
Pourquoi la décentralisation des séquenceurs L2 stagne-t-elle ?
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Pourquoi la décentralisation des séquenceurs L2 stagne-t-elle ?
La logique technique de la décentralisation du classement n'est pas difficile ; ce qui est difficile, c'est la « délégation de pouvoir ».
Rédaction : Haotian
Comme mentionné dans plusieurs articles précédents, tant OP-Rollup que ZK-Rollup stagnent sur la question du Séquenceur décentralisé. Cela signifie-t-il que la décentralisation du Séquenceur est une impasse totale ?
Partant de cette interrogation, j’ai étudié @MetisDAO, un projet Layer2 affirmant avoir construit le premier séquenceur décentralisé. Il apparaît que la logique technique derrière la décentralisation du Séquenceur n’est pas si complexe ; ce qui est difficile, c’est la « délégation du pouvoir ».
Les solutions de Séquenceur adoptant une approche de consensus technique « dur-distribué » ou un consensus social « doux-distribué » semblent toutes deux cohérentes, mais mènent à des issues radicalement différentes ! Pourquoi ?
Sur Ethereum, les utilisateurs soumettent leurs transactions au Mempool, où elles sont collectées par des Searchers puis diffusées, avant d’être ordonnées selon le prix du gaz et intégrées dans un bloc par les mineurs (Builders). Cela implique que vos transactions peuvent être victimes de MEV, doivent respecter l'ordre du nonce, et que les frais payés correspondent aux coûts d'exécution requis par l'EVM. Résultat : envoyer une transaction sur la chaîne principale est cher, lent, et expose fortement au risque de sandwich attacks.
Par analogie, le Séquenceur d’un Layer2 constitue une sorte de Mempool fermé : l’utilisateur envoie sa transaction au Séquenceur, qui s’occupe de l’ordonnancement et regroupe ensuite les transactions par lots (batch) avant de les soumettre à la chaîne principale. Ainsi, l’ordre des transactions sur Layer2 dépend entièrement du Séquenceur, sans mécanisme de nonce, et les frais payés représentent simplement une répartition des coûts pour l’ensemble du batch.
En théorie, après réception d’une transaction, le Séquenceur devrait appliquer un tri équitable basé sur le nonce, l’heure de réception, le prix du gaz ou un algorithme aléatoire. Toutefois, étant donné que le Séquenceur détient un pouvoir considérable, on peut légitimement se demander s’il pourrait pratiquer le MEV ou insérer des transactions malveillantes.
Actuellement, la solution dominante sur le marché Rollup repose sur une hypothèse « optimiste » : bien que le Séquenceur soit centralisé, il serait digne de confiance.
D’un côté, le Séquenceur étant un composant fondamental du Layer2, une architecture distribuée dès le départ comporterait des risques de dysfonctionnement susceptibles d’altérer l’expérience utilisateur. La plupart des projets préfèrent donc une gestion centralisée initiale afin d’assurer sécurité et stabilité.
De l’autre côté, une fois qu’un projet atteint une certaine maturité et traite un volume important de transactions, son Séquenceur acquiert un pouvoir considérable — contrôlant non seulement la tarification des frais mais aussi générant directement des revenus. À ce stade, le marché étant déjà substantiel, peu ont intérêt à abandonner ce pouvoir via une décentralisation effective. Voilà pourquoi les quatre grands leaders du Layer2 progressent lentement sur la voie de la décentralisation de leur Séquenceur.
Cependant, tous ont adopté stratégiquement une architecture « Stack ». Il s’agit d’ouvrir le code source principal tout en partageant progressivement les composants clés, une stratégie visant à mutualiser les technologies essentielles.
En rendant le Séquenceur principal accessible et collaboratif, ils créent une architecture Superchain composée de multiples chaînes, gérées collectivement via des mécanismes comme la signature multiparti (MPC), des votes de gouvernance, etc., instaurant ainsi un consensus social de « transparence et dispersion ». Un peu comme si un chef de bande nommait ses lieutenants, mais gardait toujours le dernier mot sur les décisions cruciales, non ?
Ce type de solution « douce-distribuée » convient à long terme, lorsque le marché est suffisamment mature, que la confiance envers l’entité centrale est absolue, et que les tensions liées à la confiance (malveillance, contestations) sont devenues secondaires — comme c’est le cas avec OP Stack.
Qu’en est-il alors de la solution de Séquenceur décentralisé proposée par @MetisDAO ?
En résumé, il s’agit d’une approche « dur-distribuée », reposant sur la création de nœuds Séquenceurs distribués.
Plusieurs nœuds Séquenceurs forment un pool de séquençage. Seuls ceux ayant misé 20 000 jetons Metis obtiennent le droit de produire des blocs. Les utilisateurs peuvent également choisir un nœud spécifique pour y staker leurs jetons. Ainsi, les Séquenceurs sont récompensés sous forme de jetons lors de la production de blocs, tandis que les participants au staking partagent une partie des récompenses.
Par ailleurs, pour prévenir toute malversation du Séquenceur, Metis introduit les L2 Rangers, chargés d’échantillonner les blocs et de les vérifier en comparant leurs racines d’état initiales. Ils s’assurent notamment que l’ordre des transactions n’a pas été modifié ou qu’aucune transaction malveillante n’a été insérée. Ce processus de vérification est lui-même rémunéré. En cas de comportement malhonnête détecté, les actifs misés par le Séquenceur fautif sont slashés, et une partie de ces fonds est redistribuée aux nœuds vérificateurs.
Afin d’obtenir des récompenses, les Séquenceurs rejoignent la file d’attente PoS, tandis que les Vérificateurs intensifient leurs activités d’échantillonnage. Grâce à ce modèle incitatif combiné à des sanctions, un système de Séquenceur décentralisé fonctionnel est mis en place.
Cette architecture « dur-distribuée », avec des Séquenceurs gérés par plusieurs entités et dotée d’un mécanisme transparent de récompenses et pénalités, constitue une méthode efficace pour limiter les pouvoirs individuels et garantir un ordonnancement équitable.
Pour conclure,
la distribution « douce » et la distribution « dure » sont toutes deux des stratégies.
Le framework Stack convient mieux à une expansion de type monolithique menée par de grands acteurs, fortement tributaire de leur position sur le marché, de leur marque et de leur capital-confiance immatériel. En revanche, le Séquenceur décentralisé PoS convient davantage à des petits acteurs modulaires souhaitant effectuer un dépassement rapide, car la forme de consensus la plus solide accumulée par la blockchain reste le modèle technique du minage par nœuds.
Dans le contexte actuel du marché Layer2 axé sur le Rollup-as-a-Service, le framework Stack réduit les coûts de développement pour les nouveaux projets, mais les problèmes de « confiance » accumulés doivent être assumés collectivement par tous les participants.
En revanche, une approche technique « dur-distribuée » offre des limites plus claires concernant le Séquenceur, et s’avère particulièrement pertinente dans un contexte où les avancées techniques globales du Layer2 sont lentes et l’opinion publique critique — offrant ainsi un point de départ plus marquant et des perspectives de croissance plus attrayantes.
Bien sûr, j’ai également examiné d’autres solutions de consensus technique pour Séquenceur décentralisé, comme celles proposées par @EspressoSys, @AstriaOrg ou @radius_xyz.
Leur logique rejoint celle de Metis : remplacer un Séquenceur unique par une structure multi-acteurs. Toutefois, concernant le consensus hors-chaîne, Espresso utilise Eigenlayer pour étendre via Restaking les capacités de validation des validateurs d’Ethereum ;
Astria opte pour une approche plus modulaire, offrant aux développeurs Layer2 une solution Séquenceur facilement intégrable ;
Radius, quant à lui, chiffre toutes les transactions entrant dans le pool du Séquenceur, éliminant ainsi tout risque de malversation ou de MEV. (À analyser plus en détail ultérieurement.)
En somme, mon avis est le suivant : le problème de la décentralisation du Séquenceur ne doit pas se limiter à la stratégie Stack des quatre grands acteurs Layer2. Bien que les solutions techniques de consensus comportent un risque de surcharge, elles restent plus prometteuses que les systèmes de gouvernance sociale fondés sur MPC et signatures multiples.
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