
Guide éthique et conforme aux règles juridiques pour les professionnels de Web3 : protégez-vous toujours à l'extérieur
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Guide éthique et conforme aux règles juridiques pour les professionnels de Web3 : protégez-vous toujours à l'extérieur
Cet article abordera les démarches de conformité dans le monde cryptographique pour les professionnels de Web3, en se plaçant du point de vue de la réglementation chinoise sur les monnaies virtuelles.
Auteurs :
Will Awang, diplômé en droit international, avocat spécialisé dans le financement et les investissements, vétéran de l’entrepreneuriat, chercheur indépendant
Chris Chu Yan, avocat spécialisé dans la cryptographie, ancien produit senior d'une bourse, chercheur sur les données blockchain
Les projets Web3 construits sur des blockchains publiques sont dès leur création des entités globales capables d'atteindre un marché mondial étendu. Toutefois, d’un point de vue juridique et réglementaire, cela pose des défis liés à la diversité des cadres réglementaires selon les juridictions — par exemple, les conflits entre régulateurs américains et géants du secteur crypto illustrent parfaitement les difficultés réglementaires inhérentes à une opération mondiale.
Les professionnels Web3 issus des zones sinophones ont inévitablement de nombreux points de contact avec la Chine, une juridiction fortement régulée. Il est donc essentiel de comprendre la position chinoise sur les monnaies virtuelles ainsi que ses lignes rouges réglementaires. Précédemment, Chris, l’avocat spécialisé dans la cryptomonnaie, et moi-même avons animé une session intitulée « Comment les acteurs Web3 peuvent-ils se protéger dans le monde crypto ? » au sein de LXDAO, qui a suscité un grand écho. Comme l’a souligné San Zhi : « Je pense que c’est une présentation que tout professionnel Web3 devrait écouter. »
Nous avons jugé nécessaire de transcrire cette présentation sous forme d’article. Animés par notre souci de « conscience », nous espérons aider les nombreux professionnels Web3 à se protéger eux-mêmes tout en maîtrisant les risques globaux de leurs projets. Cet article adopte une perspective centrée sur la réglementation chinoise des monnaies virtuelles afin de proposer aux acteurs Web3 (individus, développeurs, porteurs de projet) des pistes concrètes pour opérer de manière conforme dans l’univers crypto.
I. Position et lignes rouges réglementaires des monnaies virtuelles en Chine
1.1 Position des monnaies virtuelles en Chine
Dès l’apparition du Bitcoin dans le champ réglementaire, la Chine a adopté une attitude prudente et rigoureuse. Le 3 décembre 2013, la Banque populaire de Chine et quatre autres départements ont publié un « Avis sur la prévention des risques liés au Bitcoin », niant catégoriquement la nature monétaire du Bitcoin — il n’est pas émis par une autorité monétaire, ne possède ni qualité légale de paiement ni caractère obligatoire, et n’est donc pas une véritable monnaie.
Sur le plan conceptuel, le Bitcoin doit être considéré comme un bien virtuel spécifique, n’ayant pas le même statut juridique qu’une monnaie, ne pouvant ni circuler ni être utilisé comme moyen de paiement sur le marché. Ce principe constitue la base fondamentale de la réglementation chinoise sur les monnaies virtuelles, toujours valable aujourd’hui.
1.2 Les lignes rouges réglementaires concernant les monnaies virtuelles
Les lignes rouges réglementaires chinoises relatives aux monnaies virtuelles peuvent être définies à partir de l’« Avis sur la prévention et la gestion accrues des risques liés à la spéculation sur les monnaies virtuelles », publié le 15 septembre 2021 par la Banque populaire de Chine et neuf autres départements (l’« avis du 924 »). Ses points clés sont les suivants :
(1) Les monnaies virtuelles n’ont pas le même statut juridique que la monnaie légale. Des actifs tels que le Bitcoin, l’Ether ou USDT ne sont pas des monnaies officielles, n’ont pas de valeur légale de paiement et ne peuvent être utilisés comme moyens de paiement sur le marché.
Interprétation : Cette règle a été établie depuis 2013 et constitue une ligne rouge réglementaire persistante.
(2) Toute activité liée aux monnaies virtuelles est considérée comme une activité financière illégale, strictement interdite, passible de poursuites pénales si elle constitue un délit. Cela inclut notamment : les services d’échange entre monnaie fiduciaire et monnaies virtuelles, les échanges entre monnaies virtuelles, l’achat ou la vente de monnaies virtuelles en tant que contrepartie centrale, la fourniture de services d’intermédiation ou de tarification, le financement par jetons (ICO), ou encore les produits dérivés sur monnaies virtuelles.
Interprétation : En s’appuyant sur l’interdiction des ICO datant de 2017, cet avis précise que toute activité liée aux monnaies virtuelles est illégale et strictement prohibée sur le territoire chinois. Tous les acteurs offrant des services impliquant des échanges fiduciaires, des transactions au comptant, des produits dérivés, des plateformes d’échange, des ICO ou des services d’intermédiation sont concernés.
(3) Les bourses étrangères fournissant des services aux résidents chinois commettent une activité financière illégale.
Interprétation : Cette disposition a conduit nombre de plateformes et de projets Web3 à transférer leurs structures organisationnelles et activités à l’étranger, tout en cessant totalement leurs opérations en Chine, en refusant désormais tout service aux utilisateurs dont l’adresse IP provient de Chine ou qui détiennent un passeport chinois, afin d’éviter les sanctions réglementaires chinoises.
(4) Les résidents chinois investissant dans les monnaies virtuelles assument intégralement les risques associés. Si ces investissements compromettent l’ordre financier ou menacent la sécurité financière, ils engagent leur responsabilité pénale. Tout investissement effectué par une personne physique ou morale dans les monnaies virtuelles ou leurs produits dérivés, s’il contrevient à l’ordre public et aux bonnes mœurs, entraîne la nullité des actes juridiques civils correspondants, dont les pertes sont supportées par l’investisseur lui-même. En cas de troubles graves pour l’ordre financier, les autorités compétentes enquêtent conformément à la loi.
Interprétation : L’investissement personnel dans les monnaies virtuelles n’est pas illégal en soi, mais les autorités adoptent une position de non-responsabilité. En pratique judiciaire, de nombreux contrats privés relatifs à des transactions de monnaies virtuelles ont été jugés contraires à l’ordre public et aux bonnes mœurs visés par l’avis du 924, ce qui les rend nuls. En cas de nullité, la répartition des pertes se fait généralement en fonction de la faute respective des parties.
II. Architecture transfrontalière sous forte réglementation
2.1 Architecture transfrontalière : développement local, exploitation et promotion à l’international
Dans un contexte de forte réglementation chinoise, les projets Web3 déplacent leur structure organisationnelle et leurs activités à l’étranger, cessant complètement leurs opérations en Chine et refusant tout service aux utilisateurs identifiés comme chinois (par IP ou par passeport), afin d’éviter les risques réglementaires.
Généralement, les équipes de direction et de marketing sont basées à l’étranger (Hong Kong, Singapour, etc.) pour cibler les marchés internationaux. Pour des raisons de coûts et de faisabilité, les développeurs restent souvent en Chine continentale, où ils assurent le soutien technique du projet, ou collaborent via des prestataires externes situés hors de Chine.
Bien que ces mesures permettent de réduire les risques réglementaires chinois, le droit pénal chinois dispose d’un mécanisme d’application extraterritoriale relativement complet. Ainsi, même avec une architecture transfrontalière, les acteurs restent exposés en cas d’activités illégales.
2.2 La compétence étendue des autorités chinoises
L’avis du 924 précise : « Les employés chinois travaillant pour des bourses de monnaies virtuelles étrangères, ainsi que toute personne morale, personne physique ou organisation non constituée en personne morale qui, sciemment ou raisonnablement, fournit des services de marketing, de règlement ou de soutien technique à ces activités, seront tenus responsables conformément à la loi. »
Bien que cette disposition concerne explicitement les bourses étrangères, nous estimons qu’elle s’applique également à tout autre acteur exerçant des activités financières illégales, notamment ceux proposant des services d’échange fiduciaire (dépôt/retrait, paiements cryptos), des échanges au comptant (CEX/DEX), des produits dérivés (DEX Preps), des levées de fonds (ICO), ou impliqués dans des projets frauduleux ou de jeu illégal.
Si ces activités illégales constituent un crime, les autorités chinoises peuvent intervenir grâce à leur compétence pénale étendue. Trois niveaux doivent être distingués :

Premièrement, les employés chinois participant directement à des activités illégales peuvent être poursuivis pour des délits financiers tels que l’exercice illégal d’activités commerciales, la collecte illégale de dépôts du public, la fraude à l’investissement ou l’organisation d’activités pyramidales.
Deuxièmement, les prestataires de services chinois (prestataires techniques externes, agences de communication, systèmes de paiement) peuvent également être tenus responsables. Dans les cas graves, ils encourent des poursuites pour complicité ou pour le délit spécifique d’aide à des activités criminelles via Internet (« crime d’aide aux activités internet »).
Enfin, même si l’activité illégale est menée à l’étranger, dès lors qu’elle utilise Internet pour fournir des services aux citoyens chinois en violation de la loi chinoise, elle reste soumise à la réglementation chinoise. Dès lors que le système informatique de la victime, le lieu de son préjudice ou celui de sa perte patrimoniale se situe en Chine, les autorités chinoises disposent d’une compétence extraterritoriale.
III. Chemins de conformité et protections pour les acteurs Web3
Même si les lignes rouges sont claires, la réglementation stricte et la compétence étendue, notre objectif n’est pas de semer la panique, mais de proposer des voies de conformité aux professionnels Web3, afin qu’ils puissent construire légalement et durablement. Un avenir positif reste possible.
3.1 Chemin de conformité depuis la perspective individuelle
3.1.1 Détention et transaction de monnaies virtuelles
Concernant la détention, bien que les textes réglementaires dénient aux monnaies virtuelles le statut de monnaie légale, ils n’en reconnaissent pas moins leur nature de « bien virtuel », dont les droits patrimoniaux sont protégés par la loi. Ainsi, détenir des monnaies virtuelles ne pose aucun problème juridique.
En matière de transaction, l’avis du 924 stipule clairement que « tout investissement privé dans les monnaies virtuelles ou leurs dérivés, contraire aux bonnes mœurs, rend les actes juridiques civils nuls, les pertes étant alors supportées par l’investisseur ». Toutefois, en pratique judiciaire, les décisions varient selon les tribunaux.
Par exemple, la Cour populaire intermédiaire de Shanghai a rendu en 2021 (affaire 2021 Hu 01 Min Zhong 11624) un arrêt affirmant que « ni la loi chinoise ni les règlements administratifs n’interdisent la détention ou la circulation licite des monnaies virtuelles ou jetons, ni les échanges privés normaux entre particuliers ».
Malheureusement, ces dernières années, de plus en plus de tribunaux locaux tendent à juger nuls les contrats liés aux transactions ou placements en monnaies virtuelles, attribuant les pertes en fonction de la faute des parties — reflétant ainsi clairement la position des régulateurs sur la responsabilité individuelle des risques.
3.1.2 Échanges fiduciaire/crypto (OTC)
Parmi les comportements à risque pénal les plus courants pour les professionnels et investisseurs Web3 figurent les opérations OTC (achat/vente de BTC, ETH, etc.). Convertir des devises fiduciaires en cryptos puis retirer en fiat après gain relève d’une décision d’investissement personnelle.
Or, avec la recrudescence des escroqueries en ligne, de nombreux groupes criminels convertissent leurs fonds frauduleux en cryptos via des échanges OTC. En raison de leur caractère anonyme et décentralisé, des actifs comme BTC, ETH ou USDT deviennent des vecteurs privilégiés de blanchiment. De nombreux investisseurs se retrouvent ainsi involontairement en possession de « fonds sales » provenant d’escroqueries, entraînant le gel de leurs comptes bancaires.
Par ailleurs, certains utilisateurs voient leurs comptes sur plateformes gelés, souvent en lien avec des dépôts/retraits vers des sites de jeux d’argent. Ces deux types de situations font actuellement l’objet d’une attention particulière des autorités chinoises. Les professionnels et investisseurs doivent donc être vigilants quant aux risques potentiels de leurs actions.
Lors d’opérations OTC, il est conseillé de vérifier attentivement l’identité et l’origine des fonds de son contrepartie. En cas de soupçon, il convient d’interrompre immédiatement la transaction afin d’éviter tout lien avec une affaire pénale. En cas de gel, il faut rapidement contacter la banque ou les autorités compétentes pour expliquer sa situation. La clé consiste à prouver qu’on n’a aucun lien avec les activités criminelles reprochées à la contrepartie. Si nécessaire, il est recommandé de faire appel à un avocat spécialisé.

3.2 Chemin de conformité pour les développeurs
Au-delà de la détention, des transactions et des échanges OTC, les développeurs ont une double identité : celle d’acteur Web3 et de créateur de projet. Cette dernière les expose aux risques liés au projet, surtout s’il est qualifié d’activité financière illégale par les régulateurs.
La stratégie courante consistant à garder les développeurs en Chine continentale les place directement sous le régime de la réglementation chinoise sur les monnaies virtuelles. Ils doivent donc surveiller attentivement les risques et prendre des mesures adéquates pour se protéger.
3.2.1 Identifier les projets à activité financière illégale
L’avis du 924 liste déjà la plupart des activités financières illégales, telles que les services d’échange fiduciaire, les transactions au comptant, les ICO ou les produits dérivés. Les bourses sont en première ligne. Les développeurs participant à ces projets doivent comprendre que le salaire élevé proposé compense en partie le risque réglementaire chinois.
Il est crucial d’évaluer les mesures de conformité prises par le projet vis-à-vis de la juridiction chinoise : blocage des IP chinoises/VPN, identification client (KYC), lutte contre le blanchiment (AML), lutte contre le financement du terrorisme (CTF). Ces mesures réduisent efficacement la compétence des autorités chinoises.
Bien que la majorité des développeurs aient du mal à percevoir le risque global du projet, ils doivent néanmoins s’informer et échanger activement.
3.2.2 Définir précisément la nature du travail
Le risque pour un professionnel Web3 dépend fortement de la nature de son rôle et de son niveau d’implication. Dans plusieurs affaires publiées, les responsables marketing, commerciaux, techniques ou financiers — jouant un rôle décisif dans le projet — ont été sévèrement sanctionnés. En cas de risque pénal, les décideurs du projet sont souvent emprisonnés.
Les professionnels doivent donc évaluer attentivement leur rôle et l’évolution du projet pendant le recrutement et leur mission. En cas de soupçon d’illégalité, il est impératif de rompre rapidement les liens pour éviter de s’enfoncer davantage.
3.2.3 Risques liés au versement des salaires
Actuellement, beaucoup de professionnels reçoivent leur salaire ou rémunération sous forme de stablecoins ou de jetons du projet. Or, l’article 50 de la Loi sur le travail et l’article 5 des Règles provisoires sur le paiement des salaires stipulent clairement que les salaires doivent être payés en monnaie légale, sans substitution par des biens ou titres. Comme les cryptomonnaies ne sont pas des monnaies légales en Chine, le paiement de salaires en cryptos dans un contrat de travail est illégal.
3.3 Chemin de conformité pour les porteurs de projet
3.3.1 Mesures internes efficaces et identification des risques
Les bourses et projets ayant migré à l’international doivent mettre en œuvre des mesures efficaces de contrôle des risques vis-à-vis de la Chine : blocage des IP/VPN chinois, KYC strict, AML/CTF. Ces mesures limitent efficacement la compétence des autorités chinoises.
En outre, la coopération proactive avec les autorités chinoises en cas de demande d’assistance judiciaire est indispensable.
3.3.2 Construction rationnelle de la structure juridique transfrontalière
Il n’est pas nécessaire de limiter le projet à cause de la réglementation. Nous aidons activement les porteurs de projet à explorer et évaluer des chemins de conformité transfrontaliers. Une bonne segmentation et répartition des tâches permet d’exploiter les avantages de l’architecture transfrontalière : tirer parti du « grand marché » chinois et de ses avantages politiques tout en captant la valeur mondiale via le modèle économique Web3. Bien sûr, cette approche est complexe et nécessite une évaluation prudente. Par exemple :
Créer en Chine une entreprise spécialisée dans les technologies de base blockchain, utilisant des solutions comme DID, ZK ou les paiements blockchain pour améliorer des entreprises locales. Ce type d’initiative est très bien accueilli dans les zones d’innovation chinoises, permettant d’obtenir des subventions, aides ou exonérations fiscales. Cela favorise aussi une croissance conforme et l’exportation technologique.
L’entreprise à l’étranger peut pleinement exploiter les caractéristiques Web3 pour capter la valeur mondiale (données, participation communautaire, collaboration globale, etc.). Par exemple, VitaDAO, une organisation autonome décentralisée (DAO) axée sur la recherche biomédicale pour prolonger la vie humaine, utilise la technologie blockchain pour gérer collectivement la propriété intellectuelle (IP), démocratisant ainsi le financement et les décisions scientifiques. Cette méthode Web3 pour créer et valoriser l’IP réduit considérablement les barrières d’accès aux données, permet une licence multiple, active la collaboration mondiale et offre des incitations économiques.

(How VitaDAO Works)
IV. Dilemme juridique des projets décentralisés — Qui est responsable ?
Contrairement aux projets traditionnels, la particularité majeure des projets Web3 réside dans leur décentralisation, qui libère un potentiel infini — comme les DAO, qui grâce à des modèles incitatifs innovants, permettent une collaboration mondiale à grande échelle. Toutefois, les projets Web3 ne peuvent pas foncer aveuglément sur la voie idéale de la décentralisation. De nouveaux défis réglementaires apparaissent, posant des obstacles directs aux projets en cours. Ces obstacles affectent non seulement les porteurs de projet, mais aussi les développeurs.
Le défi réglementaire le plus évident est le suivant : qui assume la responsabilité une fois le projet décentralisé ?
4.1 Action administrative de la CFTC — les développeurs acceptent la sanction
On entend souvent dire que « dans le monde décentralisé de la blockchain, nul n’est tenu responsable ». Mais la Commission américaine du commerce des matières premières (CFTC) n’est pas de cet avis : selon elle, les développeurs restent responsables.
Dans l’affaire CFTC c. Ooki DAO, une organisation DAO gérant un protocole blockchain a été condamnée pour violation des règles de la CFTC sur les produits dérivés. Plus inquiétant encore : comme Ooki DAO est purement numérique et n’a pas de personnalité juridique, la responsabilité a été transférée aux membres participants à la gouvernance du DAO.
De plus, dans trois cas récents de règlements amiables concernant des protocoles DeFi (septembre), la CFTC a également ciblé les développeurs. Même si les protocoles sont décentralisés et accessibles à tous, la CFTC impute la responsabilité des tiers malveillants directement aux développeurs, affirmant que ces derniers ne peuvent contrôler les abus.
4.2 Affaire Uniswap — les développeurs sont innocents, la technologie aussi
Dans l’affaire Uniswap, le résultat est tout autre. Le juge a estimé qu’un DEX (le protocole Uniswap) ne pouvait être tenu responsable des pertes subies par les utilisateurs suite à des investissements dans des jetons émis par des tiers malveillants. Autrement dit, la technologie en elle-même est neutre, seule la mauvaise utilisation est coupable. C’est une excellente nouvelle pour les projets décentralisés.
Cela est lié au fait qu’Uniswap est établi aux États-Unis, coopère activement avec les régulateurs, et que son jeton UNI a uniquement une fonction de gouvernance. Quoi qu’il en soit, Uniswap fournit un excellent modèle pour d’autres projets décentralisés face à la réglementation.
4.3 Un chemin vers la décentralisation favorable aux régulateurs — Le modèle Uniswap
Uniswap, en tant que DEX le plus réussi, offre un parcours exemplaire, particulièrement pertinent dans le contexte sensible des échanges de cryptomonnaies et d’une réglementation américaine floue. Comme l’indique un titre précédent de ChainFeeds : « Uniswap, la société Fintech américaine la plus réussie à profiter du boom Web3 », soulignant l’importance cruciale de la conformité pour une entreprise Fintech.

Nous avons analysé le chemin de conformité d’Uniswap Labs après dissociation du protocole, un modèle utile pour les projets Web3 décentralisés. Cette dissociation vise à atteindre une décentralisation progressive tout en gagnant en flexibilité réglementaire.
Décentralisation + jeton non sécuritaire : le protocole Uniswap fonctionne de manière autonome sur la blockchain, géré par Uniswap DAO, garantissant la décentralisation. Le jeton UNI, à fonction unique de gouvernance, évite la qualification de titre par la SEC, ce qui a contribué à une décision favorable du tribunal ;
Encadrement juridique du DAO + responsabilité limitée des membres : Uniswap DAO a créé une entité juridique, la Fondation Uniswap, servant d’enveloppe légale au DAO. Cela protège la responsabilité limitée des membres et permet une interaction avec le monde Web2, renforçant l’influence ;
Labs indépendant + développement flexible de l’interface : l’équipe Uniswap Labs, initialement chargée du développement et de la maintenance du protocole, devient une entité juridique distincte, principale contributrice du protocole. Elle acquiert ainsi plus de liberté, tout en pouvant utiliser le protocole backend pour développer et maintenir des interfaces frontales durables — comme le mode payant introduit sur l’application Uniswap ;
Réguler l’application plutôt que le protocole : comme le prône a16z, les protocoles décentralisés sont difficiles à réguler, mais les applications frontales peuvent facilement respecter les exigences réglementaires. Ainsi, l’équipe et le produit peuvent éviter les risques. Comme n’importe quelle application, l’interface peut intégrer des vérifications KYC/AML/CTF, retirer immédiatement les jetons signalés par les régulateurs ou demander des licences.
À l’inverse, Tornado Cash a été sévèrement sanctionné car son protocole était incompatible avec la réglementation, n’ayant ni mis en œuvre ni accepté de mesures KYC/AML/CTF, refusant toute coopération. Sans enveloppe juridique, ses développeurs ont été poursuivis par le ministère de la Justice.
V. Conclusion
Pour nous, professionnels du droit, les monnaies virtuelles ne doivent pas se résumer à la question « sera-t-on poursuivi ou non ? ». Certes, c’est important, mais nous devrions plutôt adopter une vision Fintech, accompagnant le développement du Fin et du Tech dans le monde crypto.
Animés par la « conscience » de LXDAO, nous partageons ce contenu non pas pour alarmer les professionnels Web3, mais pour en faire un bien commun (Public Goods) durable, générant des externalités positives pour l’industrie. À long terme, cela aidera les professionnels Web3 à opérer dans les clous, à se protéger et à mieux construire le monde idéal que nous portons.
N’hésitez pas à nous contacter pour construire ensemble !
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