
44 vérités cruelles sur l'humanité selon Naval, dans un récent entretien
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44 vérités cruelles sur l'humanité selon Naval, dans un récent entretien
Vivre le moment présent est essentiel.

【Maire dit】Naval, un entrepreneur et investisseur en capital-risque renommé. Au-delà de ses succès commerciaux, Naval exerce une influence étendue sur Internet grâce à ses réflexions profondes sur la création de richesse, le bonheur et la philosophie de vie. Il partage régulièrement des pensées sur l’utilisation du levier, le développement de compétences uniques, l’assomption de responsabilités, l’apprentissage continu et la recherche d’une paix intérieure plutôt que du plaisir éphémère.
Naval est célèbre pour sa clarté, son rationalisme et sa sagesse extrêmement condensée. Il exerce une grande influence dans les cercles technologiques et parmi ceux qui cherchent à se développer personnellement. En bref, il est non seulement un entrepreneur accompli, mais aussi un mentor de vie et un penseur hautement respecté.
Cet entretien récent avec Naval commence à se répandre dans le monde francophone. Sur notre chaîne Bilibili, cette vidéo a été publiée intégralement début avril :
https://www.bilibili.com/video/BV1QbRfY8ECZ/
Selon la demande des abonnés, voici ici la version écrite complète en français, un contenu riche de 70 000 mots. (Note : tous les longs vidéos récents publiés par Sky City synchronisent désormais leur transcription texte complète. Ceux intéressés peuvent suivre notre chaîne Bilibili pour y accéder en priorité.)
Voici d'abord les principaux thèmes de cet entretien :
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Le paradoxe entre bonheur et réussite :
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L'entretien débute par une contradiction classique : le bonheur naît de la satisfaction, la réussite naît de l'insatisfaction. Naval considère que le bonheur (être satisfait de son état actuel, ne pas désirer changer) est l'objectif fondamental, tandis que la réussite traditionnelle (satisfaction matérielle, atteinte d’objectifs) n’en est qu’un chemin parmi d’autres, voire pas nécessairement le meilleur.
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Il cite Socrate et Diogène pour souligner que réduire ses désirs est lui-même une forme de liberté, dont la valeur égale celle de posséder.
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Naval affirme que être plus heureux vous rend en réalité plus performant, car le bonheur donne plus d’énergie, de concentration, et pousse à faire ce que l’on aime et maîtrise naturellement, permettant ainsi de surpasser les autres. Bonheur et réussite ne sont donc pas opposés, mais complémentaires.
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Souffrance, parcours et présence :
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Naval distingue la douleur physique de la souffrance psychologique ou mentale. Cette dernière provient souvent de l’évitement des tâches, de l’insatisfaction face au présent, ou d’attachements et de jugements internes.
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Il insiste sur l’importance de profiter du voyage lui-même, plutôt que de fixer uniquement sur le résultat. Car 99 % de notre vie se déroule durant le parcours. Forcer une souffrance constante pour atteindre un but peut mener au regret.
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Il recommande des exercices mentaux (comme revisiter un moment passé précis) pour réaliser que bien des douleurs ou attachements d’alors n’étaient pas nécessaires. Accomplir son travail calmement, voire joyeusement, est plus efficace que de le faire dans des tourments émotionnels inutiles.
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Vivre dans l’instant présent est essentiel. Gaspiller son temps, ce n’est pas être oisif, c’est être distrait, ne pas être pleinement engagé dans ce que l’on fait.
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Décrypter les jeux de richesse et de statut :
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La création de richesse est un jeu gagnant-gagnant, où chacun peut créer de la valeur, bénéficier aux autres et résoudre les problèmes liés à l’argent, tout en obtenant des retombées matérielles.
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Le jeu du statut est un jeu à somme nulle, basé sur le classement et la hiérarchie. Augmenter son propre statut implique souvent de diminuer celui d’autrui, ce qui est intrinsèquement conflictuel et source d’émotions négatives.
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L’humain a été programmé par l’évolution pour rechercher le statut, car avant l’avènement de la richesse, il était le seul moyen d’accès aux ressources. Dans la société moderne, la création de richesse est un jeu plus valable et plus agréable à poursuivre.
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La notoriété (Fame) est une forme de statut. Elle devrait idéalement être méritée, c’est-à-dire apparaître comme un sous-produit de la création de valeur, plutôt que visée directement. Chercher la gloire pour elle-même est vide et fragile.
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Connaissance de soi, estime de soi et authenticité :
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Naval souligne l’importance cruciale de l’authenticité. Mentir (à soi-même ou aux autres) enferme dans une « salle des miroirs », prisonnière de ses propres discours passés. Le monde manque cruellement d’authenticité, et les gens y sont très sensibles.
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L’estime de soi vient de l’intérieur, c’est « la réputation que l’on a auprès de soi-même ». La construire repose sur respecter rigoureusement son code moral interne, même dans l’adversité, et sur l’engagement envers autrui et l’assomption de responsabilités.
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Le doute de soi et le manque de confiance sont différents. Un doute sain est « je ne sais pas quoi faire, je dois comprendre », et non « je ne vaux rien » ou « les autres savent mieux que moi ».
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Connais-toi toi-même : vos connaissances implicites et votre intuition vont bien au-delà de ce que vous pouvez exprimer clairement. Apprenez à observer vos pensées et sentiments, cultivez la capacité de vous examiner objectivement (similaire à l’effet de la méditation), sans forcément vous identifier à vos pensées.
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Priorité absolue à soi-même et gestion du temps :
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Naval avoue être « égoïste dans l’ensemble », estimant que chacun place fondamentalement ses propres intérêts en premier.
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Le temps est extrêmement limité et précieux (il utilise l'exemple des 4000 semaines). Il préconise dire automatiquement « non » à tout ce qui n'est pas important, garder son emploi du temps libre pour concentrer son énergie sur les choses essentielles et inspirantes.
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Refuser de s’engager pour l’avenir, évitant d’être pris en otage par ses décisions passées. Rester flexible, agir selon le flux et l’inspiration du moment maximise l’efficacité.
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« Être impitoyablement prioritaire envers soi-même » n’est pas de l’égoïsme, mais une protection du temps et de l’énergie afin de mieux créer de la valeur et poursuivre ce qui compte vraiment. Cela demande de l’exercice pour se libérer des attentes sociales.
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Décision et intuition :
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Examiner ses pensées de manière critique, distinguer les vrais problèmes de ceux créés par l’esprit. Beaucoup d’anxiétés viennent de rumination sur des choses hors de contrôle ou insignifiantes.
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Réfléchir à la mort est une méthode efficace contre l’anxiété ; prendre conscience que tout finira par zéro aide à lâcher prise sur les préoccupations inutiles.
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Le véritable test de l’intelligence est « obtiens-tu de la vie ce que tu veux ? ». Cela comporte deux parties : savoir comment obtenir et vouloir les bonnes choses.
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Dans une décision, privilégiez la paix à long terme. Face à deux choix semblables, choisissez le chemin plus douloureux à court terme, car le cerveau surestime toujours la douleur immédiate et sous-estime la souffrance prolongée.
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Faites confiance à votre intuition, mais vérifiez-la avec la raison. L’intuition est un jugement raffiné, un goût, agrégation d’expériences et de réflexions passées. Pour les grandes décisions, réfléchissez, pesez le pour et le contre, puis écoutez l’intuition qui surgit avec conviction.
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Les trois décisions capitales de la vie : avec qui être, quoi faire, où vivre. Ces choix précoces ont des effets durables. Ils méritent beaucoup de temps (par exemple un tiers du cycle décisionnel) pour être explorés et réfléchis (comme dans le problème de la secrétaire).
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Adopter l’itération et couper rapidement les pertes :
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L’apprentissage repose sur la correction d’erreurs. Effectuer 10 000 itérations sur quelque chose est plus proche de la maîtrise que de répéter 10 000 heures.
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Couper rapidement les pertes est crucial. Dès que vous savez qu'une relation, un projet ou un chemin ne fonctionne plus, partez tôt, sans tenir compte des coûts irrécupérables.
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Soyez optimiste sur des choses spécifiques, globalement optimiste, mais sceptique sur des opportunités concrètes.
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Trouvez votre "jeu" :
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La clé du succès est de "vous transformer en produit" (Productize Yourself). Trouvez ce qui, pour vous, ressemble à un jeu mais paraît un travail aux autres, et qui est utile au monde, puis rendez-le scalable.
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Grâce à votre authenticité, échappez à la concurrence. Plus ce que vous faites est naturel et conforme à votre tempérament, moins vous aurez de concurrents.
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Profitez des opportunités infinies offertes par la société moderne pour explorer, expérimenter et trouver le domaine, le lieu et les personnes qui vous conviennent le mieux. N’engagez-vous pas trop tôt.
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Bonheur, relations et valeurs fondamentales :
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Le bonheur intérieur d’abord : le vrai bonheur vient de l’intérieur, non de l’environnement extérieur ou d’autrui. Tenter de modifier autrui pour être heureux est voué à l’échec. « Le secret d’une relation heureuse, c’est deux personnes heureuses ».
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L’alignement des valeurs est crucial : la base d’une relation durable (couple ou autre) est un consensus profond sur les valeurs, bien plus important que des centres d’intérêt communs. Les valeurs se révèlent dans les actions lors des choix difficiles.
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L’importance de la génétique : Naval insiste sur le rôle majeur de la génétique dans le comportement et le caractère, jugeant souvent surestimée l'influence du milieu. Choisir un partenaire, c’est aussi choisir la base génétique potentielle de ses enfants.
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Apprentissage, vérité et puissance de la compréhension :
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Comprendre dépasse la mémoire et la discipline : le vrai apprentissage réside dans la compréhension profonde, non dans le par cœur (« si vous devez mémoriser, c’est que vous n’avez pas encore compris »). Psychologiquement, la compréhension change durablement le comportement plus que la discipline. Une fois la vérité perçue, on ne peut plus l’ignorer.
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« Les leçons incodifiables » : nombre des enseignements les plus importants de la vie (sur argent, gloire et bonheur) ne peuvent être transmis par conseil, ils doivent être vécus personnellement. La sagesse semble souvent banale jusqu’à ce que l’expérience personnelle lui donne un sens.
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Le contexte (Contexte) est roi : les conseils philosophiques généraux sont souvent trop larges, ils doivent être appliqués à des situations spécifiques. La vie elle-même est le meilleur filtre pour tester et sélectionner les principes applicables.
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Connaissance de soi, identité et accepter le changement :
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Surmonter l’aversion à la perte et la peur : l’humain fuit naturellement la perte, craint le changement et recommencer à zéro. Mais les réussites acceptent de redémarrer, que ce soit dans leur carrière ou leurs relations.
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Ne prenez pas trop au sérieux votre ego : la notoriété et l’opinion des autres peuvent trop focaliser sur l’image de soi, limitant ainsi les actions et l’exploration. Garder sa curiosité et son « enfant intérieur » est vital.
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Fluidité de l’identité : ne vous laissez pas enfermer par votre identité ou vos croyances passées. Quand la réalité contredit vos conceptions, ayez le courage de mettre à jour, voire de briser l’ancien « vous ».
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Technologie, futur et tendances sociales :
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L’intelligence artificielle (IA) vue par Naval : les grands modèles linguistiques (LLMs) sont des outils puissants (résolvant recherche, traduction, codage partiel), une percée fondamentale en informatique, mais pas une IA générale (AGI) ou super-intelligence (ASI). Il les voit comme une forme différente d’intelligence, non comme un passage obligé vers une intelligence humaine ou supérieure. Il reste sceptique sur AGI/ASI.
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Une remise en question de la médecine moderne et la révolution GLP-1 : il critique sévèrement certaines limites de la médecine moderne (interventions excessives, manque d’explications théoriques profondes), tout en louant fortement les médicaments GLP-1 (comme Ozempic), les qualifiant de « percée la plus importante depuis la pénicilline ». Il pense qu'ils auront un impact révolutionnaire non seulement sur la perte de poids, mais aussi sur le vieillissement et la réduction du risque de multiples maladies, transformant profondément la société et la structure des coûts médicaux.
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Systèmes de coopération sociale et liberté individuelle : il reconnaît les limites du pur libéralisme, admettant l’importance des cultures, religions, etc., comme systèmes de coopération. Il note le faible taux de natalité, vu comme le résultat de choix individuels (libération des femmes, hédonisme) et facteurs économiques, non comme un problème nécessitant une intervention forcée, et croit que les mécanismes économiques et d’incitation trouveront une solution.
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Philosophie parentale : liberté, amour et autonomie :
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L’amour inconditionnel (comme sortie) : la plus grande responsabilité des parents est d’offrir un amour inconditionnel (en tant que comportement parental, non comme exigence de sentiment de la part de l’enfant), afin de bâtir l’estime de soi de l’enfant.
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Protéger l’autonomie : éviter de trop « dresser » l’enfant, encourager son initiative et sa volonté innées, lui permettre de se tromper et d’apprendre.
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Cœur de l’éducation : plutôt que d’imposer des connaissances, cultiver la pensée critique et l’esprit d’investigation, leur apprendre à penser, à douter, à partir des principes premiers.
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Richesse, temps et essence de l’attention :
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La richesse, c’est la liberté : la vraie valeur de la richesse est d’offrir la liberté — liberté de choix, de ne pas obéir à autrui, de suivre sa curiosité, de prendre des risques pour créer de la valeur.
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L’attention est la monnaie ultime : le temps n’est pas la ressource fondamentale, l’« attention » focalisée l’est. Ce à quoi vous choisissez de prêter attention détermine la qualité de votre expérience de vie. Méfiez-vous du vol incessant de l’attention à l’ère de la saturation d’information.
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Voici la transcription complète du dialogue :
[Animateur] : Le bonheur, c’est être satisfait de ce que l’on possède.
[Naval] : La réussite naît de l’insatisfaction. Alors, la réussite vaut-elle la peine ? Je ne suis pas sûr que cette affirmation tienne encore aujourd’hui. Je l’ai prononcée il y a longtemps. Et beaucoup de ces choses ne sont que des notes que je me destine, elles sont très contextualisées, arrivent vite et repartent vite. Le bonheur… eh bien, c’est un sujet très complexe. Mais j’aime toujours l’histoire de Socrate, qui entre dans un marché, on lui montre tous ces luxes et objets raffinés, et il dit : « Combien de choses dans ce monde ne me tentent pas ? » C’est une forme de liberté. Ainsi, ne pas vouloir quelque chose équivaut à le posséder. Dans une vieille histoire d’Alexandre et Diogène, Alexandre part conquérir le monde, rencontre Diogène qui vit dans un tonneau, et Diogène lui dit : « Ôte-toi de mon soleil. » Alexandre répond : « Comme j’aimerais être Diogène dans une autre vie. » Et Diogène rétorque : « Voilà la différence, moi je… pardon, c’était Diogène, Diogène dit : « Moi je… » Donc, il existe deux chemins vers le bonheur. L’un est la voie de la réussite : tu obtiens ce que tu veux, tu satisfais tes besoins matériels. Ou alors, comme Diogène, tu ne veux simplement rien. Je ne sais pas lequel est le plus précieux. Cela dépend aussi de ta définition de la réussite. Si l’objectif final est le bonheur, pourquoi ne pas aller droit au but, le poursuivre directement ? Le bonheur te rend-il moins réussi ? C’est une sagesse traditionnelle. C’est même peut-être l’expérience que tu fais dans la réalité. Tu découvriras qu’en étant heureux, tu ne veux rien, donc tu ne te lèves pas pour agir. D’un autre côté, tu dois quand même faire quelque chose. Tu es un animal. Tu es là. Tu es là pour survivre. Tu es là pour procréer. Tu es motivé. Tu as des envies. Tu vas faire quelque chose. Tu ne peux pas rester assis toute la journée. Peu probable. Certains le font. Peut-être que c’est leur nature. Mais je pense que la plupart veulent encore agir. Ils veulent vivre dans l’instant. Ils veulent être dans l’arène. J’ai remarqué que plus je suis heureux — grand mot — mais plus calme, plus posé, plus centré sur le présent, plus satisfait de ce que j’ai, je veux quand même faire des choses.
[Naval] : Je veux juste faire des choses plus grandes. Je veux faire des choses plus pures, plus conformes à ce que je pense nécessaire et à ce que je peux faire de manière unique. En ce sens, je pense que le fait d’être plus heureux peut effectivement te rendre plus réussi, mais ta définition de la réussite pourrait changer au cours du processus.
[Animateur] : Est-ce une prise de conscience ? Pensez-vous que vous seriez arrivé là sans avoir d’abord connu un certain succès ?
[Naval] : Du moins pour moi, j’ai toujours voulu d’abord emprunter la voie de la réussite matérielle. Je ne serais pas allé vivre comme un moine ascète, assis là à tout abandonner. Cela semble trop irréaliste et trop douloureux. Dans l’histoire de Bouddha, il commence comme prince, puis découvre que tout cela est un peu vain, parce qu’on vieillit et meurt inévitablement. Puis il part dans la forêt chercher quelque chose de plus profond. Je choisirais la voie qui inclut la réussite matérielle et le bonheur. Merci.
[Animateur] : Je pense que d’une certaine façon, c’est plus rapide. L’une de vos idées est que réaliser nos désirs matériels est bien plus facile que de les renoncer.
[Naval] : Cela dépend de la personne, mais je pense que tu dois essayer ce chemin. Si tu veux quelque chose, va le chercher. Je plaisante en disant que la raison de gagner le jeu est de pouvoir s’en défaire. Tu joues, tu gagnes. Et ensuite, tu espères en être lassé. Tu ne veux pas jouer indéfiniment le même jeu, même si beaucoup de ces jeux sont très attrayants, avec plusieurs niveaux, assez ouverts. Puis, d’une certaine manière, t’en libérer, car tu n’as plus envie de gagner. Tu sais que tu peux gagner. Alors tu passes à un autre jeu, ou tu continues à jouer juste pour le plaisir.
[Animateur] : Une autre de vos idées est que la plupart des gains dans la vie viennent d’une souffrance à court terme pour un bénéfice à long terme. C’est classique. Gagner chaque jour le test du marshmallow. Mais il y a un défi intéressant, je pense que les gens doivent éviter de devenir accros à la souffrance. Prendre la souffrance comme indicateur de progrès, plutôt que de viser le résultat de la souffrance. Par exemple, je ressens de la souffrance parce que je ne mange pas le marshmallow. Je ressens de la souffrance en faisant ce travail. Je lie mon bonheur et ma satisfaction à la souffrance, plutôt qu’au résultat de cette souffrance.
[Naval] : Si tu définis la souffrance comme douleur physique, alors oui, c’est une réalité. Elle arrive, tu ne peux pas l’ignorer. Mais ce n’est pas de cela que nous parlons. La souffrance est surtout mentale et psychologique. Cela signifie simplement que tu ne veux pas faire la tâche en cours.
Si tu peux bien accomplir la tâche en cours, tu ne souffres pas. Alors la question est : quoi est plus efficace ? Souffrir pendant le processus, ou le comprendre sans souffrir ? Tu entends beaucoup de gens qui ont réussi, qui regardent en arrière et disent : « Le parcours était intéressant, en fait amusant, j’aurais dû plus en profiter. » C’est un regret courant. J’aime faire un petit exercice mental : reviens dans ta vie, essaie de te replacer exactement il y a 5, 10, 15 ou 20 ans. Essaye de te souvenir : avec qui étais-je, que faisais-je, quel était mon ressenti, mes émotions, mes objectifs ? Vraiment, transporte-toi là-bas, vois quel conseil tu pourrais te donner, ou ce que tu ferais différemment. Maintenant, tu n’as pas d’informations nouvelles. Ne fais pas semblant. Tu n’aurais pas pu revenir acheter des actions ou du Bitcoin. Simplement, avec ton tempérament actuel et un peu d’expérience liée à l’âge, comment aurais-tu agi différemment ? Je pense que c’est un exercice à faire, donc je ne veux pas t’imposer ma conclusion. Mais pour moi, je referais les mêmes choses, mais avec moins de colère, moins d’émotions, moins de souffrance intérieure. Car c’est un choix. Ce n’est pas obligatoire. Je pense que celui qui peut accomplir son travail au moins calmement, voire joyeusement, sera plus efficace que celui traversé par des troubles émotionnels inutiles.
[Animateur] : Eh bien, vous avez finalement eu une série de succès douloureux, le résultat peut être le même, mais tout le processus pour y arriver... le parcours n’est pas juste la récompense.
[Naval] : Le parcours est la seule chose qui existe. Même la réussite, par nature humaine, nous l’oublions vite. Notre cycle normal est : tu es assis, tu t’ennuies, alors tu veux quelque chose. Quand tu veux quelque chose, tu décides de ne pas être heureux avant de l’obtenir. Tu entres alors dans une phase de souffrance ou d’attente, pour l’obtenir. Si tu l’obtiens, tu t’y habitues, puis t’ennuies à nouveau. Quelques mois plus tard, tu veux autre chose. Si tu ne l’obtiens pas, tu es malheureux un temps, puis tu surmontes, puis tu veux autre chose. C’est le cycle normal. Que tu finisses heureux ou non, ça ne dure souvent pas.
Je ne veux pas dire légèrement que gagner de l’argent ou réussir n’a aucun sens, cela a bien sûr un sens. L’argent résout tous tes problèmes d’argent, donc avoir de l’argent est bon. Cela dit, il y a ces histoires. Je ne sais pas si tu as vu ces études, ni si elles sont fiables. Beaucoup d’études en psychologie ne sont pas reproductibles, mais une petite étude intéressante montre que les personnes gravement blessées et celles qui gagnent à la loterie retrouvent après deux ans leur niveau de bonheur de base. Encore une fois, je ne sais pas si c’est totalement vrai. Je pense que si tu as gagné l’argent par effort, l’argent achète du bonheur, car dans le processus, tu as fierté et confiance, et accomplissement, tu as atteint un but fixé, donc je parie que cela persiste en toi. Et comme je l’ai dit, l’argent règle les problèmes d’argent, donc je ne veux pas être léger là-dessus. Mais je dirais généralement que ce cycle de désir, dopamine, satisfaction, insatisfaction, tu dois en profiter. Le parcours, c’est tout, non ? 99 % du temps se passe dans ce parcours. Si tu ne comptes pas en profiter, quel genre de parcours est-ce ? Comment raccourcir ce contrat de désir ? Tu peux te concentrer, décider que tu ne veux pas la plupart des choses. Je pense que nous avons beaucoup de désirs inutiles, omniprésents, des avis et jugements sur tout. Ainsi, réaliser que ce sont des sources d’insatisfaction te rend plus sélectif sur tes désirs. Honnêtement, si tu veux réussir, tu dois être sélectif sur tes désirs, tu dois te concentrer. Tu ne peux pas exceller en tout, tu gaspillerais ton énergie et ton temps.
[Animateur] : La célébrité est-elle un objectif valable ?
[Naval] : Ça t’invite aux meilleures soirées, t’emmène aux meilleurs restaurants. La célébrité est amusante, beaucoup te reconnaissent alors que tu ne les connais pas. Elle te met sur un piédestal. Elle t’apporte à distance ce que tu veux. Donc je ne dirai pas qu’elle est sans valeur, manifestement, les gens la veulent pour une raison. C’est un haut statut, donc cela attire l’opposé, surtout chez les hommes.
Ça attire les femmes, mais cela a un coût élevé. Cela signifie pas d’intimité. Tu rencontres des excentriques et des fous. On te demande souvent des choses bizarres. Tu es sur scène
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