
Synthèse du marché du 29 avril : un article du Wall Street Journal fait exploser la narration autour de l’IA, les Émirats arabes unis quittent l’OPEP et le prix du pétrole dépasse 112 dollars.
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Synthèse du marché du 29 avril : un article du Wall Street Journal fait exploser la narration autour de l’IA, les Émirats arabes unis quittent l’OPEP et le prix du pétrole dépasse 112 dollars.
Une fente s’est ouverte dans le récit sur l’IA, et un pilier de l’ordre pétrolier s’est effondré.
Auteur : TechFlow
Marchés américains : deux bombes, des directions opposées, un même résultat
Mardi, Wall Street a été frappée par deux événements simultanés, mais leur point d’atterrissage final n’a été qu’un seul : la vente.
L’indice S&P 500 a reculé de 0,49 % pour clôturer à 7 138,80 points ; l’indice composé Nasdaq a perdu 0,90 %, atteignant 24 663,80 points ; le Dow Jones a quasi stagné, terminant en baisse de 25,86 points à 49 141,93. L’indice Russell 2000 a chuté de 1,2 % : les gains en capital accumulés au cours du mois dernier (une hausse supérieure à 10 %) sont progressivement effacés.
La première bombe : le Wall Street Journal révèle qu’OpenAI n’a pas atteint ses objectifs internes.
Selon le rapport, OpenAI n’a pas rempli à plusieurs reprises ses objectifs mensuels de revenus début 2026 ; ChatGPT n’a pas atteint l’objectif interne fixé de 1 milliard d’utilisateurs actifs hebdomadaires à la fin de l’année ; par ailleurs, l’entreprise subit une fuite de ses utilisateurs. Sarah Friar, directrice financière d’OpenAI, aurait exprimé en privé ses inquiétudes auprès de la direction et du conseil d’administration : si la croissance des revenus ne s’accélère pas, l’entreprise pourrait être incapable de tenir ses engagements contractuels actuels en matière d’achat de puissance de calcul. Deux noms sont cités comme responsables : Anthropic, qui lui a subtilisé des parts de marché dans les domaines de la programmation et des entreprises, et Google avec Gemini, qui a lancé une contre-offensive à la fin de l’année.
La riposte d’OpenAI a été rapide : Sam Altman et Sarah Friar ont publié conjointement une déclaration qualifiant le rapport de « ridicule », soulignant leur entière convergence sur la nécessité d’accroître massivement les investissements en puissance de calcul. Oracle s’est également porté garant, affirmant observer personnellement une accélération de l’adoption des technologies OpenAI.
Mais le marché n’a accepté aucune justification.
Les entreprises étroitement liées à OpenAI se sont toutes effondrées ce jour-là : Oracle a chuté de plus de 4 %, Broadcom de plus de 4 %, AMD d’environ 3 %, Nvidia de 1,5 %, CoreWeave de plus de 5 %. SoftBank, l’un des principaux actionnaires d’OpenAI, a plongé de près de 10 % en séance à Tokyo. L’ensemble de la chaîne d’investissement dans les infrastructures IA a ainsi reçu un coup de frein brutal suite à cet article.
Curieusement, les analystes ont réagi bien plus calmement que le marché. John Belton, de Gabelli Funds, a indiqué que cet article ne révélait rien de nouveau : la perte de parts de marché d’OpenAI face à Anthropic et à Gemini était déjà un consensus établi au sein du secteur. Jordan Klein, de Mizuho, s’est exprimé encore plus crûment : « Toutes ces informations auraient dû être rendues publiques lors de la levée de fonds de 122 milliards de dollars réalisée fin mars. Si les investisseurs l’ignoraient, c’est à OpenAI qu’ils devraient poser la question. »
Le problème ne réside pas tant dans la gravité du rapport que dans son timing. À la veille de la semaine de publication des résultats des « MAG7 », alors que leurs valorisations avaient déjà augmenté de 10 à 15 %, tout signal remettant en cause le retour sur investissement des technologies IA est amplifié dix fois.
La deuxième bombe est plus importante, orientée dans une direction opposée, mais aboutit aussi à un cercle autour de l’ordre de vente : les Émirats arabes unis annoncent leur retrait de l’OPEP et de l’OPEP+, effectif à compter du 1er mai.
Le prix du Brent a franchi le seuil de 112 $/baril en séance, tandis que celui du WTI a dépassé 100 $ : il s’agit des niveaux les plus élevés depuis le début du conflit, et de la première fois depuis près de trois ans que le baril dépasse la barre des trois chiffres. Les Émirats arabes unis constituent le troisième producteur pétrolier de l’OPEP, juste derrière l’Arabie saoudite et l’Irak, avec une capacité de production proche de 5 millions de barils par jour. Leur départ signifie que l’OPEP perd toute capacité de coordination sur un volume de cette ampleur.
Anwar Gargash, conseiller diplomatique des Émirats arabes unis, a révélé la veille de l’annonce la raison véritable : le Conseil de coopération du Golfe (CCG) a apporté « le soutien politique le plus faible de son histoire » aux Émirats arabes unis après les attaques à missiles iraniennes contre leur territoire. En revanche, les États-Unis se sont montrés très engagés : le secrétaire d’État américain Marco Rubio a rencontré le ministre des Affaires étrangères émirati le 26 avril ; le système de défense aérienne israélien « Dôme de fer » est désormais déployé sur le sol émirati par des personnels des Forces de défense israéliennes — il s’agit de la première fois que ce système est utilisé à l’étranger pour une mission défensive. Le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent a, quant à lui, publiquement soutenu l’octroi d’un dispositif de swap en dollars américains d’urgence à Abou Dabi quelques jours plus tôt. Le départ des Émirats arabes unis de l’OPEP constitue à la fois un signal géopolitique de ralliement et un ultime atout joué sous pression maximale.
Théoriquement, la hausse des prix du pétrole devrait bénéficier aux actions du secteur énergétique : BP a clôturé en hausse après des résultats du T1 supérieurs aux attentes ; General Motors a gagné 4 % malgré le contexte (résultats du T1 supérieurs aux attentes + révision à la hausse des prévisions annuelles + décision de la Cour suprême invalidant partiellement les droits de douane, générant environ 500 millions de dollars de bénéfice supplémentaire). Toutefois, seules quelques entreprises ont profité de cette dynamique ; de nombreuses autres, victimes de la flambée des coûts énergétiques, attendent encore leur tour.
Spotify a chuté de plus de 12 %, devenant l’un des titres les plus durement touchés. Son bénéfice par action au T1 s’est élevé à 3,46 $, dépassant largement les attentes de 3,03 $ ; son nombre d’utilisateurs mensuels actifs a atteint un record de 760 millions ; néanmoins, ses revenus ont légèrement manqué les prévisions, et sa prévision de bénéfice opérationnel pour le T2 (630 millions €) est inférieure aux attentes de Wall Street. Le marché nourrit désormais de nouvelles interrogations sur la rentabilité des services de streaming musical à une époque où les investissements en IA s’accélèrent. UPS, bien que ses résultats du T1 aient dépassé les attentes, a maintenu inchangées ses prévisions annuelles, entraînant une baisse d’environ 4 % de son cours : le volume de colis expédiés diminue, les revenus baissent, et la direction répond simplement qu’elle « poursuit conformément au plan la réorganisation stratégique ». Coca-Cola, avec un bénéfice par action de 0,86 $, a dépassé les attentes de 0,81 $ et vu son cours augmenter de près de 3,9 % : une rare lumière dans le Dow Jones.
Prix du pétrole : un coin de l’OPEP s’effondre — 100 $ n’est pas un plafond
Le retrait des Émirats arabes unis de l’OPEP ne relève pas simplement de la sortie d’un membre d’une organisation.
Il s’agit de la première rupture publique, depuis 1967, entre les deux principaux producteurs pétroliers du golfe Persique en matière de politique pétrolière. Le système de quotas de l’OPEP+ dirigé par l’Arabie saoudite repose fondamentalement sur un mécanisme de lien d’intérêts : chaque pays accepte de limiter sa production en échange d’une stabilité des revenus assurée par la coordination des prix. Le départ des Émirats arabes unis signifie que, pour eux, ce calcul n’est plus avantageux.
La réaction immédiate du marché a été la percée du Brent au-dessus de 112 $ et celle du WTI au-dessus de 100 $. Mais la logique à moyen terme est encore plus intrigante : une fois libéré des contraintes imposées par les quotas, ADNOC (Abu Dhabi National Oil Company) pourrait progressivement augmenter sa capacité de production, passant des 3 millions de barils/jour actuellement atteints à un niveau potentiel proche de 5 millions de barils/jour. Cela représenterait une offre supplémentaire potentielle quotidienne de près de 2 millions de barils. Ajoutons à cela la possibilité d’une réouverture du détroit d’Ormuz à un moment donné, et la pression à l’offre pourrait rapidement s’inverser.
Une analyse citée par Fortune, provenant d’économistes de Deutsche Bank, mérite une réflexion approfondie : ce conflit renforce les liens économiques entre l’Iran et la Chine, ce qui est considéré comme « un catalyseur décisif de l’érosion du système du dollar pétrolier, et le point de départ de l’ère du yuan pétrolier ». La part du dollar dans les réserves de change mondiales est tombée à environ 57 %, soit un plus bas de 25 ans. L’Iran utilise désormais des stablecoins pour percevoir des péages auprès des navires traversant le détroit d’Ormuz ; la Chine achète du pétrole iranien en yuans ; l’Inde pourrait suivre cet exemple.
L’or a chuté d’environ 2,2 %, atteignant 4 591 $ l’once, tandis que l’argent a reculé de 3,5 % à 72,96 $. Cette évolution confirme une logique paradoxale : plus le prix du pétrole augmente, plus les anticipations d’inflation montent, plus le dollar se renforce, et plus l’or subit de pression. Aujourd’hui, la Réserve fédérale américaine (Fed) tient sa réunion, et Jerome Powell prononcera probablement son dernier discours en tant que président : une orientation « hawkish » pourrait maintenir le cours de l’or sous la barre des 4 600 $ pendant encore quelque temps.
Cryptomonnaies : de 79 488 $ à 75 600 $ en moins de 48 heures
Les données de CoinGecko indiquent que le bitcoin a clôturé en baisse d’environ 2 % à environ 75 695 $ le 28 avril, avec un creux intrajournalier à 75 674 $ (données Bitstamp), soit une chute d’environ 4 000 $ depuis son plus haut de 12 semaines à 79 488 $ atteint moins de 48 heures auparavant. L’ether a reculé d’environ 3 %, XRP et Solana de 3 % chacun. La capitalisation boursière globale des cryptomonnaies s’élève à environ 2,68 billions de dollars, tandis que l’indice de peur et de cupidité se situe aux alentours de 45, reflétant une prudence modérée.
Le déclencheur de ce recul est clair : dès l’annonce du retrait des Émirats arabes unis de l’OPEP, le Brent a bondi de 107 $ à 112 $, provoquant immédiatement une réaction du marché sur les anticipations d’inflation : « vendre tous les actifs à risque », le bitcoin n’y échappe pas. Selon des analystes de Bitfinex, les détenteurs à court terme ont massivement réalisé leurs profits la semaine dernière dans la fourchette 78 000–79 000 $, et les achats institutionnels (principalement via les ETF et les flux stratégiques continus) n’ont pas suffi à absorber entièrement cette pression vendeuse. Le seuil psychologique des 80 000 $ constitue donc techniquement une résistance nette.
Actuellement, le bitcoin se trouve dans une position logiquement contradictoire.
D’un côté, le retrait des Émirats arabes unis de l’OPEP représente un facteur favorable à moyen terme : la libération de la capacité de production émiratie pourrait faire baisser les prix du pétrole, alléger la pression inflationniste et offrir un répit aux actifs à risque. D’un autre côté, pour que cet effet se matérialise, il faut d’abord que le détroit d’Ormuz rouvre et que des progrès tangibles soient accomplis dans les négociations. Jusque-là, à chaque franchissement d’un seuil psychologique par le prix du pétrole, le marché vend d’abord puis réfléchit ensuite.
Un autre signal profond, moins discuté, mérite attention. Fortune a révélé cette semaine que la part du dollar dans les réserves de change mondiales est tombée à 57 %, et que le scénario du « yuan pétrolier » passe progressivement d’un débat académique à des transactions concrètes. Si l’érosion du système du dollar pétrolier s’étend sur une décennie, la logique du bitcoin en tant que « or numérique » devra être entièrement réévaluée. Ce n’est toutefois pas une logique de trading applicable aujourd’hui ou cette semaine : il s’agit d’un récit qui doit être progressivement assimilé par le marché, au cours de la consolidation actuelle entre 75 000 $ et 80 000 $.
Aujourd’hui (29 avril), à 14 heures, la Fed annoncera sa décision sur les taux d’intérêt, probablement la dernière sous la présidence de Jerome Powell. En séance post-marché, Alphabet, Meta, Microsoft et Amazon publieront collectivement leurs résultats du T1.
Aujourd’hui est l’après-midi le plus important de ce rebond.
Résumé de la journée : la narration IA présente une fissure, l’ordre pétrolier une jambe cassée
Le 28 avril, deux événements se sont produits simultanément, pointant vers une seule réponse : l’air devient plus rare en haute altitude.
Marchés américains : L’indice S&P 500 a reculé de 0,49 % pour clôturer à 7 138,80 ; le Nasdaq a perdu 0,90 %, atteignant 24 663,80 ; le Dow Jones a quasiment stagné. Le Wall Street Journal révèle qu’OpenAI a manqué à la fois ses objectifs de revenus et d’utilisateurs : Oracle a chuté de plus de 4 %, Broadcom de plus de 4 %, CoreWeave de plus de 5 %, SoftBank a plongé de près de 10 % en une seule séance. Parallèlement, GM (+4 %) et Coca-Cola (+3,9 %) ont connu des hausses contracycliques, illustrant une polarisation accrue durant la saison des résultats.
Prix du pétrole/or : Les Émirats arabes unis annoncent leur retrait de l’OPEP ; le Brent franchit 112 $ en séance, le WTI dépasse 100 $, des niveaux inégalés depuis le début du conflit. L’or chute de 2,2 % à 4 591 $, sous la double pression d’un dollar renforcé et de l’anticipation d’une inflation accrue.
Cryptomonnaies : Le bitcoin recule rapidement de 79 488 $ à 75 695 $, soit une baisse journalière d’environ 2 %. L’incertitude liée au retrait des Émirats arabes unis de l’OPEP en est le déclencheur direct, et le seuil des 80 000 $ continue de constituer une résistance solide.
Le marché ne se pose plus qu’une seule question aujourd’hui : les « MAG4 » vont-ils résister aux attentes ?
Alphabet, Meta, Microsoft et Amazon ont tous grimpé de plus de 10 % ce mois-ci, anticipant une nouvelle explosion des dépenses d’investissement en IA. Pourtant, les leçons tirées la semaine dernière de ServiceNow et d’IBM restent vivaces : même des résultats supérieurs aux attentes peuvent servir de prétexte à la vente à découvert. Si l’un quelconque de ces quatre groupes déçoit sur ses prévisions ou si ses investissements en IA sont jugés excessifs, la valorisation construite au cours des deux dernières semaines pourrait s’effondrer de moitié en deux heures post-marché. Si, en revanche, tous dépassent les attentes, un retour du Nasdaq à 25 000 ne serait pas un rêve.
Une chose est en tout cas désormais certaine : OpenAI n’est plus le symbole incontesté de la narration IA. Ce que Anthropic et Gemini érodent, ce n’est pas seulement des parts de marché, c’est le fondement même de la narration selon laquelle « miser tout sur une seule entreprise suffit ».
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