TechFlow rapporte, le 23 juin, qu’après un article publié par le chroniqueur John Mangun dans le journal BusinessMirror, la Commission européenne a récemment proposé d’imposer à la Russie la première « interdiction globale des services d’actifs cryptographiques émanant de pays tiers », dont la logique sous-jacente — à savoir qu’un groupe de pays riches peut imposer transfrontalièrement à tout État connecté à son système financier l’obligation de se conformer à ses politiques — constitue un avertissement majeur pour les pays en développement tels que les Philippines. Les transferts d’argent vers les Philippines représentent environ 9 % du PIB, et la part des canaux cryptographiques ne cesse d’augmenter ; bien que la Banque centrale philippine ait mis en place un cadre réglementaire pour les prestataires de services d’actifs virtuels, ses pouvoirs réglementaires s’arrêtent strictement aux frontières nationales.
L’article cite le cas où les Philippines ont été inscrites en 2021 sur la « liste grise » du Groupe d'action financière (GAFI), soulignant que, si les connexions financières externes venaient à être coupées, les coûts liés à la conformité seraient transférés vers le bas de la chaîne, pesant finalement sur les familles philippines recevant des fonds envoyés par leurs proches à l’étranger. L’auteur met en garde contre le fait que le ratio dette/PIB des Philippines a atteint 63,2 %, un niveau record depuis vingt ans, et estime que, si la régulation des actifs cryptographiques est envisagée uniquement comme une question de protection des consommateurs, sans tenir compte de ses implications plus larges en matière de compte de capital et de souveraineté budgétaire, le pays pourrait se retrouver confronté, sans préparation aucune, à un « ultimatum à la Roosevelt » d’une durée de quatre jours.




