
Salarié débutant dans Web3, quelles entreprises faut-il éviter ?
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Salarié débutant dans Web3, quelles entreprises faut-il éviter ?
Outre la rémunération et les jours de repos, auxquels un employé traditionnel accorde généralement de l'importance, il convient également de s'intéresser au domaine d'activité réel de l'employeur.
Rédaction : Liu Honglin
Face au ralentissement économique général, les licenciements dans les grandes entreprises Internet ne sont plus une nouveauté, et les opportunités d'emploi dans les secteurs traditionnels du numérique se raréfient. De plus en plus de professionnels issus de l’Internet classique envisagent donc de changer de voie et de rejoindre l’univers du Web3.
* Offres d'emploi provenant de certains projets Web3
Lorsqu'ils recherchent des informations sur le sujet, ces candidats tombent fréquemment sur ce type d’annonces, généralement alléchantes avec des salaires élevés et des horaires flexibles, apparaissant ainsi comme des options prometteuses. Cependant, le cabinet d’avocats Manqin tient à alerter les nouveaux travailleurs peu familiers avec le Web3 : le secteur est vaste et varié, et choisir sa spécialisation exige prudence. Certains domaines et entreprises sont strictement interdits aux professionnels résidant en Chine.
Une ligne rouge : émission et levée de fonds par cryptomonnaie
Depuis l'annonce conjointe publiée en septembre 2017 par la Banque populaire de Chine et six autres départements intitulée « Avis sur la prévention des risques liés au financement par jetons », l’émission et la collecte de fonds via des cryptomonnaies sont clairement qualifiées en Chine de « financement public illégal non autorisé ». En septembre 2021, dix départements dont la Banque populaire de Chine et le Tribunal populaire suprême ont publié un nouveau document intitulé « Avis sur le renforcement de la prévention et de la gestion des risques liés à la spéculation sur les transactions de cryptomonnaies », renforçant encore cette position. Depuis 2017, plus d'une centaine de cas pénaux ont été traités en Chine, relevant principalement des accusations de « collecte illégale de dépôts publics » ou de « fraude par levée de fonds ».
Le cas emblématique reste celui du « Tianyijiahe » entre 2017 et 2018, qui a lancé la Light Cone Coin (ou « Pièce du Cône de Lumière »), détenue à un moment donné par des dizaines de milliers de personnes, avant que ses responsables soient incarcérés pour fraude par levée de fonds. Un autre exemple antérieur est celui de la « Dasheng Coin » lancée en Chine par la société « Guozheng » entre 2016 et 2017, également requalifiée en fraude par levée de fonds.
C’est pourquoi tout nouveau professionnel souhaitant intégrer le Web3 doit impérativement connaître cette limite infranchissable. D’ailleurs, la communauté crypto elle-même a largement adopté ce consensus : les projets légitimes excluent systématiquement les utilisateurs chinois et le yuan lors de leur ICO (Initial Coin Offering, équivalent du IPO dans le secteur boursier). Lorsqu’un professionnel basé en Chine constate que l’activité de son employeur potentiel touche à l’émission de cryptomonnaies sur le territoire chinois, il doit faire preuve d’une vigilance juridique suffisante pour prendre une décision éclairée.
Risque élevé : activités liées aux plateformes d’échange
Selon le « Avis sur le renforcement de la prévention et de la gestion des risques... » publié en septembre 2021, les activités des plateformes d’échange de cryptomonnaies sont désormais considérées comme des « activités financières illégales », notamment les conversions entre monnaies fiduciaires et cryptomonnaies, ou entre différentes cryptomonnaies. Peu de temps après cette annonce, toutes les plateformes d’échange opérant en Chine ont cessé leurs activités.
Les régulateurs chinois ont alors convoqué les principales plateformes encore actives sur le territoire, telles que Huobi, Binance et OKX, qui ont toutes présenté des plans de fermeture progressive de leurs services en Chine, avant de transférer complètement leurs opérations à l’étranger. Seules quelques petites plateformes, dès le départ frauduleuses et n’ayant pas respecté la loi — comme l’échange Aston ou la plateforme ICC Investment — ont fini par être dissoutes pour escroquerie.
Aujourd’hui, bien que les grandes plateformes opèrent légalement à l’étranger sous licence, nombre de plateformes en développement restent non conformes. Les nouveaux professionnels du Web3 doivent donc rester vigilants lorsqu’ils constatent que l’employeur potentiel exerce des activités d’échange touchant à la zone chinoise, car cela implique des risques juridiques sérieux.
Extrême vigilance : minage de cryptomonnaies
Contrairement aux deux points précédents, le minage à l’aide de machines n’implique pas directement de risques pénaux liés à la réglementation financière. Toutefois, en Chine, cette activité contrevient à la « Loi sur la conservation de l’énergie », et peut entraîner des amendes ou des arrêts forcés par les autorités.
En effet, de nombreux fermes de minage ont déjà été fermées sous pression légale. Autrefois, la région du Sichuan, riche en énergie hydroélectrique bon marché, abritait de vastes fermes minières, certaines allant jusqu’à acquérir de petites centrales hydroélectriques pour alimenter exclusivement leurs installations. Ces pratiques appartiennent désormais au passé. Actuellement, aucune exploitation minière à grande échelle n’est viable en Chine. Pourtant, certains criminels exploitent ce concept : plusieurs affaires de pyramides de Ponzi centrées sur le minage ont récemment été découvertes. Ainsi, tout nouveau professionnel du Web3 doit immédiatement s’interroger si son employeur mène une activité de minage en Chine, et chercher à comprendre la véritable nature de ses activités afin d’éviter tout piège.
Prudence et vérification : ne pas être impliqué dans le « blanchiment d’argent »
À la différence des trois premiers points, facilement identifiables avec une attention minimale, détecter si l’activité d’un employeur relève du « blanchiment d’argent » est souvent difficile à établir avant l’embauche. Justement pour cette raison, la vigilance doit être maximale.
Dans le monde entier, de nombreuses activités du Web3, grâce à la technologie blockchain particulièrement efficace en matière de décentralisation, sont malheureusement utilisées pour blanchir de l’argent. En 2023, Binance, le plus grand échange de cryptomonnaies au monde, a coopéré avec les autorités judiciaires internationales sur plus de 60 000 affaires, dont la majorité concernaient des flux d’argent sale et des opérations de blanchiment. Quel que soit le stade de son engagement professionnel, tout individu ayant un doute sur une activité doit consulter rapidement une personne compétente pour obtenir un avis fiable.

Dès le début 2023, le cabinet Manqin avait publié un article intitulé « Méthodes courantes de blanchiment d’argent via les cryptomonnaies et risques pénaux associés », détaillant précisément les processus de blanchiment. Il est fortement recommandé aux nouveaux professionnels du Web3 de rester particulièrement vigilants si leur modèle d’activité ressemble à ces schémas : mieux vaut avancer prudemment.
Synthèse du cabinet Manqin
Lorsqu’ils postulent à des postes dans le Web3, les nouveaux professionnels doivent, au-delà des aspects traditionnels comme le salaire ou les jours de repos, examiner attentivement le domaine d’activité réel de l’employeur. Le Web3 évolue rapidement, de nouvelles niches et innovations apparaissent constamment. Sans être un expert du secteur, il peut être difficile de juger. Lorsqu’on ne parvient pas à évaluer la fiabilité d’un poste, la meilleure attitude consiste à consulter rapidement des personnes expérimentées dans le domaine. Se protéger soi-même est une conscience indispensable pour tout travailleur du Web3.
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