TechFlow rapporte que le 6 mars, il y a une semaine, toute personne pariant sur une hausse des taux de la Banque centrale européenne (BCE) apparaissait isolée et paranoïaque ; aujourd’hui, avec la menace d’un conflit impliquant l’Iran qui pèse sur les perspectives d’inflation, cette stratégie est devenue un consensus sur les marchés. Les données des marchés monétaires indiquent désormais une probabilité de 100 % d’une hausse des taux par la BCE cette année, marquant ainsi un retournement spectaculaire par rapport à la situation d’il y a une semaine, où la probabilité d’une baisse des taux était supérieure à celle d’une hausse. Ce changement pousse les obligations allemandes vers leur pire semaine de performance depuis trois ans : le rendement des obligations allemandes à deux ans, particulièrement sensible aux variations des taux d’intérêt, a grimpé de 30 points de base depuis la clôture de vendredi dernier, atteignant 2,30 %.
La rapidité de cette révision des anticipations se reflète sur l’ensemble des marchés américains et mondiaux. Aux États-Unis, les traders d’options misent de plus en plus sur l’abandon, par la Réserve fédérale (Fed), de tout projet de baisse des taux cette année. Le rendement des obligations américaines à dix ans a bondi de plus de 20 points de base pour atteindre 4,16 %, tandis que les rendements des obligations comparables en Australie, au Canada et au Royaume-Uni ont connu des hausses similaires. Lucile Flight, directrice générale des opérations de taux chez Barclays, déclare : « La mission unique de la BCE est de garantir la stabilité des prix. À mes yeux, elle ne hésitera pas à réagir face à un choc sur les prix de l’énergie. » (Jin Shi)




