
48 pays s'engagent à mettre en œuvre le CARF : positions des parties prenantes et futur cadre de transparence pour la taxation des cryptomonnaies
TechFlow SélectionTechFlow Sélection

48 pays s'engagent à mettre en œuvre le CARF : positions des parties prenantes et futur cadre de transparence pour la taxation des cryptomonnaies
Pour mettre en œuvre le Cadre de déclaration des actifs cryptographiques (CARF) à l'échelle mondiale d'ici 2027, un soutien fort de toutes les parties prenantes est nécessaire.
Rédaction : TaxDAO
Le 10 novembre, 48 pays, dont les États-Unis, le Canada, l'Allemagne et le Japon, se sont engagés à lutter contre l'évasion fiscale liée aux actifs cryptographiques via le Cadre de déclaration des actifs cryptographiques (CARF), avec une mise en œuvre prévue d'ici 2027. Pour que ce cadre soit effectif à l’échelle mondiale en 2027, un soutien fort de toutes les parties prenantes sera essentiel.
Impact à court terme de la mise en œuvre du CARF
Le CARF est apparu face aux défis fiscaux posés par la croissance rapide des marchés d’actifs cryptographiques, ainsi qu’à l’intérêt croissant des gouvernements pour la coopération fiscale dans ce domaine. Il vise à établir une base permettant l’échange automatique d’informations entre autorités fiscales et plateformes de cryptomonnaies, représentant ainsi un effort conjoint des États signataires pour renforcer la conformité fiscale et combattre l’évasion fiscale dans un marché en pleine expansion.
En favorisant la coopération et l’échange d’informations, le CARF constitue une étape importante vers la transparence financière et la lutte contre l’évasion fiscale à l’échelle mondiale. Les détails pratiques de sa mise en œuvre ont été discutés lors de la 16e réunion plénière du Forum global qui s’est tenue à Lisbonne, au Portugal, du 29 novembre au 1er décembre 2023. En réponse à l’appel du G20 pour une mise en œuvre large du Cadre de déclaration des actifs cryptographiques (CARF) et à la demande de révision des normes AEOI, le Forum global a créé un nouveau groupe volontaire : le groupe CARF. Compte tenu de la maturité croissante des normes EOIR et AEOI, le Forum global a également convenu d’ajuster ses processus d’évaluation par les pairs et de suivi afin d’améliorer sa capacité à servir ses membres à l’avenir.
Il convient de noter que cette initiative inclut les 38 États membres de l’OCDE, ainsi que des territoires britanniques d’outre-mer traditionnellement considérés comme des paradis fiscaux offshore, tels que les îles Caïmans et Gibraltar. Toutefois, l’absence de grands marchés comme la Chine, Hong Kong, les Émirats arabes unis, la Russie, la Turquie ou l’Inde, la quasi-absence des pays africains (à l’exception de l’Afrique du Sud), et la participation limitée à seulement deux pays d’Amérique latine (le Chili et le Brésil), affaiblissent l’impact global du CARF. Le chemin vers un cadre mondial de transparence fiscale pour les actifs cryptographiques reste donc encore long.
Les positions des différentes parties prenantes
Les pays ayant promis de mettre en œuvre le CARF ne partagent pas tous une même position. La Grande-Bretagne, puissance financière historique, affiche une opinion favorable : le Trésor britannique avait estimé auparavant que l’évasion fiscale liée aux cryptomonnaies pouvait atteindre entre 55 % et 95 %. Selon Londres, la participation au CARF crée un environnement international propice à une régulation équilibrée de la fiscalité cryptographique. En revanche, les pays du Sud adoptent des positions mitigées. Parmi les soutiens, le ministre chilien des Finances a souligné que le CARF contribuerait à maintenir un niveau élevé de transparence budgétaire mondiale, tandis que le responsable des audits a indiqué que cet échange automatisé d’informations accélérerait et améliorerait l’efficacité des audits, tout en insistant sur la nécessité d’une gestion appropriée et d’une protection des données des consommateurs financiers. L’Afrique du Sud est le seul pays africain à avoir rejoint le CARF ; ses responsables affirment que cet accord permettra au pays de suivre le rythme effréné de l’évolution du marché des actifs cryptographiques.
Certains pays n’ont pas non plus trouvé un consensus interne sur la mise en œuvre du CARF. C’est le cas du Brésil, qui bien que signataire, connaît depuis peu de vives controverses au Congrès. Les opposants arguent que l’application du CARF nuirait à l’efficacité des procédures fiscales et entraînerait une hausse significative des coûts administratifs.
La mise en œuvre du CARF reflète clairement la volonté des gouvernements d’accroître leur accès à l’information et de renforcer leur contrôle sur les mouvements d’actifs cryptographiques. Toutefois, les divergences d’opinions entre pays illustrent des visions différentes. Certains commentateurs font remarquer que les règles du CARF devront être intégrées dans les législations fiscales nationales. De nombreuses entreprises devront adapter leurs procédures de conformité fiscale, ce qui pourrait temporairement augmenter leurs coûts opérationnels. Ces coûts supplémentaires pourraient ensuite être reportés sur les fournisseurs ou facturés aux consommateurs.
L’entrée en vigueur du CARF aura également des répercussions sur les plateformes d’échange et les investisseurs. Concernant les plateformes, le CARF les oblige à déclarer les transactions en cryptomonnaies. Par ailleurs, durant les marchés haussiers, des dizaines de milliards de dollars migrent du système financier traditionnel vers les plateformes de cryptomonnaies. Les institutions financières classiques cherchent à enrayer cette fuite de capitaux : certaines banques ont commencé dès 2021 à proposer leurs propres services internes d’échange de cryptomonnaies. Or, curieusement, ces institutions financières traditionnelles ne sont pas soumises aux normes CARF.
Exiger des plateformes qu’elles traquent les transactions en cryptomonnaies risque aussi d’affecter le développement des bourses centralisées, ce qui pourrait profiter aux alternatives décentralisées telles que les DEX.
Le CARF affectera également les investisseurs individuels : l’obligation faite aux plateformes de rapporter les transactions se traduira directement par une collecte d’informations fiscales utilisées par les États pour imposer les détenteurs finaux d’actifs cryptographiques.
Vers un futur cadre de transparence fiscale pour les cryptomonnaies
Bien que le CARF représente un effort international important vers une normalisation de la fiscalité cryptographique, il ne s’agit pas du seul accord en cours de développement. D’autres initiatives internationales visant à échanger des informations fiscales sur les cryptomonnaies sont également en progression.
En octobre dernier, le Conseil de l’Union européenne a officiellement adopté le DAC8. Ce dispositif impose aux administrations fiscales compétentes de surveiller et d’évaluer chaque transaction en cryptomonnaie réalisée au sein de l’un des États membres. Une analyse de Coinbase précise que les dispositions fiscales du DAC8 complètent les règles anti-blanchiment du cadre MiCA. Le DAC8 exige que tous les prestataires de services d’actifs numériques situés dans l’UE déclarent les transactions de leurs clients européens, afin de lutter contre le blanchiment d’argent et l’évasion fiscale. En sus des actifs cryptographiques, le DAC8 s’applique également aux institutions financières émettant des monnaies numériques de banque centrale (CBDC).
En tant que cadres réglementaires internationaux, ni le CARF ni le DAC8 ne produisent d’effet automatique : leur application dépend de la transposition dans les législations nationales respectives. Selon les précédents, le DAC8 devrait être mis en œuvre rapidement au sein de l’UE, alors que la généralisation du CARF prendra probablement davantage de temps. La convergence progressive entre CARF et DAC8 illustre les efforts coordonnés à l’échelle mondiale en matière de régulation fiscale des cryptomonnaies.
Bienvenue dans la communauté officielle TechFlow
Groupe Telegram :https://t.me/TechFlowDaily
Compte Twitter officiel :https://x.com/TechFlowPost
Compte Twitter anglais :https://x.com/BlockFlow_News










