
À chaque conflit géopolitique, les fonds institutionnels empruntent le même chemin.
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À chaque conflit géopolitique, les fonds institutionnels empruntent le même chemin.
Comment structurer sa stratégie face au conflit israélo-palestinien ?
Auteur : Felix Prehn 🐶
Traduction et adaptation : TechFlow
Introduction de TechFlow : L’auteur est ancien banquier d’investissement. La valeur de cet article ne réside pas dans la prédiction de l’évolution du conflit, mais dans la déconstruction d’un modèle triphasique de flux de capitaux institutionnels, valable pour la guerre du Golfe, la guerre d’Irak et la guerre en Ukraine. Perdre de l’argent pendant un conflit est quasi systématique pour les investisseurs particuliers ; cet article identifie précisément les causes de cette erreur et propose des stratégies concrètes. Son raisonnement, fondé sur la logique plutôt que sur l’émotion, est nettement plus clair que les analyses impulsives.
Texte intégral :
L’actualité concernant les États-Unis et l’Iran est omniprésente.
Si vous vous demandez si ce conflit peut générer des profits — la réponse est oui. Je vais vous expliquer précisément comment procéder.
J’ai travaillé plusieurs années dans une banque d’investissement, spécialisée dans la recherche d’opportunités qualifiées, sur Wall Street, de façon très détachée, d’« opportunités liées à des événements ». C’est leur euphémisme raffiné pour désigner la guerre. À chaque grand conflit — guerre du Golfe, guerre d’Irak, guerre en Ukraine — le même schéma triphasique s’est répété sur les marchés, déterminant vers quels secteurs les capitaux institutionnels allaient ensuite se diriger.
Première phase : le choc — panique et vente massive des investisseurs particuliers.
Deuxième phase : la réévaluation — apaisement du marché et réexamen des perspectives.
Troisième phase : la rotation — afflux de capitaux institutionnels vers de nouveaux secteurs.
Le conflit entre les États-Unis et l’Iran suit actuellement exactement ce scénario. La phase de choc a déjà commencé. Ce qui va se produire ensuite, et surtout où vont véritablement s’orienter les capitaux — tout cela peut être anticipé, à condition de savoir quoi observer.
C’est précisément ce que je vous livre ici.
Que font les investisseurs particuliers ? Que font les institutions ?
Lorsqu’un conflit éclate, les investisseurs particuliers adoptent généralement l’une de ces trois attitudes :
— Convertir l’intégralité de leur portefeuille en liquidités — pensant ainsi assurer leur sécurité, alors qu’ils garantissent en réalité une érosion par l’inflation.
— Geler leurs positions — figés devant des écrans rouges, incapables d’agir.
— Ou bien acheter frénétiquement les actifs ayant récemment bondi — pétrole, actions de défense, or — au moment totalement inopportun, poussés par la peur et sans aucun plan préétabli.
Dans le même temps, aucune institution gérant des milliards de dollars n’adopte ces comportements. Elles réorganisent leurs portefeuilles selon des modèles éprouvés depuis des décennies d’analyse des conflits. Pas une question d’émotion, mais de régularité.
Je vais vous apprendre la même méthode.
Une régularité qui se répète systématiquement
Dans les dix premiers jours suivant l’éclatement d’un conflit géopolitique, l’indice S&P 500 baisse de 5 % à 7 %. Environ 35 jours plus tard, il retrouve son niveau antérieur. Douze mois après, il progresse de 8 % à 10 % — soit environ le rendement moyen annuel du marché dans une année ordinaire.
Des exemples concrets tirés de l’histoire :
— Pendant la guerre du Golfe, le rendement annualisé de l’indice S&P a atteint 11,7 %. Dans les douze mois suivant la fin de la guerre, il a grimpé de 18 %.
— Pendant la guerre d’Irak en 2003, le marché a progressé de 13,6 % en trois mois.
— Pendant la guerre en Ukraine en 2022, l’indice S&P a d’abord chuté de 7 %, puis s’est rétabli en quelques mois au-dessus de son niveau précédent l’invasion.
Les guerres détruisent rarement les marchés. Elles engendrent de l’incertitude, l’incertitude provoque des baisses, et les baisses créent des opportunités.
Pourquoi l’Iran revêt une importance particulière
L’Iran produit quotidiennement 3,3 millions de barils de pétrole.
Toute escalade — même perçue comme telle — accroît le risque de rupture d’approvisionnement, un risque qui affecte l’ensemble des marchés.
Le marché n’attend pas une interruption effective de l’offre : il anticipe ce risque dès le départ. Les traders supposent qu’une partie de la production pourrait cesser, ce qui implique une offre réduite face à une demande inchangée — donc une hausse des prix du pétrole. Or le pétrole entre dans presque tous les processus : transport, fabrication, expédition maritime, production alimentaire, engrais, chauffage, climatisation.
Une hausse des cours du pétrole signifie une augmentation généralisée des coûts. Une inflation plus forte conduit la Réserve fédérale à maintenir des taux élevés plutôt que de les baisser. Des taux plus élevés rendent plus coûteux les crédits immobiliers, les prêts automobiles et les emprunts d’entreprises. Un endettement plus cher réduit les bénéfices des entreprises. Des bénéfices plus faibles entraînent des valorisations boursières plus basses.
Les trois phases de tout conflit
Chaque conflit géopolitique pousse les capitaux à traverser trois phases nettement distinctes. Comprendre à quelle phase nous sommes permet de modifier radicalement la conduite à tenir.
Première phase : le choc.
Cette phase est rapide, brutale, guidée par les émotions et les algorithmes. Le pétrole bondit. L’indice VIX — indicateur de la peur des marchés — explose. Les actifs à risque chutent fortement. Biotechnologie, technologies à forte croissance, actifs spéculatifs — tous sont massivement vendus tandis que les capitaux affluent vers les valeurs refuges. L’or monte. Les médias financiers basculent en mode couverture continue 24 heures sur 24, conçu pour maximiser votre anxiété.
Cette phase dure quelques jours, parfois plusieurs semaines. Si vous achetez du pétrole, de l’or ou des actions de défense à ce stade, vous êtes presque certain d’acheter au sommet. L’impulsion émotionnelle atteint alors son paroxysme — c’est précisément pourquoi agir à ce moment-là constitue l’erreur la plus coûteuse.
Deuxième phase : la réévaluation.
La panique s’atténue. Le marché commence à réfléchir plutôt qu’à ressentir.
La question change : « Que s’est-il passé ? » devient « Que va-t-il se passer ? » Cette situation est-elle temporaire ou structurelle ? L’inflation restera-t-elle durablement élevée ? Que fera la Réserve fédérale ? La chaîne d’approvisionnement subit-elle une rupture définitive ou simplement une pression temporaire ?
C’est à ce stade que les institutions commencent à restructurer leurs portefeuilles — non pas dans le chaos des premiers jours, mais dans la clarté qui suit. C’est là que les « capitaux intelligents » réalisent leurs gains : dans le calme après la tempête, et non pendant la tempête elle-même.
Troisième phase : la rotation.
Les capitaux quittent les secteurs touchés pour affluer vers ceux qui tirent profit de la nouvelle réalité.
Où vont réellement les capitaux ?
Premièrement : l’énergie — mais pas de la manière que vous imaginez.
Le jeu évident consiste à miser sur le pétrole, et effectivement, celui-ci surperforme à court terme. Une étude de Bank of America portant sur les chocs géopolitiques depuis 1990 montre que le pétrole est l’actif le mieux performant, avec une hausse moyenne de 18 %. Vous devez détenir des entreprises qui profitent d’un prix élevé durable du pétrole : sociétés de pipelines, terminaux de stockage, infrastructures énergétiques — celles qui perçoivent des droits de passage sur le flux pétrolier, quel que soit le niveau des cours.
Deuxièmement : la défense — mais de façon structurelle, pas médiatique.
Oui, les actions de défense bondissent immédiatement. Depuis l’escalade des tensions, certaines ont déjà grimpé de plus de 30 %. Mais les dépenses de défense ne relèvent pas d’un événement trimestriel. Les gouvernements signent des contrats d’achat pluriannuels de dix ans. Les carnets de commandes des grands entrepreneurs s’élèvent à des centaines de milliards de dollars. Il faut viser les entreprises qui ont structuré leurs activités autour de cycles de dépenses étalés sur plusieurs années.
Troisièmement : or et argent — une stratégie de long terme.
L’or bondit lors de la première phase, mais contrairement au pétrole, il tend à rester à un niveau élevé. Selon Bank of America, six mois après un choc géopolitique, l’or continue en moyenne de surperformer de 19 %. Car les facteurs qui le soutiennent — inflation accrue, monétisation par les banques centrales, repli des institutions vers des actifs refuges — ne disparaissent pas avec le calme des manchettes. Si ce conflit s’éternise, si les cours du pétrole demeurent élevés et si l’inflation reste « collante », la Réserve fédérale ne pourra pas baisser ses taux. Or c’est précisément dans ce type d’environnement que l’or atteint sa plus grande force.
Quatrièmement : les entreprises dotées d’un pouvoir de fixation des prix.
C’est là un point que la plupart des investisseurs négligent. Si l’inflation reste durablement élevée, vous devez détenir des entreprises capables de répercuter leurs coûts accrus sur leurs clients sans perdre ces derniers : marques fortes, marges brutes élevées, clients dépourvus d’alternatives moins chères.
Quels secteurs souffriront ? En période de ce type, les services publics et l’immobilier sous-performent généralement. Des taux plus élevés sur une longue période compriment les valorisations de ces deux secteurs. Si vous êtes trop exposé à l’un ou l’autre, il est temps de réévaluer vos positions.
Que faire concrètement ?
Ne cédez pas à la panique ni ne vendez précipitamment. Les données accumulées sur des décennies de conflits sont limpides : vendre durant la phase initiale de choc verrouille vos pertes et vous fait automatiquement rater le rebond. N’achetez pas frénétiquement les actifs déjà en forte hausse. Si un titre fait déjà la une des médias financiers, vous êtes déjà en retard. Ne suivez pas les reportages sur le conflit.
Gardez intact votre portefeuille central — composé d’entreprises de haute qualité, dotées de marques fortes, de hautes marges brutes et d’un pouvoir de fixation des prix.
Examinez ensuite vos positions actuelles en vous posant deux questions : lesquelles sont les plus vulnérables dans ce contexte ? Où les capitaux institutionnels s’orientent-ils déjà, sans que vous y soyez encore exposé ?
Vous procédez ainsi à un rééquilibrage ciblé de votre portefeuille — une réorientation mesurée vers les secteurs vers lesquels les capitaux institutionnels se dirigent déjà, avant que les manchettes ne s’en emparent.
Il en va de votre subsistance, de votre retraite, de la sécurité financière de votre famille.
Bien gérer le risque, c’est gagner de l’argent. C’est la déclaration la moins spectaculaire que je puisse formuler. Mais c’est la vérité.
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