TechFlow rapporte, le 12 avril, que, selon The Block, la Banque centrale européenne (BCE) a publié, le 9 avril, un avis officiel soutenant formellement la proposition de la Commission européenne visant à centraliser, au sein de l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF), basée à Paris, les compétences de régulation des principaux acteurs des marchés financiers, y compris les grands prestataires de services d’actifs cryptographiques (CASP).
Conformément à cette proposition, la régulation des institutions transfrontalières dotées d’une importance systémique serait transférée des autorités nationales compétentes vers l’AEMF. Ce transfert concernerait notamment les grands CASP, les plateformes de négociation, les contreparties centrales et les dépositaires centraux de titres. Il s’agit de la réforme structurelle la plus importante du cadre réglementaire européen applicable aux actifs cryptographiques depuis l’entrée en vigueur intégrale, fin 2024, du Règlement sur les marchés d’actifs cryptographiques (MiCA). Dans le cadre actuel de MiCA, les autorités nationales assument le rôle de régulateurs de première ligne, tandis que l’AEMF se limite à une fonction de coordination.
Dans son avis, la BCE souligne que certains grands acteurs du secteur cryptographique pourraient présenter une « importance systémique », et qu’une régulation unifiée contribuerait à prévenir la propagation des risques vers le système bancaire. Par ailleurs, la BCE propose d’obtenir un siège sans droit de vote au sein du comité exécutif de l’AEMF afin d’y apporter un soutien technique dans les domaines des systèmes de paiement et de la transmission de la politique monétaire. En outre, la BCE met en garde contre la nécessité pour l’AEMF d’accroître considérablement ses effectifs et ses ressources budgétaires afin d’assumer efficacement ses nouvelles responsabilités réglementaires, et recommande d’opter pour une transition progressive afin de limiter les risques opérationnels.
Pour l’heure, l’avis de la BCE ne revêt pas de caractère contraignant. La proposition entrera désormais dans la phase de négociations entre les États membres de l’Union européenne et le Parlement européen, un processus qui devrait durer plusieurs mois.




