
À la lumière de la « guerre des médias » lors de l'élection présidentielle américaine, découvrir les nouvelles opportunités des plateformes sociales Web3
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À la lumière de la « guerre des médias » lors de l'élection présidentielle américaine, découvrir les nouvelles opportunités des plateformes sociales Web3
Ce scrutin a démontré l'efficacité des plateformes de médias sociaux, telles que X, représentatives des médias indépendants, dans la diffusion de l'information et l'orientation de l'opinion publique.
Auteur : @Web3Mario
Résumé : L'élection présidentielle américaine est terminée. Trump a remporté une victoire écrasante et fait un retour en force. Comme je l'ai déjà expliqué de manière exhaustive dans mes articles précédents, les programmes politiques et économiques des deux camps ainsi que leurs impacts sur le marché des cryptomonnaies ont été largement analysés, y compris par d'autres auteurs ; je n'y reviendrai donc pas ici. Outre l'observation du déroulement électoral, j'ai également perçu ces derniers temps un phénomène plus micro, dont je souhaite partager quelques réflexions intéressantes. En somme, la « guerre médiatique » entre les deux camps lors de cette élection américaine a gravement affaibli la crédibilité des médias traditionnels et du réseau social X, ouvrant ainsi de nouvelles opportunités aux plateformes sociales Web3. D'une part, les partisans du parti démocrate auront besoin de cultiver de nouveaux canaux de communication qu'ils peuvent contrôler, ce qui facilitera le financement des plateformes concurrentes. D'autre part, sous la direction de Musk, X devient de plus en plus autoritaire. En tant que « Dark MAGA », Musk penchera inévitablement vers le conservatisme sur de nombreuses questions culturelles telles que l'avortement, l'immigration ou la diversité LGBTQ+. Les préférences du dirigeant influenceront fortement la logique de l'algorithme de recommandation de X, rendant inévitable la fuite des utilisateurs opposés à cette orientation. Ce recul de X offrira aux concurrents la possibilité de redéfinir des différences produits plus compétitives, réduisant ainsi les difficultés de promotion.
Les sondages ont été largement erronés, l'hésitation affichée vis-à-vis de Harris a gravement entamé la crédibilité des médias mainstream américains, poussant les démocrates à chercher de nouveaux terrains de propagande
Dans la période précédant l'élection, beaucoup ont ressenti une certaine incertitude quant au résultat final, notamment dans les derniers jours où les sondages semblaient indiquer un avantage pour Harris. Moi-même, dans mon dernier article, j'avais anticipé une course extrêmement serrée, dont le résultat ne serait connu qu'après le dépouillement complet, avec une durée prolongée. Or, la réalité s'est révélée tout autre : la campagne de Trump a été écrasante, balayant presque tous les États pivots, et conservant une avance constante durant tout le dépouillement.
Comment cet écart entre perception et réalité s'est-il formé ? La principale raison réside dans les efforts finaux des soi-disant « médias mainstream » américains. Depuis longtemps, ces médias sont historiquement les relais de propagande du establishment représenté par le parti démocrate. Ces « médias mainstream », présents à la fois à la télévision, dans la presse écrite et sur les plateformes numériques, jouent un rôle clé dans la formation de l'opinion publique nationale et internationale. Pourtant, ils ne sont guère neutres politiquement : la majorité soutient fermement le parti démocrate, comme CNN, The New York Times, The Washington Post, CBS, ABC, NBC, Yahoo News ou Google News. Certains prétendent à la neutralité, mais se retrouvent unanimes sur l'anti-trumpisme. À l'inverse, les rares grands médias pro-Trump sont Fox News et The Wall Street Journal.
Dans les jours précédant l'élection, le contenu diffusé par ces médias était massivement favorable à Harris : comptes rendus de petits incidents durant la campagne, sondages dynamiques, voire mise en scène d'un avantage de Harris dans les votes anticipés. Ces informations ont naturellement influencé la perception de leurs abonnés, créant l'idée d'une possible inversion du résultat. Or, le verdict des urnes a été tout autre. Par ailleurs, le soutien des médias à Harris a connu un recentrage notable. Rappelons que durant cette campagne, les démocrates ont changé de candidate après l'attentat contre Trump, lorsque les chances de Biden ont chuté. Avant que des figures comme Obama ou Pelosi ne se prononcent clairement, les médias mainstream critiquaient ouvertement la candidature de Harris, doutant de son bilan. Mais une fois l'unité du parti rétablie, toute critique a disparu, et tous les médias se sont mis à la soutenir sans réserve. Bien sûr, cela profite stratégiquement aux démocrates, mais cela montre aussi que ces médias ont complètement abandonné leur neutralité et impartialité, servant désormais uniquement les intérêts de leurs bailleurs. Le résultat électoral clair démontre que le public américain a rejeté cette partialité, ce qui porte un coup sévère à la crédibilité des médias mainstream.
Dans une démocratie électorale, celui qui contrôle les médias détient l'initiative : il peut façonner des bulles informationnelles pour influencer les électeurs potentiels, ou propager de fausses informations (Fake News) pour discréditer ses adversaires. Face à la chute de crédibilité des médias mainstream, l'establishment démocrate doit urgemment trouver un « Plan B » pour compenser ses lacunes en communication interne. Or, les groupes d'intérêts derrière le parti démocrate incluent de nombreux capitaux liés à la technologie et à la mondialisation. Il leur est donc relativement aisé de soutenir une plateforme sociale qu'ils peuvent contrôler et qui leur est favorable, facilitant ainsi l'accès au financement et aux ressources pour les produits concurrents.
Avec la privatisation de Twitter, Musk est devenu de facto le « dictateur » de X, et son idéologie suscitera inévitablement des doutes sur la neutralité de la plateforme
Cette élection a confirmé l'efficacité des plateformes sociales comme X, pilotées par les médias individuels, dans la diffusion d'information et la mobilisation de l'opinion. Pourtant, X a aussi perdu dans cette guerre médiatique, car l'algorithme de recommandation a tissé des bulles informationnelles qui ont profondément influencé les préférences politiques des utilisateurs. Son impartialité sera donc davantage remise en question après cette élection.
On sait que le premier mandat de Trump a réussi non seulement grâce au scandale des e-mails d’Hillary Clinton, mais aussi à son influence sur Twitter, où il a publié plus de 36 000 messages en quatre ans, atteignant 88 millions d’abonnés. Cependant, après l’affaire du Capitole en 2021, Twitter a annoncé la « suspension permanente » de Trump, lui ôtant ainsi son micro. Facebook et YouTube ont suivi, bannissant Trump de leurs plateformes. Les géants technologiques Google, Apple et Amazon ont retiré Parler — une application populaire auprès des supporters de Trump — de leurs magasins et cessé de lui fournir des services essentiels.
Pendant cette période, Trump s’est retrouvé privé de moyens de communication, forcé de lancer sa propre plateforme, Truth Social. Ces décisions des grandes plateformes sociales étaient motivées par des intérêts communs : une grande partie de l’élite technologique provient de la Silicon Valley en Californie, bastion démocrate, où les liens d’intérêt sont étroits. De plus, les entreprises technologiques dépendent souvent des marchés internationaux, ce qui les pousse à soutenir la mondialisation et à financer des politiciens favorables à une régulation forte, afin d’éliminer des concurrents potentiels. Cette vision s’aligne parfaitement sur les politiques du parti démocrate, axées sur un « grand gouvernement » et la coopération multilatérale. Ainsi, la coordination contre le populiste Trump était logique.
Cet ordre a été bouleversé par Musk. En octobre 2022, après six mois de négociations, il a finalisé pour 44 milliards de dollars la privatisation de Twitter, alors société cotée, acquérant un pouvoir absolu sur l’entreprise. Pendant longtemps, le marché a jugé cette opération comme un échec, n’y voyant aucun retour sur investissement. Mais les résultats actuels révèlent clairement ses véritables intentions. Sous le prétexte de « défendre la liberté d’expression », Musk a contourné les résistances des forces démocrates, profitant de son statut de personne la plus riche du monde pour mener à bien l’acquisition. Après une vaste restructuration par licenciements massifs, il a clairement affiché son soutien à Trump. Tous les utilisateurs de X ont pu constater que durant la campagne, chaque publication de Musk apparaissait facilement dans leurs fils de recommandation — signe évident de manipulation algorithmique.
Dans ce pari politique, Musk est indéniablement gagnant. Pourtant, X n’est pas devenu plus neutre ou équitable après cette acquisition : il est simplement passé d’un extrême à l’autre. Avec la privatisation de X, ce « Dark MAGA » penchera inévitablement vers le conservatisme sur des questions culturelles sensibles comme l’avortement, l’immigration ou la diversité LGBTQ+. Ses préférences influenceront fortement la logique de l’algorithme de recommandation. Je pense donc qu’à l’avenir, la fuite des utilisateurs opposés à cette orientation est inévitable. Et ce suicide stratégique de X profitera aux concurrents, leur permettant de redéfinir des avantages concurrentiels plus solides, réduisant ainsi les obstacles à leur développement.
Face aux opportunités de ressources et de marché, comment les plateformes sociales Web3 peuvent-elles mieux saisir cette chance ?
Dans l’écosystème Web3, on trouve déjà des plateformes sociales décentralisées comme Farcaster ou Lens. Pourtant, pendant longtemps, elles n’ont pas réussi à se développer significativement. La raison principale, selon moi, est que Twitter, grâce à son monopole durable, conserve un avantage massif dans la compétition autour des « grandes masses d’information ». C’est justement là que réside la compétitivité centrale d’un réseau social : plus il y a d’informations, plus elles sont complètes et intéressantes, plus l’attention des utilisateurs est captée. La diversité de l’information permet aussi à la plateforme de s’adapter rapidement aux actualités en temps réel, garantissant une constante activité et animation. Cela stimule en retour la création d’utilisateurs, maintenant vivant l’écosystème UGC.
Ce monopole oblige les concurrents à se cantonner à des niches très spécifiques pour se différencier, les réduisant souvent au rang de jouets pour sous-cultures. L’information y devient focalisée, affaiblissant considérablement l’effet réseau — le cœur même de la valeur d’un réseau social. Une fois que l’actualité du créneau disparaît, la plateforme tombe dans l’oubli, et l’attention des utilisateurs s’évanouit. On observe clairement ce phénomène chez Farcaster ou Lens.
Face à la fuite inéluctable d’utilisateurs de X, comment les plateformes sociales Web3 peuvent-elles mieux saisir cette opportunité ? Voici quelques axes clés :
(1) Concurrencer X dans le domaine des « grandes masses d’information » grâce à une transparence accrue de l’algorithme de recommandation et des technologies de stockage de données : Jusqu’ici, les produits Web3 ont trop souvent cherché à attirer les utilisateurs via l’effet de richesse des cryptomonnaies, que ce soit par la « monétisation du contenu » ou les logiques de tips et d’airdrops. À mes yeux, ce sont des solutions superficielles. Le véritable avantage des plateformes sociales Web3 face aux plateformes centralisées réside dans la transparence et l’équité techniques apportées par leurs architectures, notamment concernant l’algorithme de recommandation et le stockage des données. Cela correspond parfaitement aux valeurs de liberté d’expression défendues par les réseaux sociaux. Ainsi, la promotion produit doit rester centrée sur ce point fort, en engageant directement la concurrence avec X, plutôt que de cibler d’abord les utilisateurs de cryptomonnaies avant de chercher à sortir du cercle. La tendance à l’autoritarisme de X crée justement une opportunité stratégique : comme l’affaire « Prism » a permis à Bitcoin de s’imposer, chaque crise massive de confiance dans les systèmes centralisés représente une chance rare pour les produits Web3. Par ailleurs, l’intégration d’IA dans des algorithmes modulaires de recommandation me semble une piste prometteuse : permettre aux utilisateurs de personnaliser leur algorithme, ouvrir un marché ou une plateforme d’algorithmes, encourager la création d’algorithmes par les utilisateurs… Autant de fonctionnalités qui aideraient à briser les bulles informationnelles et pourraient séduire les utilisateurs.
(2) Adopter une stratégie marketing plus offensive, s’emparer des événements sociétaux chauds, et attirer activement les « groupes vulnérables de X » par une approche descendante : Sur le plan marketing, les plateformes sociales Web3 doivent être plus proactives, en soutenant clairement les valeurs « anti-MAGA », telles que la régularisation des migrants, la défense des droits LGBTQ+, du féminisme, des droits humains, de l’avortement, des minorités ethniques et des personnes racisées. En s’emparant de ces sujets d’actualité, elles peuvent devenir des canaux de parole incontournables, permettant ainsi de sortir du cercle fermé. Parallèlement, il faut adopter une stratégie de promotion descendante : lors de cette élection, de nombreuses célébrités du divertissement, de la culture et du sport ont clairement soutenu Harris. En mobilisant ces réseaux, en encourageant ces personnalités à migrer de X vers la nouvelle plateforme, l’impact promotionnel pourrait être exponentiel.
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