TechFlow rapporte que, le 9 mars, selon DL News, le Département du Trésor américain a reconnu pour la première fois, dans son dernier rapport au Congrès, que des outils de confidentialité tels que les « mixeurs de jetons » (token mixers) pouvaient servir à des fins légitimes de confidentialité financière. Cette formulation, nettement plus nuancée que par le passé, est considérée comme le dernier signe d’un assouplissement continu de la régulation du secteur des actifs numériques sous l’administration Trump.
Jake Kennis, analyste principal de la recherche chez Nansen, souligne que trois forces convergentes — les tensions géopolitiques, le durcissement réglementaire et la maturation des technologies à preuve nulle de connaissance (ZK) — propulsent progressivement le domaine de la confidentialité, autrefois cantonné à la spéculation marginale, vers le cœur des préoccupations institutionnelles. Des capitaux affluent déjà rapidement vers des projets de confidentialité conformes à la réglementation, tels que Railgun, Nocturne, Zama, Aleo et Nillion, couvrant des cas d’usage variés comme la tokenisation, les paiements, le financement du commerce international et la garde d’actifs.
Toutefois, les risques demeurent importants : le rapport du Département du Trésor révèle également que des pirates nord-coréens ont blanchi plusieurs milliards de dollars via des mixeurs entre 2024 et 2025 ; par ailleurs, l’Union européenne envisage d’interdire, dès 2027, la cotation de cryptomonnaies axées sur la confidentialité telles que Zcash et Monero sur les plateformes d’échange. Dans le même temps, les développeurs d’outils de confidentialité tels que Tornado Cash et Samourai Wallet font l’objet de poursuites judiciaires aux États-Unis et en Europe, accentuant ainsi la pression réglementaire pesant sur le secteur.




