plus fortes (riches) dominent, laissant place au consensus large. Cela encourage aussi de voter pour plusieurs propositions plutôt que de tout miser sur une seule.
JokeRace —
Créé par JokeDAO, ce mécanisme est une forme de gouvernance ascendante sur chaîne. Vous racontez une blague sur le canal JokeDAO ; si elle est assez drôle, vous obtenez un financement, utilisable pour tout : tracer la feuille de route communautaire, générer des idées, récompenser des tâches… L’évaluation du « drôle » peut se faire par différents votes : 1 jeton = 1 voix, vote décroissant dans le temps, vote quadratique, etc. Le plus amusant : ils organisent chaque semaine une compétition de blagues décentralisée et distribuée.
Digression
Opportunité de 25 000 milliards de dollars —
Le domaine des biens publics est une affaire sérieuse ! Si nous pouvons améliorer le monde mieux que les gouvernements, nous pouvons rediriger les fonds gaspillés aujourd’hui par ceux-ci. Plus de 25 000 milliards de dollars sont dépensés annuellement en biens publics. En créant un système plus efficace et en capturant une petite fraction de la valeur créée, les entrepreneurs peuvent entrer dans ce domaine et innover. Nous pourrions même transformer des biens privés en biens publics : nourriture, eau, logement, besoins fondamentaux – et les intégrer au domaine des biens communs.
« Nous pouvons inventer des mécanismes de démocratie à plus haute résolution. Regen web3 est une mer bleue d’opportunités. » – Griff Green
Consensus holographique (Holographic Consensus) —
Technologie DAO originale proposée par DAOStack, le consensus holographique fusionne futurarchie et vote DAO classique. N’importe qui peut proposer une motion (très facile). Les détenteurs de jetons peuvent « parier » dessus (voter). En pariant, ils « amplifient » la proposition, lui donnant plus d’attention, voire accélérant le processus. Si la proposition passe, les parieurs gagnent des jetons (Griff dit « de l’argent »), les opposants perdent leur mise.
Ce mécanisme prend en compte l’économie de l’attention : tout le monde n’a pas le temps de suivre toutes les propositions. Mais si quelqu’un de votre entourage parie sur une proposition, cela agit comme un signal, vous incitant à la suivre. Très efficace quand il y a trop de propositions à surveiller.
Le consensus holographique allie extensibilité et résilience – deux qualités difficiles à combiner. Ici, les parieurs jouent un rôle de prédiction de marché.
Skeuomorphisme —
Catégorie de mécanismes, pas un mécanisme en soi. Le skeuomorphisme distingue les mécanismes « skeuomorphes » (imitant les anciens) des autres. Exemple : Google vs Yahoo dans la recherche d’information. Yahoo est skeuomorphe : il reprend le modèle traditionnel de catalogue de bibliothèque, avec thèmes et sous-thèmes, comme dans une vraie bibliothèque. Google est non skeuomorphe : une simple barre de recherche, offrant des résultats d’une manière inédite sur Internet.
« Les premières idées autour de la technologie blockchain consisteront simplement à transférer les méthodes et concepts existants. Les meilleurs mécanismes seront non skeuomorphes. » – Kevin Owocki
Tirage au sort (Sortition) —
Rarement utilisé dans la vie réelle (exception : jury citoyen). Le tirage au sort sélectionne aléatoirement quelques personnes parmi un sous-ensemble d’électeurs potentiels, leur laissant prendre des décisions. Comme une délégation, mais choisie aléatoirement parmi « les gens ordinaires ». Pourquoi n’est-ce pas courant dans les blockchains ? Pas encore tranché !
Aqueduc (Aqueduct) —
Dans un système d’irrigation, un aqueduc transporte l’eau d’un système à un autre. Si nous voulons construire un écosystème diversifié de financement des biens publics, à quoi ressemblerait un pont entre différents mécanismes ? Envoyer un aqueduc de votre DAO vers un autre, reliant les modules de financement. Un aqueduc pouvant connecter n’importe quel autre mécanisme dans l’écosystème. Comme Radicle Drips : vous programmez ici et là le pourcentage de vos revenus selon votre gouvernance. Un flux cyclique de jetons. Configurez-le et oubliez-le.
Exemple d’Owocki : le nouvel « aqueduc » de Gitcoin Grant 2. Un projet alloue un pourcentage de ses fonds gérés par DAO au pool de correspondance de Gitcoin Grant, qui lancera un tour de financement quadratique selon le calendrier de vesting du projet.
Le primitive de haut niveau ici est simplement le « streaming de monnaie (jetons) ».
Vote à choix classé (Ranked Choice Voting) —
Au lieu de choisir un seul représentant, vous soumettez une liste ordonnée (premier choix, deuxième, etc.). Le vote est compté d’une manière qui donne une chance aux candidats minoritaires, permettant aux électeurs d’exprimer leurs véritables préférences, sans avoir à voter stratégiquement pour le « moindre mal ». Élimine le problème du « vote utile » nuisant aux petits candidats. Très utile pour des élections à 4-8 candidats.
Staking / Slashing —
Sur Ethereum, le staking consiste à déposer 32 ETH pour activer un logiciel de validation et suivre les règles de consensus, en échange de petits intérêts. Si vous fournissez de fausses informations ou causez une bifurcation du consensus, votre mise peut être « slashée » : vous perdez votre dépôt. Être hors ligne plusieurs jours peut aussi entraîner une perte partielle. Ce système crée une incitation crypto-économique : le capital est en jeu, pouvant être misé, pénalisé ou augmenté via le protocole. C’est un lien entre capital et comportement protocolaire.
Inconvénient : nécessite du capital, donc une certaine oligarchie.
Preuve de travail (Proof-of-Work) —
Prédécesseur de la preuve d’enjeu, encore actif dans Bitcoin (malheureusement très énergivore). Utilisé dans plusieurs projets pour distribuer des ressources (« création monétaire ») en dehors du réseau Bitcoin. Griff cite CureCoin et FoldingCoin, qui récompensent la création monétaire via un PoW utile (pliage de protéines) pour trouver des traitements contre le cancer, Alzheimer, etc. Plus on plie de protéines, plus on reçoit de jetons.
Identité décentralisée (Decentralized Identity) —
Nous ne voulons pas d’identités numériques oligarchiques, de violations de vie privée ou de fuites d’identité. Nous voulons des identités numériques souveraines (sous réserve de protection). Une grande opportunité : construire des systèmes ne traitant pas les participants comme interchangeables. Nous pouvons adopter « une personne, une voix » (plus démocratique), « un jeton, une voix », ou un intermédiaire (comme le vote quadratique).
Pour construire un internet cryptographique régénératif, nous devons pouvoir jouer des jeux à somme positive et interagir de façon répétée : tu fais quelque chose qui m’aide, tu reçois un certificat, et vice versa. Cela construit une confiance basée sur des actions vérifiables – très intéressant. En accumulant continuellement une réputation positive, nous créons un cercle vertueux, augmentant la complexité des combinaisons possibles entre les mécanismes de coordination mentionnés ici, permettant de marquer finement des millions de micro-actions positives. Avec le temps, le système développe une gravité, créant un puits économique attirant davantage de participants. Boucle répétée jusqu’à un internet cryptographique régénératif.
Web3 Social —
Les applications sociales décentralisées sont excellentes : souveraineté, confidentialité, capacité d’exporter son graphe social d’un site à un autre. Construire l’effet réseau prend du temps. Une fois que nous aurons déplacé notre attention du Web2 social, en possédant notre propre graphe social, pouvant fork l’interface et reflétant sur le graphe nos cercles d’influence, nous deviendrons un centre parmi d’autres dans une coordination collective multilatérale – l’un des avenirs possibles des mécanismes de coordination collective.
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