TechFlow, 16 octobre – Selon Decrypt, le Sénat des Philippines examine actuellement le projet de loi n°1330, déposé fin août par le sénateur Paolo Benigno « Bam » Aquino IV, prévoyant un investissement d’environ 8,6 millions de dollars pour enregistrer les budgets publics sur une blockchain. Cette initiative vise à renforcer la transparence des dépenses gouvernementales et à lutter contre la corruption, dans un contexte de forte attention du public sur des allégations de manquements liés à des projets d’infrastructure d’une valeur d’environ 9,2 milliards de dollars.
Cependant, plusieurs experts juridiques expriment des inquiétudes. L’ancien procureur général des Philippines, Florin Hilbay, avertit que l’utilisation de la technologie blockchain ne garantit pas automatiquement transparence ou lutte contre la corruption, et risque au contraire d’en faire un simple « outil marketing ». L’expert en droit technologique Russell Geronimo souligne que le problème ne réside pas dans l’absence de registre inviolable, mais dans la faiblesse des mécanismes de supervision des achats, d’audit et de protection des lanceurs d’alerte.
L’Association des avocats philippins spécialisés dans les fintech rappelle que le contrôle privé des infrastructures blockchain pourrait conduire à une privatisation de fait des données publiques. Elle recommande au gouvernement de conserver la propriété et le contrôle des données budgétaires, et d’adopter des protocoles open source afin d’éviter l’enfermement technologique et les monopoles.




