TechFlow annonce que, le 27 mars, la Banque centrale européenne (BCE) a publié un document de travail analysant en profondeur les structures de gouvernance de quatre protocoles majeurs de finance décentralisée (DeFi) : Aave, MakerDAO, Ampleforth et Uniswap. Cette analyse révèle que leur degré de décentralisation est fortement surestimé.
Les principales conclusions du document sont les suivantes :
1. Concentration élevée des jetons de gouvernance. Les 100 premiers détenteurs détiennent chacun plus de 80 % de l’offre totale de jetons pour les quatre protocoles. Les cinq premiers détenteurs détiennent près de la moitié des jetons d’Aave et d’Uniswap, tandis que la concentration est encore plus marquée chez Ampleforth, où ces cinq détenteurs détiennent près de 60 % des jetons. Une part importante des jetons appartient à des adresses contrôlées par les protocoles eux-mêmes (par exemple, trésorerie, fondateurs) ou à des bourses centralisées ou décentralisées ; parmi celles-ci, Binance est la bourse centralisée détenant le plus grand nombre de jetons de gouvernance.
2. Concentration du pouvoir de vote entre quelques délégués. Les principaux votants sont majoritairement des délégués mandatés. Environ un tiers d’entre eux ne peuvent pas être identifiés ; les autres, identifiables, sont principalement des particuliers, des entreprises Web3, des clubs universitaires spécialisés dans la blockchain et des fonds de capital-risque. Par exemple, sur Uniswap, le principal votant est le célèbre fonds de capital-risque a16z, dont le nombre de mandants est passé de 100 à 125.
3. Décentralisation largement « nominale ». Le document souligne que le contrôle effectif de la plupart des protocoles DeFi demeure concentré entre les mains d’un petit nombre d’entités, ce qui constitue un écart significatif avec leurs revendications de décentralisation. Certains protocoles sont même qualifiés de « pseudo-DeFi ».
Sur le plan réglementaire, le document indique que les données publiques actuelles rendent difficile la traçabilité effective de l’identité réelle des détenteurs de jetons de gouvernance et des votants, ce qui pose des défis considérables aux approches réglementaires visant à utiliser comme points d’ancrage les détenteurs de jetons de gouvernance, les développeurs ou les bourses centralisées. Le document recommande, pour renforcer le cadre réglementaire applicable à la DeFi, d’accroître la transparence concernant la détention des jetons, de clarifier clairement les responsabilités de gouvernance de chaque partie prenante et d’explorer la mise en place d’un cadre juridique spécifique aux DAO.




