
Ray Dalio : Le monde est déjà en pleine guerre mondiale, une situation comparable à celle de 1938, qui ne prendra pas fin de sitôt
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Ray Dalio : Le monde est déjà en pleine guerre mondiale, une situation comparable à celle de 1938, qui ne prendra pas fin de sitôt
Presque personne ne parle du fait que nous sommes déjà au stade initial d’une guerre mondiale, qui ne prendra pas fin de sitôt.
Auteur : Ray Dalio
Traduction et synthèse : TechFlow
Introduction de TechFlow : Ray Dalio, fondateur de Bridgewater Associates, publie un article de 23 000 mots mettant en garde contre le fait que la crise actuelle impliquant l’Iran ne constitue pas un conflit isolé, mais marque le début d’une guerre mondiale, comparable aux périodes 1913–1914 et 1938–1939.
S’appuyant sur 50 ans d’expérience en investissement macroéconomique mondial et sur des recherches historiques couvrant cinq siècles, il estime que les États-Unis sont excessivement étendus (750 à 800 bases militaires contre une seule pour la Chine), que les camps se sont clairement dessinés, et que le « Grand Cycle » a atteint sa 9e étape : la probabilité qu’au moins un conflit majeur éclate au cours des cinq prochaines années dépasse 50 %.
Remarque : L’article original étant très long, cette version est une synthèse qui extrait les thèses centrales et les données clés. Pour consulter le texte intégral, veuillez cliquer sur le lien fourni.
Thèse centrale : Une guerre mondiale a déjà commencé
En tant qu’investisseur macroéconomique mondial depuis plus de 50 ans, je dois étudier tous les événements ayant eu un impact sur les marchés au cours des 500 dernières années. La plupart des gens ont tendance à se concentrer sur les événements du moment qui attirent l’attention — par exemple, ce qui se passe actuellement en Iran — tout en négligeant des forces plus vastes, plus importantes et à plus long terme. Ce qui compte le plus aujourd’hui, c’est que la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran n’est qu’une composante de la guerre mondiale dans laquelle nous sommes engagés, une guerre qui ne prendra pas fin rapidement.
Bien que cela puisse paraître exagéré, il est indéniable que nous vivons aujourd’hui dans un monde interconnecté où plusieurs conflits armés se déroulent simultanément : la guerre entre la Russie, l’Ukraine, l’Europe et les États-Unis ; celle entre Israël, Gaza, le Liban et la Syrie ; celle entre le Yémen, le Soudan, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis (impliquant également le Koweït, l’Égypte et la Jordanie) ; ainsi que la guerre entre les États-Unis, Israël, les pays du Golfe et l’Iran. La plupart de ces conflits impliquent des puissances nucléaires, et coexistent avec d’importants conflits non armés (guerres commerciales, économiques, financières, technologiques et géopolitiques), auxquels participent la majorité des États.
Ensemble, ces conflits constituent une guerre mondiale classique, analogue aux « guerres mondiales » du passé. Par exemple, les guerres mondiales antérieures étaient constituées de conflits interconnectés, glissant généralement vers une escalade sans date de commencement claire ni déclaration officielle de guerre. Ces guerres passées se sont combinées pour produire les dynamiques classiques d’une guerre mondiale affectant l’ensemble des théâtres de conflit — exactement comme celles qui se déroulent aujourd’hui.
La plupart des observateurs adoptent une perspective à court terme : ils anticipent, et les marchés les reflètent, que ce conflit ne durera pas longtemps et que, une fois terminé, nous reviendrons à la « normale ». Presque personne ne parle du fait que nous sommes à un stade précoce d’une guerre mondiale qui ne prendra pas fin rapidement.
Alignements des camps et relations clés
Il est facile d’observer objectivement les positions prises par les différentes parties à travers des indicateurs tels que les traités, les alliances formelles, les votes à l’ONU, les déclarations et les actions des dirigeants. On constate ainsi, par exemple, que la Chine s’allie à la Russie, tandis que la Russie noue des liens étroits avec l’Iran, la Corée du Nord et Cuba. Ce bloc s’oppose largement aux États-Unis, à l’Ukraine (alliée à la plupart des pays européens), à Israël, aux États membres du Conseil de coopération du Golfe, au Japon et à l’Australie.
Ces alliances sont essentielles pour comprendre la posture des acteurs concernés. Certains affirment, par exemple, que la Chine serait particulièrement touchée par la fermeture du détroit d’Ormuz. Cette affirmation est erronée, car le soutien réciproque entre la Chine et l’Iran pourrait permettre le transit du pétrole destiné à la Chine, tandis que les relations entre la Chine et la Russie garantiraient l’approvisionnement pétrolier chinois depuis la Russie. En outre, la Chine dispose de sources énergétiques alternatives importantes (charbon et énergie solaire) ainsi que de réserves pétrolières considérables (environ 90 à 120 jours de consommation). Il convient aussi de noter que la Chine absorbe 80 à 90 % de la production pétrolière iranienne, renforçant ainsi la solidité de ses liens avec Téhéran. Dans l’ensemble, la Chine et la Russie semblent être les gagnants économiques et géopolitiques relatifs de ce conflit.
Les étapes classiques du « Grand Cycle »
De nombreux indicateurs montrent que nous sommes entrés dans une phase du « Grand Cycle », marquée par l’effondrement de l’ordre monétaire, de certains ordres politiques internes et de l’ordre géopolitique mondial. Ces indicateurs révèlent que nous traversons actuellement une transition de la phase prébellique à la phase de combat, analogue aux périodes 1913–1914 et 1938–1939.
La dynamique classique de cette phase est une intensification plutôt qu’un apaisement des conflits. La séquence classique des étapes menant à une guerre majeure s’est déjà produite à plusieurs reprises — et elle se produit à nouveau aujourd’hui. En examinant les événements actuels à la lumière de ce cycle classique de l’ordre international et des conflits, il devient manifeste que nous avons atteint la 9e étape :
1. Le déclin relatif de la puissance économique et militaire de la puissance dominante mondiale face à la montée relative d’une autre puissance mondiale
2. Une augmentation substantielle des guerres économiques sous forme de sanctions économiques et de blocus commerciaux
3. La formation d’alliances économiques, militaires et idéologiques
4. Une multiplication des guerres par procuration
5. Une pression budgétaire accrue, accompagnée de déficits et d’endettement croissants
6. Un contrôle gouvernemental croissant sur les industries stratégiques et les chaînes d’approvisionnement
7. La militarisation des points névralgiques du commerce mondial
8. Le développement de nouvelles technologies militaires de pointe
9. Une multiplication simultanée des conflits dans plusieurs théâtres (nous y sommes actuellement)
10. À l’intérieur des États, exigence de loyauté et de soutien inconditionnel à l’égard des dirigeants nationaux
11. Conflit militaire direct entre grandes puissances
12. Augmentation massive des impôts, de l’émission de dette et de la création monétaire afin de financer la guerre
13. Enfin, la victoire décisive de l’une des parties, lui conférant un contrôle incontesté sur le nouvel ordre
L’hyperextension des États-Unis
L’étude de l’histoire permet aisément d’identifier les empires souffrant d’hyperextension, d’en mesurer le degré et d’observer comment celle-ci les affaiblit. Les États-Unis entretiennent actuellement entre 750 et 800 bases militaires dans 70 à 80 pays (à titre de comparaison, la Chine n’en possède qu’une seule) et assument des engagements coûteux et vulnérables à travers le monde.
Une grande puissance hyperétendue est incapable de mener avec succès des opérations simultanées sur deux fronts ou plus, ce qui suscite des doutes quant à la capacité des États-Unis à intervenir efficacement sur un autre front (par exemple en Asie et/ou en Europe). Ainsi, il ne serait guère surprenant de voir émerger une crise en Asie visant à tester et à révéler la volonté américaine de relever ce genre de défi. Or, les engagements massifs des États-Unis au Moyen-Orient, combinés au manque de soutien de l’opinion publique américaine à l’égard de la guerre contre l’Iran (dans la perspective des élections de mi-mandat), rendent cette intervention particulièrement difficile.
Qui remportera la victoire ? Pas le plus fort, mais celui qui supportera le mieux la souffrance
L’histoire montre que le critère le plus fiable pour prédire quel pays l’emportera n’est pas sa puissance, mais sa capacité à supporter durablement la souffrance.
Ce facteur joue évidemment un rôle central dans la guerre entre les États-Unis et l’Iran : le président américain assure à l’opinion publique que le conflit sera réglé en quelques semaines, que les prix de l’essence baisseront, et que le pays retrouvera rapidement une période de prospérité normale.
Bien que les États-Unis apparaissent comme la puissance la plus forte au monde, ils constituent aussi la grande puissance la plus hyperétendue, et donc la plus faible en termes de résilience face à une souffrance prolongée.
Évaluation des probabilités de conflits au cours des cinq prochaines années
Sur la base de mes indicateurs, voici l’évaluation des probabilités d’éclatement ou d’escalade des conflits existants ou potentiels au cours des cinq prochaines années :
Guerre entre l’Iran, les États-Unis et Israël : Il s’agit d’une guerre totale en cours, qui semble s’intensifier.
Guerre directe entre l’Ukraine, l’OTAN et la Russie : Probabilité d’élargissement au-delà de l’Ukraine estimée à environ 30–40 %.
Guerre entre Taïwan, les États-Unis et la Chine : Probabilité d’un conflit militaire direct entre les États-Unis et la Chine estimée à 30–40 %, le risque maximal étant attendu en 2028.
Guerre liée à la Corée du Nord : Probabilité d’un conflit militaire quelconque avec la Corée du Nord au cours des cinq prochaines années estimée à 40–50 %.
Conflit en mer de Chine méridionale impliquant les Philippines, la Chine et les États-Unis : Probabilité de ce type de conflit au cours des cinq prochaines années estimée à environ 30 %.
En prenant l’ensemble de ces conflits potentiels, la probabilité qu’au moins l’un d’eux éclate au cours des cinq prochaines années me semble supérieure à 50 %.
Je ne prétends pas que le scénario suivant ce cycle conduira inévitablement à une guerre mondiale totale. Je ne sais pas ce qui va se produire, et j’espère toujours construire un monde pacifique fondé sur des relations gagnant-gagnant. Toutefois, il est essentiel de comprendre le « Grand Cycle » classique et d’observer attentivement les événements en cours.
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